‹ Roland des LassusChapitre 12 sur 21 · QVINZE ANS DE MESSAGER A CET · texte numérisé non relu

QVINZE ANS DE MESSAGER A CET

ILLVSTRE CHAPITRE DE SaINTE

Wavldrv est décédé le 18

de novembre mil six cent

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et avssy repose le corps de lovis

Bocqvet bovrgeois et taintvrier

DE CESTE ville LEQVEL EST DECEDEZ LE 19 DE MAY 1657

Non loin de ]à une pierre de grandes dimensions recouvre les restes du chevalier Jean-Louis de Blois, mort en 17 14 & de la dame Marie Marin, son épouse, décédée en 1721.

Le trésor de la collégiale est considérable et renferme des ornements sacerdotaux de toute beauté, des reliquaires, des vases sacrés & de riches objets d'orfèvrerie, ayant appartenu aux chanoinesses & aux corporations puissantes qui avaient leur siège dans l'église.

Le reliquaire moderne, en or & en vermeil.

contenant le chef de Sainte Waudru, est une œuvre d'art remarquable qui a été exécutée, en 1867, P^^^ ^'^ orfèvre de Gand sur les dessins du baron Beihune.

La façade latérale de l'église, du côté de la place du Chapitre, avec son bel escalier, sa grande verrière & ses superbes tourelles, est réellement majestueuse & les gargouilles qui ornent les corniches des toits sont aussi variées qu'originales.

11 est vraiment regrettable que l'escalier du grand portail ne soit pas achevé ; le sera-t-il jamais ? Q,uant à la construction de la tour, c'est un travail auquel on n'ose même pas songer.

Le Beffroi, construit en 1662, occupe le point culminant de la cité & sa hauteur dépasse <S6 mètres.

De sa lanterne on jouit de la vue d'un panorama immense & le tracé du canal de Mons à Condé, véritable lilet d'argent, indique au lointain horizon la petite ville française.

Le carillon qu'il renferme vient d'être augm.enté de six cloches & de subir des réparations importantes, ce qui le classe au nombre des meilleurs du pays «S: lui permettra de célébrer

PEFFROI DE yVlONS

dio;nement le troisième centenaire de notre grand musicien Roland de Lassus.

Son bourdon, au son grave & clair, qui fut coulé en 1714, avec d'énormes difficultés, parait-il, puisqu'il fallut renouveler l'opération à différentes reprises, a des dimensions réellement extraordinaires; c'est le 16 avril 1714 qu'il sonna pour la première fois, à la grande joie des habitants, qui sortirent de leurs demeures pour mieux l'entendre !

Le beffroi, qui domine la ville, se voit de très-loin & se présente toujours sous l'aspect le plus pittoresque.

L'architecte Anthoni <Sc l'ingénieur L. Ledoux en furent les constructeurs.

L'étranger qui n'aimerait pas d'en faire l'ascension peut se contenter de monter la pente rapide qui mène à son square & y admirer la vue panoramatique des quatre points cardinaux.

Rien n'est plus gracieux, lorsque la pureté de l'air & un ciel sans nuages permettent au regard de scruter les sites champêtres des environs, à côté des mornes terris des charbonnages aux hautes cheminées, dont les panaches de fumée noire se perdent dans le ténéoreux lointain.

Rien ne fait rêver comme ]a ligne de forêts qui s'étend sur les villages de Baudour, Ghlin^ Maisières, Havre & se confond avec l'horizon.

Rien n'égaie comme la vue du mont Panisel, dont ont distingue le petit arbre solitaire, rendezvous des amants qui ont le culte de la poésie.

C'est un spectacle réjouissant qui ne fait pas regretter la montée qu'il occasionne.

Puisque nous sommes au square, visitons-y l'ancienne chapelle du château des comtes, construction qui remonte au XI^ siècle &: dans, laquelle on a découvert des fresques très-curieuses, représentant l'opération appelée la taille de Sl-Hnhert; elle se trouve en face du réservoir de la distribution d'eau.

