‹ Roland; ou, La chevalerieChapitre 12 sur 49 · Vient encore le comte Turgis de la ville · texte numérisé non relu

Vient encore le comte Turgis de la ville

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^aluiitehise dontiljest la eeigoeuir^ Dii^Q8^à,i^ire m marnais iparti i^uxchréiiwa, Ue^ pfé»mVà4^r Timt Jllbrsile èfcies^laiitrses; et dit. au tm^: <^êffçm effray^zi jamais^ Mahomet ^aut mieux q^^^i^aiait Pidire de Rome^ et si vous lui ^s Sdèto^ Vhm^ nsm du chaj[npi)S8ra pour uau^ J'irai JQindr^HOt land à Roncevaux .et pecsoriM de sera garanti d^ la mort. Voyez-vous mon épée qui est bonne et longue, je la mesurerai avec Diiràndal, vous apprendrez bientôt quelle a été la meilleure. Les Français mourront s'ils se décident à nous combattre. Le vieux Charles sera accablé de deuil et dé honte , et jamais plus il ne portera de couronne. »

75w — Onvoitvenir ensuite Escrémis de Valterne, (jui est sa terre. Du sein delà foule, ce Sarrazin iç'écrie devant Marsile : « A Roncevaux j'irai abat- JrprQrgueil. Si je rencontre Roland^ il ne remportera pas sa têtç, non plus (ju' Olivier qui commande aux autres. Il est décidé que les douze pairs mourront et que la France ne les verra plus. Charles aura à pleurer tous ses meilleurs vassaux. » Aoi.

. tA. — On voit encore s'avancer un païen, Esiurganic et son compagnon Estramariz. Ce sont deux ifélons, deux traîtres. « Seigneurs, leur dit JMarsile, avancez; vous vous rendrez au port de Roncevaux et vous yôus joindrez à ceux qui conduisent mes troupes. — A votre commandement, irépondent^ils, sire, nous attaquerons Olivier et Ro-

land. Nul doute qtie les douze pairfi ne sueeoai* bent. Nos ^pées sont bonties et tranchantes, nous ]e$ rougirons dans le saqg chaud ; les Français seront mis à mort et Charles en sera pénéuré de dou* jieur.NousYousdonneronsla terre niajeure(Franoe). Yene^^y, roi, vous terrez si l'on yous trompe; nous TOUS ferons même présent de Tempereuif. »

78. — Mais arrive en toute hâte Margaris de Sibilie, qui possède la terre jusqu'à Ascaz, près de la mer. Sa beauté lui rend toutes les dames bienveillantes , aucune ne le voit sans que son visage s'épanouisse et qu'elle sourie; il n'y a pas un autre païen de telle chevalerie. Il s'avance au milieu de la foule et dit au roi : ^ Ne vous effi*ayez pas, j'irai à Roncevaux tuer Roland, et Olivier ne restera pas en vie. Les douze pairs sont dévoués au carnage, voyez mon épée dont la poignée est d'or ; elle m'a été transmise par l'amii^al de Primes, je vous promets qu'elle sera teinte de sang yermeil; les Français mourront, et la France sera humiliée ; le vieux Charles à la barbe fleurie ne p^sqera plus un jour sans chagrin et sans colère. D*icià une année, nous serons mattresde la France, ot nous pourrons coucher au bourg de Saint-Denis. i> Après avoir ainsi parlé, le roi païen s'incline pyrofondément. Âoi.

-' T6; ^^ Mais voici venir Chernubles de Munigre. — Ses cheveux pendent jusqu'à ttetrè, et quand il se récrée, il porte, par manière de jeu, plus que iie

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pourraientfairequatremulets. Dans son pays, dit-il, le soleil neluitpas, le blénepeuty croître ; jamais il n'y pleut, on n'y connaît pas la rosée, et toutes les pierres sont noires, le diable y demeure selon l'opinion de quelques-uns. ChernuMes dit au roi : a J'ai ceint ma bonne épée, à Ronceyaux je la tiendrai vermeille. Si je rencontre le preux Roland sur mon cbemin, je ferai la conquête de son épée Durandal, ou il aura la mienne* Les Français périront et la France sera déserte. » Â ces mots les douze s'élancent, et cent mille Sarrazins qui ont hâte de se battre, vont s'armer sous la forêt de pins.

77. — Les païens, dont la majeure partie est de Sarragosse, s'arment de hauberts sarrasinois. Ils lacent leurs casques doublés en trois, ceignent leurs épées d'acier de Vienne, prennent leurs écus, leurs épieux de Valence, et leurs gonfalons blancs, bleus et rouges. Ils laissent les mulets et les palefrois , montent leurs destriers et chevauchent serrés l'un contre l'autre. Le soleil était beau, le jour était brillant, et toutes les armures reluisaient Pour donner plus d'éclat à ce départ, on fait retentir mille clairons. Le bruit en fut tel, que les Français l'entendirent. Olivier dit : « Sire compagnon, si je ne me trompe nous pourrons bien avoir bataille avec les Sarrazins.» Roland répond : «Oh! que Dieu nous l'octroie! Nous devons rester fermes ici pour notre roi. Pour son seigneur, on doit souf-

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firir le chaud, le froid, et toute espèce de dangers , dût-on y perdre et son poil et sa peau. Que chacun donc s'apprête à donner de grands coups, afin que Tonne chante pas une mauvaise chanson sur notre compte. Les païens ont fort ; le droit est du côté des chrétiens. Le mauvais exemple ne viendra jamais de moi. » Aoi.

18. — Olivier, monté au haut d'un grand pin, regarde sur la droite vers une vallée herbue, et voit venir la gent païenne; il appelle son compagnon Roland: «Je vois venir du côté de TEspagne^ dit-il, une multitude! Us sont couverts de blancs hauberts et de casques resplendissants. Nos Français vont éprouver de grandes colères; Guenelon le savait bien, le traître , le félon , lorsqu'il nous fît donner cette commission devant l'empereur. » — « Olivier, tais-toi, dit le comte Roland ; c'est mon beau-père, je neveux pasqu'onen diseunseul mot.»

79. — Du haut de son arbre, Olivier découvre le royaume d'Espagne et les Sarrazins rassemblés. Ici reluisent les casques ornés d'or, là les écuset les hauberts ciselés, plus loin les épieux et les gonfa- Ions fermés. Il lui est impossible de compter seulement les échelles de division de l'armée. Il y en a tant qu'il n'en peut apprécier le nombre et qu'il en est tout étourdi. Du mieux qu'il peut, il descend du pin, va aux Français, et leur conte tout.

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