Quand Roland vit qu'il était décidé que
le commandement de T arrière-garde lui serait confié, il s'adressa ainsi avec colère à Guenelon, son beau-père -.«Malheur à toi, homme bas et de mauvais air, qui as laissé tomber le gant et le bâton devant Charles. » Âoi 1
60. — a Et vous , empereur juste, continue le baron Roland, donnez-moi Tare que vous tenez en ce moment ; soyez certain qu'on n'aura pas à me reprocher, comme à Guenelon, qu'il soit tombé de ma main.» La figure de Charles se rembrunit; il toucha sa barbe et sa moustache, et ne put retenir quelques larmes. Naimes parla ensuite : «Vous l'avez entendu, dit-il au roi, le comte Roland est fort irrité : le commandement de Tamère-garde lui est adjugé. Vous n'avez pas là un baron qui lâchera pied. Donnez-lui donc l'arc que vous avez tendu, il saura en faire bon usage. » Le roi le donna, et Roland le reçut.
61. — L'empereur appelle Roland : « Reau sire, mon neveu , sachez que je vous laisserai la moitié de mon armée ; gardez -la avec vous, ce sera votre sauve-garde.» — « Je n'en ferai rien, répondit le comte ; et que Dieu me confonde si je me démens. Je retiendrai seulement vingt mille braves Français. Quant à vous, passez les ports en toute sécurité, car, tant que je vivrai, vous n'aurez nul homme à craindre. »