Au milieu du square on voit une grille qui protège la descente d'un escalier donnant accès à un souterrain qui s'étendait, prétend-on, jusqu'à l'abbaye de St-Ghislain. Des éboulements sHCcessifs provenant des travaux d'extraction du charbon, dont les couches sont très riches sur son parcours, ont probablement obstrué cette voie souterraine, par laquelle Ste-Waudru se rendait fréquemment à l'abbaye, dit-on, pour s'inspirer et

s'exhorter à la dévotion par la vue de l'illustre Saint & de la vie pleine d'abnégation & de dévouement des abbés.

Pour monter à la tour, il suffit de s'adresser au gardien du square.

Tels sont les anciens monuments remarquables que nous oiTre la ville ; visitons maintenant ses autres curiosités.

La Bît>lîotlièqiie piil>lîqiie, 14, rue des Gades, non loin du Beffroi, est ouverte i" tous les matins, à l'exception du samedi, du dimanche et jours fériés, de 9 12 heures à midi ; 2" tous les après-midi, à l'exception du dimanche & jours fériés, du i<"" avril au 30 novembre, de 3 à 7 heures et du I'''' octobre au 31 mars, de 2 à 5 heures du soir. Du 15 août au i*"" septembre elle est fermée pour recollement.

Fondée en 1797 & installée à l'abbaye d'Épinlieu, puis transférée en 181 1 à l'ancien Collège des Jésuites, cette bibliothèque, qui renferme au delà de 60,000 volumes, possède des incunables de grand prix, des miniatures, des gravures & des manuscrits précieux, en même temps qu'une belle collection de monnaies & de médailles.

Parmi les manuscrits, on remarque surtout le roman de Perceval le Gallois &, parmi les éditions ^vlographiques, c'est-à-dire gravées sur bois, la Bible des pauvres & VExercitiiim super pater noster. Ces deux derniers ouvrages sont d'une rareté absolue.

Très complète en livres anciens & modernes, on peut y consulter des ouvrages de valeur, au nombre desquels se trouvent deux éditions des chansons de Roland de Lassus, etc., etc.

Dans une des salles du rez-de-chaussée est installé le musée d'estampes & l'école complète des gravures & dessins de maîtres modernes.

Le surveillant, M. de Mesmaker, dont la complaisance est proverbiale, connaît tous les trésors qui reposent dans les rayons & peut donner des renseignements utiles à ceux qui n'ont pas le temps de faire de longues séances.

Chercheur & collectionneur, il est parvenu à réunir un nombre considérable de plans anciens et modernes de la ville de Mons, ainsi que des dessins, gravures & photographies de ses monuments.

Cette collection, quoiqu'incompléte encore, rend déjà d'immenses services aux éditeurs et aux artistes.

LE LUMEÇON

La planche ci-contre, reproduction d'une ancienne gravure sur bois, donne une idée assez exacte du combat, appelé LuMEçoN, qui. chaque ann2e, fait partie intégrante des réjouissances de la Ditcasse de Mons ; elle ne ligure dans cette édition qu'à titre de simple curiosité.

L'origine de la légende populaire du Lumeçon (d'autres écrivent Lumcon) est très ancienne et se trouve consignée dans l'histoire de différentes façons; la plus curieuse est sans doute la suivante :

// Une Bête effroïable. un Monstre d'une grandeur énorme desolloit le Pais, et le rendoit désert far ses courses affatnèes et ses hurlements epou7iatitablis : il ne sortoit de son trou, qui se voit encore dans IVasmcs, que pour se darder sur quelques Bestiaux ou qjtelques Voïageitrs *>our en Jaire sa proie et sa nouriture, en les dévorant d'une gueule ecumanie de sang et de rage. Tout le inonde fuïoit ces environs, de sorte que ce Pats étoit dans la plus triste des consternations, lors qu'un Valeureux Cavalier nommé Gilles de Chin, Chambellan de Baudouin IV, comte de Hainau, inspiré de Dieu., prit la resolution de combattre ce monstre ;... il se prépara au combat par des prières et des jeunes, afin que le Ciel voulut bénir son entreprise et lui donner la Victoire. Entre ses domestiques il en choisit trois ou quatre des plus Jorts et des plus adroits à la lance., fit /aire une machine d'une grandeur admirable, et après a-ioir habituez ses chiens et ses chevaux au manège, et à lutter contre cette figure inanimée, il partit de Mous avee sa petite troîipe pour aller combattre cette Béte monstrueuse ...»

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