Rôle chrétien de la jeune fille
Tous les enfants, dans une famille, ont un rôle commun à remplir; la jeune fille en a un, en outre, tout spécial, et dont elle doit être fière. Douée de dons particuliers par le fait de la délicatesse de son sexe, elle peut exercer une influence fort heureuse au sein de la famille. Il est juste qu’elle s’en rende compte et qu’elle comprenne la tâche que la Providence lui a réservée au milieu des siens.
Gomme tous les enfants, elle a des devoirs à accomplir, tant à l’égard de ses parents qu’auprès de ses frères et sœurs. Pas plus pour elle que pour les autres, elle ne peut aucunement se désintéresser de l’intérêt général ; mais, tout au contraire, elle doit porter sa part de responsabilités, et cela est de nature à attirer son attention. Tout ne peut donc consister,
pour la jeune fille sérieuse et consciente de sa mission, dans l’agitation et la légèreté, dans l’oisiveté et des délassements exagérés. Elle a besoin sans doute de diversions et d’agréments, mais dans une sage mesure et une retenue en harmonie avec la dignité et la modestie de son sexe.
Tout à l’heure elle aura d’autres responsabilités à porter et plus tard, dans l’inconnu de l’avenir, elle devra s’armer pour la lutte et les difficultés de la vie. Ceci ne se fait pas soudainement; il faut préparer l’avenir, et le séjour dans la famille, au sein des pures et paisibles affections familiales, peut être déjà un fructueux apprentissage. Il s’agit d’y vivre dans un esprit et des sentiments qui soient comme une semence d’avenir, que la pieusejeune fille retrouvera à l’heure des grandes décisions.
Ces principes posés, voici comment elle s’efforcera de remplir son rôle dans la famille.
Par l’amabilité
Une jeune fille bien rangée est déjà naturellement aimable. L’amabilité semble lui avoir été donnée par la nature. Elle doit s’en servir pour faire des heureux autour d’elle ; et elle y réussira, si elle est tant soit peu intelligente. Ce ne serait pas judicieux de sa part, si elle se montrait désagréable à l’égard des siens, si elle se laissait entraîner à la mauvaise humeur, à des saillies de caractère, à la mélancolie et à la bouderie.
L’affection sincère qu’elle porte à tous doit se traduire extérieurement par des sourires, des paroles aimables, des manières agréables, des relations empreintes de douceur et d’aménité.
Qu’elle soit dans la maison comme un rayon de soleil, une apparition d’amabilité, un charme ambulant, un foyer d’affection : et elle aura déjà accompli une véritable mission de paix et de piété.
Par la tendresse filial©
Les premiers qu’une jeune fille modèle doit rendre heureqx, ce sont les parents. Ils le méritent, et à ce titre ils ont des droits sacrés à l’affection et au dévouement de leurs enfants. Il est si facile de leur faire plaisir, de les seconder, de les entourer et de les consoler.
Une prévenance, une petite attention, un dévouement empressé, une filiale participation à leurs peines, à leurs soucis et leurs travaux, un attachement sincère prouvé par une attitude toute de respect et de tendresse, une soumission simple et toute de douceur, un désir affectueusement manifesté de les secourir dans les soins du ménage et leurs occupations journalières: sont autant de marques de tendresse filiale.
La jeune fille qui ne comprendrait pas ce devoir primordial, pourrait justement douter de sa fidélité à d’autres devoirs d’où dépend son bonheur et celui qu’elle serait un jour appelée à procurer aux autres.
Par raffection fraternelle
Heureuses les familles où régnent l’entente et l’accord. Il arrive cependant que les relations n’y sont pas toujours parfaites. Il s’y rencontre parfois, comme d’ailleurs un peu partout, des heurts, des incompréhensions, des procédés blessants, et même des antipathies de caractère et des discordes.
C’est à la jeune fille à remplir alors un rôle pacificateur, à intervenir avec affection et délicatesse, à agir avec une pieuse habileté et à s’efforcer de rétablir la concorde et l’union. Rôle aussi maternel que fraternel, qui honore grandement la jeune fille. Il lui reste, toutefois, un dernier devoir, couronnement de tous les autres: la piété.
Par la piété
La piété ne convient à personne mieux qu’à la jeune fille. C’est son auréole et son plus beau joyau. Une jeune fille pieuse dans la famille, c’est plus qu’un charme et un rayon de joie, c’est un trésor; et quelle est la jeune fille qui ne voudrait pas l’être ?
La piété rehausse toutes ses autres qualités ; elle double la valeur de son affection filiale et fraternelle ; elle répand autour d’elle un vrai parfum de vertu qui attire et qui édifie. Piété douce, piété simple, piété prévenante, piété patiente, piété joyeuse, piété soutenue, piété condescendante, toujours prête à rendre service, en un mot vraie piété chrétienne qui se manifeste dans l’exercice de toutes les vertus. Une jeune fille qui n’est pas pieuse perd les trois quarts de ses charmes; et avec le quart qui lui reste, elle ne peut plus plaire ni à Dieu ni aux hommes.
Jeunes filles qui lisez ces lignes, soyez bonnes, soyez douces, soyez sérieuses, soyez aimables, mais surtout soyez pieuses.
M.fs. de la Croix
Paris. — Avec permission de l’Ordinaire.
Tous droits de traduction et de reproduction réservés.
