‹ Roland; ou, La chevalerieChapitre 17 sur 49 · L'obscurité se dissipe et le jour paraît · texte numérisé non relu

L'obscurité se dissipe et le jour paraît

(i) n y a là quatre vers inintelligibles.

72 rolaud.

Aux rayons du soleil, les hauberts, les baumes resplendissent ainsi que les écus ornés de fleurs peintes, lesépieux et les gonfalons dorés. Le cœur plein d'une sourde colère, l'empereur cKevauche avec les Français impatients et tristes tout à la fois. Il n'y en a guère qui ne pleurent, tant ils sont inquiets sur le sort de Roland. Cependant le roi fait arrêter Guenelon, et appelant Besgun, le chef des cuisiniers de sa maison, il lui confie la garde du comte. « Garde-le-moî bien, dit-il, car ce félon a trahi les miens. » Besgun reçoit le prisonnier et met autour de lui cent compagnons de cuisine des meilleurs et des pires, qui épilent la barbe et les moustaches de Guenelon. Chacun donne quatre coups de poing à Guenelon ; on le bat avec des bâtons, et on lui met une chaîne au cou comme à un ours. Pour lui faire honte, on le charge sur une bête de somme, et les cuisiniers le gardent avec soin , pour le rendre à Charles.

156. — Les monts sont hauts et ténébreux, les vallées profondes, et les eaux courent. Devant et derrière sonnent les clairons, et l'armée se dirige d'après le son de l'Olifant. L'empereur toujours irrite chevauche avec les Français , pleins d'impatience et de douleur. Tous versent des larmes et prient Dieu de garantir Roland jusqu'à ce qu'ils puissent combattre avec lui et venger l'armée. Mais à quoi bon tout cela? Ils ont trop tardé, et ils ne peuvent plus arriver à temps. Aoi.

157. — Toujours plus irrité, Charles chevauche. Sa barbe blanche flotte sur sa cuirasse. Tous les barons de France piquent leurs chevaux pour aller porter secours, et il n*y en a pas un que la colère ne pousse et ne rapproche de Roland, le capitaine qui combat en ce moment les Sarrazins d'Espagne. S'il est blessé, il n'y a pas un de ces combattants qui reste! Dieu! Quels sont ces soixante hommes qui forment encore sa compagnie? Jamais roi ni capitaine n'en eut de meilleurs et de plus vaillants. Aoi.

158. — Roland regarde autour de lui, sur les montagnes, dans les plaines, et voit tant de ceux de France étendus morts qu'il les pleuré en noble chevalier: « Seigneurs barons, que Dieu ait pitié de vous! Qu'il reçoive vos âmes en paradis! Et qu'il vous place parmi ses saintes fleurs (les saints). Jamais je n'ai connu de meilleurs vassaux que vous. Vous m'avez secondé si longtemps ; vous avez conquis tant de pays à Charles qui vous a si longtemps nourris. Terre de France ! Vous êtes un doux pays. Barons Français, je vous vois mourir pour moi, sans qu'il me soit possible de vous défendre ni de vous protéger. Que Dieu vous aide, lui qui ne faillit jamais! Frère Olivier, je ne dois pas vous abandonner; je mourrais de chagrin si un ennemi ne me tuait pas. Sire compagnon, allons combattre de nouveau. %>

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