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HOTEL DE VILLE DE MONS

REPRODUCTrON D'UN ANCIEN DESSIN

La salle des commissions de l'Hôtel-de-ville contient de précieuses tapisseries anciennes et la salle des séances du conseil communal, que viennent de restaurer MM. Clément Stiévenart et G.-J. Willems, est très belle.

Dans la salle des pas- perdus, ornée de blasons de familles qui régentaient jadis le Hainaut, et qui donne accès aux bureaux, se trouve une ancienne cheminée à galerie assez curieuse.

Le grand salon gothique de l'étage principal est orné de peintures qui retracent les épisodes historiques de la cité.

Le panneau du fond, fait par M. Antoine Eourlard, idéalise la lutte de S^-Georges contre le dragon; c'est une œuvre décorative admirablement conçue et qui se trouve vraiment à sa place.

D'autres panneaux représentent: l'Attaque du camp de Cmron, par les Nerviens, de Louis Paternostre, de Mons; Baudouin. V distribuant des armes aux bourgeois pour la défense de la ville en 1182^ par Modeste Carlier, de Quaregnon ; Baudouin VI donnant des Chartes au Hainaut en 1200, par André Hennebicq, de Tournai ; MM. Dolez, bourgmestre à l'époque de l'exécution du tableau, son fils Léon,

— sole graveur Danse & l'artiste lui-même représentent, par un anachronisme voulu, les principaux personnages de cette scène remarquable.

Les multiples décorations de ce vaste salon, qui est précédé de deux autres, où se trouvent les portraits de nos illustrations, sont riches et harmonieuses; c'est le peintre bruxellois Willebrand qui les a exécutées.

La salle des États, décorée en style de l'époque de Louis XIV, & qui renferme une belle cheminée en marbre brèche rouge, y fait suite.

La salle dite du parapluie, à cause de sa voûte compliquée, & qui se trouve à l'autre extrémité du grand salon, ou à son entrée à gauche, est très élégante.

L'Hôtel-de-ville , s'il était restauré & achevé, représenterait un des principaux monuments du pays, mais le sera-t-il jamais? Espérons-le, car s'il est un bâtiment civil qui a son importance, c'est bien celui-là.

La Oollég-iale de Sainte -TVawclrii, commencée en 1450, nécessita un travail de 238 ans pour arriver au point où nous la voyons aujourd'hui !

Comme l'Hôtel-de-ville, & beaucoup de monuments de l'époque, elle n'est pas achevée, car elle devait être surmontée d'une flèche de 190 mètres, qui aurait dépassé ainsi les plus hautes du pavs.

Le dessin de la tour, véritable dentelle, se trouve exposé dans l'église, près de l'entrée latérale gauche, à côté de la généalogie de Sainte- Waudru, tableau très curieux.

Cette église, en style ogival, est certes une des plus belles du pays ; ses nervures élancées se perdent dans les arrêtes des voûtes ; ses arceaux, ses vitraux, son triforium lui donnent un aspect de grandeur, qui ne diminue en rien la sveltesse élégante de la nef & du chœur qui mesurent ensemble plus de 108 mètres de longueur !

Le pourtour montre des chapelles nombreuses, dont quelques-unes sont ornées de belles sculptures, de statues & de bas-reliefs en albâtre dus au ciseau de Jacques Dubrœucq, le célèbre artiste montois du XVI* siècle , qui a laissé tant de chefsd'œuvre & dont on admire un superbe tombeau à l'église du Saint-Sépulcre, à Saint-Omer.

Quelques tableaux de maîtres, en fort mauvais état, s'y étalent sur les murs, notamment un Otto

\enius, un Martin de Vos, un Van Thulden, un A'andyck, un Abraham Teniers. — Deux toiles modernes d'Antoine \'an Ysendyck, jadis directeur de l'académie des beaux-arts à Mons, y représentent, sous des couleurs fraîches : la première, Sainte Waudru, patronne de la paroisse, & la seconde, Saint François d'Assises, sous les traits d'un montois nommé Dejean.

Derrière une cloison en planches, établie sou»; le beau buffet d'orgue, c'est-à-dire à l'entrée principale, se trouve remisé le superbe car d'or, oeuvre vraiment artistique, exécutée, en 1700, par le « maître sculpteur » Claude-Joseph de Bettignies, qui était en même temps architecte d'un grand talent, attesté par les monuments nombreux qu'il a construits dans sa ville natale.

Ce char gracieux, traîné par six chevaux de brasseurs, revêtus de riches harnais, &■ dans lequel figurent alors un chanoine, entouré de nombreux enfants de chœur, & le beau reliquaire de Sainte Waudru, fait partie de la procession qui sort le dimanche de la Trinité, jour coïncidant avec la kermesse.

Près de cette cloison se trouvent de nom-

breuses pierres tumulaires, dont une porte l'épitaphe curieuse suivante :

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