Collection des 12 sujets en une pochette, $0.15 14 pochettes pour 12
Cénacle de la Fraternité Sacerdotale,
La Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières
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Au pensionnat
Rôle passager, mais réel
La jeune fille n’entre pas au pensionnat pour y rester ; toutefois son séjour, quoique transitoire, comporte des devoirs, et elle ne peut ni les ignorer ni les méconnaître. Sans doute, il ne s’agit pas ici d’une retraite forcée ; on y vient pour accomplir un devoir, celui d’acquérir les connaissances suffisantes pour faire plus tard bonne figure dans le monde, et pour répondre aux desseins que Jésus a formés sur chaque âme en particulier.
La jeune fille joyeuse et aimante y trouve des joies d’amitié, comme elle goûte des affections de famille. Elle y est naturellement sensible à l’affection et au dévouement de ses maîtresses. Mais là n’est pas son but, et cela ne doit pas lui faire perdre de vue celui qu’il lui faut atteindre par l’acquisition de la science en harmonie avec son état.
Les jours et les années du pensionnat sont comptés. Chacun porte sa part de
responsabilités. La jeune fille sérieuse doit en avoir conscience, les envisager dans la réflexion et la prière, et se bien convaincre que la conduite qu’on y aura tenue aura sa répercussion forcée sur tout le reste de la vie. Dès lors, combien sont précieuses ces années de formation intellectuelle, morale et spirituelle.
Préparation d’avenir
Un avenir ne se fait pas de toute pièce. Il faut du temps pour en agencer les divers éléments. Les matériaux d’un édifice doivent être préparés à l’avance et appropriés à la construction que l’on se propose d’édifier. Quel est le professeur qui prétendrait enseigner ce qu’il n’a pas étudié ! Quel est l’artiste qui se mettrait en tête de faire un chef-d’œuvre, sans avoir appris les premiers éléments de son art ! Pour tout, il faut de la peine, des efforts et du travail. C’est la loi universelle à laquelle il faut se soumettre de bon gré.
La jeune fille, sans être appelée à remplir un rôle important dans la - société, ne peut tout de même pas passer des années au pensionnat sans résultat appréciable pour la suite de sa vie. Qu’elle réfléchisse, qu’elle s’interroge, qu’elle comprenne qu’elle fait là l’apprentissage de toute sa vie. Ce qu’elle n’entrevoit qu’obscurément peut-être aujourd’hui, elle le comprendra clairement demain. C’est l’heure d’éviter les déceptions de l’avenir.
Amour de l’étude
La jeune fille prétend bien venir au pensionnat pour s’instruire. C’est logique ; sinon, pourquoi y venir ? Dès la première heure, elle doit se mettre consciencieusement au travail. Tout lui facilite l’accomplissement de ce devoir : la compétence et le dévouement de ses maîtresses, la sage distri-
bution des heures d’étude, des occupations diverses, des délassements, des exercices de piété et autres. L’important est d’apporter sa bonne volonté pour ne point perdre de temps et profiter le mieux possible des leçons de chaque jour.
Evidemment le sérieux de l’étude doit écarter la dissipation et la légèreté. A quoi servirait de dépenser ainsi inutilement l’argent de ses parents et de gaspiller ses talents dans l’abus d’une fausse liberté? Que l’on craigne la leçon de la fourmi à la cigale : « vous avez chanté, eh bien dansez maintenant. »
Le surnaturel dans ses affections
Il est permis d’aimer ; oui, c’est pour cela que Dieu nous a donné notre cœur. Mais il faut savoir s’en servir, le diriger et ne pas en devenir l’esclave. Le cœur de la jeune fille est sensible. Ce n’est pas un mal, puisqu’elle peut mettre sa sensibilité au service de la charité et du dévouement. C’est toutefois un danger ; et si la sensibilité n’est pas régie par le jugement et la volonté, elle devient aisément l’occasion de bien des écarts et la source de bien des maux.
Cela suffit pour qu’une jeune fille qui veut être vraiment sérieuse et ne pas compromettre les précieuses années de ses études, se tienne sur ses gardes et n’accorde pas trop de libertés à son cœur. Au pensionnat les occasions sont multiples, soit de la part des compagnes qui nous entourent, soit à cause des penchants de sa propre nature. Tout ce qui est agréable n’est pas bon ; tout ce qui est beau n’est pas pur ; tout ce qui plait n’est pas désirable ; tout ce qui est sensible n’est pas toujours sensé. Il y a du courage à se mettre à l’abri du danger. Que la jeune pensionnaire se préserve par la prière et l’énergie de sa volonté !
L’éloignement de toute mondanité
L’on vient au pensionnat pour y vivre de sérieux, de piété, d’étude et d’une formation saine, intellectuelle et religieuse. La mondanité n’y peut séjourner, et la jeune fille doit être dans les dispositions, dès l’origine, de s’interdire quoi que ce soit qui puisse venir la troubler par le souvenir des frivolités du monde, lesquelles dissipent et portent souvent en elles un poison corrupteur, Elle ne se repentira jamais d’avoir été trop circonspecte et dans le cas contraire, qui peut dire jusqu’où elle pourrait se laisser entraîner !
Le mal dont souffrent les âmes et qui infecte les consciences, c’est de vouloir jouir de tout, par tous les moyens et à n’importe quel prix. Pour s’amuser, on sacrifie les devoirs les plus sacrés, et on n’accorde plus qu’une faible attention à la vertu. Comme cet esprit serait désastreux s’il s’infiltrait dans les pensionnats ; et comme l’énergie des jeunes filles, qui veulent se garder pures, doit en être accrue par la crainte des maux qui les menacent !
C’est là le monde que Jésus a maudit. Bienheureux sont ceux qui le maudissent avec lui !
Ttf. E. de la Croix.
Paris. — Avec permission de l’Ordinaire.
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Cénacle de la Fraternité Sacerdotale,
La Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières