LE ^0DE CP^E¥ÏEN
DE LA
JEÜ^E KIMcE
Dans le monde
Je
Première impression
La jeune fille dans le monde ne peut passer inaperçue. Elle le sait, et souvent elle ne le sait que trop. Quelle impression va-t-elle produire? Elle ne doit pas trop s’en préoccuper; mais il est toutefois de son devoir d’en produire une bonne et d’éviter d’en produire une mauvaise. Ni elle ni personne y gagnera si elle ne fait pas honneur à son sexe et si, par sa conduite, elle devient un sujet de blâme, de critique et de malédification.
Tant que l’on n’a à répondre que de sa vie privée, qui échappe aux regards des hommes, l’on peut encore espérer acquérir l’estime des autres; mais quand l’extérieur est répréhensible et qu’il découvre les lacunes du dedans, il faut s’attendre à être vite jugé et apprécié à sa juste valeur. Cette constatation est de
nature à attirer l’attention de la jeune fille et à lui inspirer des sentiments qui la maintiennent dans l’accomplissement du devoir et la pratique de la vertu.
Qu’elle n’oublie pas que n’est pas aimé qui veut, mais seulement qui le mérite.
Donc, en faisant «son entrée dans le monde», comme on dit, qu’elle apparaisse une personne rangée et non «en l’air», comme une vraie chrétienne et non comme une (Ldonzellev quelconque qui ne pense qu’à cueillir des flatteries et des amitiés.
Ce début a souvent une répercussion sur tout le reste de la vie. Gomme il estimportant, dès lors, de lui donner un caractère sérieux et réfléchi qui soit une orientation d’avenir. Que la jeune fille réfléchisse à temps, pour qu’elle n’ait pas ensuite à regretter et à revenir en arrière.
Sentiment de sa dignité
Tant que la jeune fille jouit des douceurs et de l’intimité de la famille, elle réfléchit peu et se laisse facilement bercer par l’insouciance de l’enfance et les illusions de la jeunesse. Ne penser à rien et se laisser vivre, c’est souvent toute la vie de l’enfant au milieu des affections familiales. Le pensionnat inculque bien ensuite des idées sérieuses qui vont se développant et préparent l’avenir ; mais la jeune fille ne prend, à vrai dire, pleine conscience d’elle-même, que quand elle conquiert sa liberté et porte la responsabilité de s’orienter elle-même dans la vie.
A cette heure décisive, tout le passé va exercer sur elle son influence et jouer un rôle prépondérant dans les décisions de l’avenir. Elle devra faire le partage du bon et du mauvais, si elle ne veut
pas s’exposer à des illusions trompeuses et à de tristes expériences. Il ne s’agit pas de se lancer tête baissée dans l’inconnu, mais d’avoir un juste sentiment de sa dignité et le courage de tout sacrifier pour la sauvegarder.
Sans arrogance, la jeune fille doit pouvoir marcher la tête haute, de même que, sans faiblesse, elle doit conserver dans la société le rang que la Providence lui a départi.
Rapports de société
Il ne s’agit pas pour la jeune fille de paraître dans le monde comme un être toujours en mouvement, pas plus qu’il ne lui convient de s’abstenir de toutes relations sociales. Si elle a des devoirs à remplir dans la famille, elle en a aussi vis-à-vis de ses semblables.
Personne ne peut la forcer d’être «mondaine», et elle mérite toutes les louanges de ne pas l’être: elle doit toutefois se montrer à la hauteur de sa situation, selon sa condition de famille et les circonstances diverses de son état.
Mais pour plaire au monde, il ne lui est jamais permis de faire brèche à ses principes de convenance et de dignité féminines, pas plus qu’à ses convictions et pratiques religieuses. Aussi, qu’elle apparaisse toujours digne et réservée, modeste sans exagération, fière sans ostentation, simple et naturelle, pleine de déférence pour tous, mais sans faiblesse, respectant les autres et bien résolue à se faire respecter elle-même.
Il est toutefois pour la jeune fille des relations qu’elle ne peut se permettre, ce sont celles qui exposeraient sa vertu et porteraient atteinte à son honneur. C’est pourquoi la jeune fille ne peut fréquenter indistinctement tout le monde, aller partout, assister à tous les spectacles, prendre part à
toutes les fêtes. Là où il y a du feu, il faut craindre les incendies. Qui ne s’en préserverait pas, mériterait d’être brûlé. Et une jeune fille à moitié brûlée n’a plus beaucoup d’attrait. Qu’elle conserve sa vertu et elle gardera sa beauté.
Garder sa réputation
La réputation est un bien inappréciable. Ne la négligent que les inconscients; ne la perdent que les insensés. Sous prétexte de s’amuser, on ne peut l’exposer; pour faire valoir ses qualités et ses talents, on ne peut la leur sacrifier.
Il y a plus de noblesse à se faire respecter qu’à se faire admirer. Il est plus sage de briller par la dignité de sa personne, que d’attirer l’attention du public par des attitudes de légèreté inconsidérée et d’une moralité douteuse. La bonne réputation est un patrimoine d’honneur qu’il faut conserver à tout prix.
Jeunes filles exposées aux dangers du monde, armez-vous d’une cuirasse de protection, soyez blindées contre les assauts de tous les ennemis; et protégez la faiblesse de votre sexe par l’energie de votre volonté et la force invincible de votre foi et de votre religion.
W. E. de la Croix
paris. — Avec permission de l’Ordinaire.
Tous droits de traduction et de reproduction réservés.
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La Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières
JEH^E KIMtE
Catégories diverses de jeunes filles
Classification nécessaire.
Les jeunes filles, pas plus que toutes les autres catégories de créatures humaines, ne sont identiques de caractère, de tempéramment, de sentiments, de mentalité, de penchants et de passions. Il en est qui y gagneraient et d’autres qui y perdraient à être toutes classées dans la même catégorie. Il n’y a donc pas à craindre cette espèce de monotonie psychologique qu’aucune jeune fille n’accepterait volontiers préférant avoir un cachet personnel distinctif plutôt que de ressembler uniformément à toutes les autres.
Mais alors la jeune fille, pour être ce qu’elle veut être, doit faire un choix des qualités qu’elle désire posséder, et un autre des défauts dont elle cherche à se préserver. Ce choix doit se faire dans la réflexion et la prière, en s’aidant et de sa propre expérience et des exemples qu’elle a sous les yeux.
Le jugement porté sur les défauts d’autrui est prompt, et on a vite fait de ne pas vouloir ressembler à telle ou telle et d’éviter tout commerce avec celles qui ne nous plaisent pas. De même qu’en face d’une similitude de vues, de tempéramment et de sentiments, on cherche à se rapprocher des compagnes que l’on veut imiter.
Toutefois pour être judicieux et durable, ce choix doit être fait dans un esprit chrétien qui attache plus de valeur aux intérêts spirituels qu’à ceux purement naturels. Il s’agit de mener une vie noble, digne, honorable et bienfaisante : c’est sérieux, et il y a là de quoi gagner le cœur d’une jeune fille soucieuse de son honneur et de la dignité de son sexe. Il y a plus encore ; c’est une question d’éternité qui est en jeu, et voilà ce qui doit inspirer et émouvoir la jeune fille chrétienne.
Il est donc entendu que c’est dans cette dernière catégorie qu’il faut se classer ; et c’est à la J lumière des considérations qui précèdent qu’il est urgent de procéder à une répartition plus précise et plus définie des qualités et des défauts des 1 diverses catégories de jeunes filles.
La jeune fille sérieuse ou légère
La jeune fille sérieuse est celle qui agit avec j réflexion et qui ne fait rien qu’elle ne l’ait consi- jj déré attentivement. Elle m’inspire avant tout du devoir, pèse les motifs, surnaturalise ses intentions et agit dans la droiture de sa conscience. Qui j ne la respecterait et n’aurait confiance en elle? Et ! quelle est la jeune fille qui n’ambitionnerait pas de lui ressembler, si elle veut vraiment être respectée et passer en faisant le bien.
La jeune fille légère produit un effet tout contraire. Agitée et impondérée, elle agit à tort et à travers et multiplie les bévues. Elle ne délibère
pas, elle parle sans réflexion et pose des actes sans presque s’en rendre compte. Naturellement elle est vite jugée et tout aussi vite dépréciée. Il n’y a rien d’invitant à lui ressembler, mais il y a beaucoup de motifs de la renier et de la condamner.
La jeune fille modeste ou frivole
La grâce de la jeune fille, c’est de s’entourer comme d’une auréole de réserve et de modestie, qui plaît à tous et qui semble être le cachet distinctif de sa condition. Réservée sans affectation, timide plutôt que prévenante, pondérée dans ses paroles, simple dans son maintien, irréprochable dans sa tenue, elle respire la sagesse et la vertu. Gomment ne plairait-elle pas, et pourquoi toutes les jeunes filles ne chercheraient-elles pas à plaire de la sorte ?
La jeune fille frivole et mondaine ne produira sûrement jamais cet effet. Toute extérieure et emmitoufflée de vanités, elle attirera un moment l’attention, mais sans en être respectée ; elle fera rire, mais ceux-là seuls qui auront été piqués du même esprit de frivolité; elle sera exposée à perdre vite le sens du devoir et à dépasser les bornes de la convenance. Qui veut trop donner au monde et à ses libertés, finit infailliblement par sacrifier sa dignité et tromper sa conscience.
Une jeune fille mondaine qui n’est préoccupée que de se faire valoir et de se défigurer par de prétendus attraits de beauté superficielle, court au-devant des précipices. Que Jésus en préserve celles qui par étourderie pourraient se laisser tromper.
La jeune fille laborieuse ou insouciante
La première utilise sa vie, la seconde la gaspille. L’une et l’autre ont pourtant des devoirs à accom-
plir et doivent prendre leur part des soucis du ménage et des occupations de famille.
Vouloir ne rien faire, ce n’est ni noble, ni généreux, ni chrétien. Ne serait-ce que pour éviter l’ennui et le désœuvrement, le travail sous une forme ou sous une autre est nécessaire. Que chacune s’y emploie consciencieusement et s’en fasse un devoir rigoureux.
La jeune fille pieuse ou indifférente
Pas de paix sans l’accomplissement du devoir ; pas de bonheur sans la pratique de la vertu. Rien ne peut remplacer ces obligations sacrées de toute conscience humaine.
Le cœur de la jeune fille est fait pour la vertu.
Il n’ en est point sans cela de véritablement heureuse ni de capable de faire des heureux. C’est la vertu, plus encore que l’affection, qui maintient l’entente et la fidélité entre les cœurs qui s’aiment. S’il n’y a pas ce réconfort dans l’accomplissement du devoir et ce préservatif dans l’amour, tout peut sombrer, et bien vite dans les affections humaines. Chez la jeune fille, plus que chez toute i autre, l’indifférence en matière de religion est un non-sens qui révolte.
Pensez à l’avenir, pensez à l’éternité ; vivez de | piété et de fidélité.
M. E. de la Croix i
Paris. - Avec permission de l’Ordinaire.
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ha Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières
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JEÜjVE EîIiIeE
La mentalité nouvelle de la jeune fille
Evolution réelle
Il ne fait de doute pour personne qu’il s’est produit depuis quelques années, dans la mentalité des jeunes filles, un changement profond faisant douloureusement contraste avec les idées et les coutumes du passé. On ne peut le nier, pas plus qu’on ne peut en approuver la légitimité et en méconnaître les tristes conséquences.
Il serait.léger et plus qu’imprudent que,, sous prétexte de suivre son siècle, on ait la liberté de se conformer à ses exigences et à ses erreurs. Il serait condamnable de lui sacrifier les principes fondamentaux de la conscience chrétienne et de la sauvegarde de la vertu.
Ce n’est pas parce qu’il peut y avoir quelque chose de bon dans les idées nouvelles, que tout y est bon. Ne point discerner, ici comme ailleurs, le bien du
mal, le faux de la vérité, ce qui peut être profitable ou préjudiciable, ne serait ni judicieux, ni sage, ni soucieux de ses intérêts spirituels et temporels.
La jeune fille, sans doute, n’a pas encore assez vécu, pour établir des comparaisons justes et précises entre le passé et le présent ; toutefois elle a son intelligence pour apprécier les choses, elle a sa conscience pour l’avertir et la prémunir, elle a sa volonté pour se préserver et ne point se laisser injustement dominer par ce qui n’a pas le droit, de la commander.
Il y a des choses qui ne changent pas et qui s’imposent à la conscience, c’est l’obligation de la vertu et la fidélité au devoir. Voilà la mesure de tout ce qui est permis et de tout ce qui est défendu. Que la jeune fille s’en serve dans l’examen des idées, j des maximes, des coutumes qui ont cours actuel- j lement dans le monde; et qu’au lieu de se laisser j entraîner dans le courant, elle oppose noblement une résistance résolue à tout ce qui peut diminuer sa dignité et sa vertu.
Emancipation féminine j
Tout progresse matériellement et scientifiquement dans le monde; et l’on prétend qu’il doit en être de même dans tous les domaines. Avec des principes aussi absolus, l’on comprend qu’on veuille en faire l’application à tout ce qui paraît suranné et qu’on se plait à mépriser comme étant d’un autre âge.
La jeunesse féminine est peut-être celle qui a le plus souffert de cette mentalité moderne. On l’a sortie de son cadre et on lui a donné un cachet étrange où a sombré en bonne partie la dignité j modeste de la femme, pour être remplacée par des !
allures plutôt masculines et par des emplois qui la sortent du foyer familial et changent ses occupations séculaires.
Sans tout blâmer dans ce changement quasi général de la société où peuvent intervenir en certains cas des exigences de situations nouvelles, il est du devoir sacré de la jeune fille de se tenir en garde contre une justification trop facile des réels dangers d’un semblable état de choses. Qu’elle ne se laisse point griser, comme il n’en est que trop qui s’y laisse prendre, par ces perspectives de dangereuse liberté et par une certaine curiosité frivole de l’inconnu.
Acceptation facile des idées du siècle
Par le fait des idées nouvelles qui ont cours parmi les jeunes filles modernes, il est indéniable qu’il faut à ces dernières une énergie plus grande pour se tenir à l’écart de l’esprit du monde et pour se préserver de l’infiltration insensible de ses maximes et de ses erreurs. A force de vivre dans ce milieu, il se crée comme une atmosphère de relâchement général et de faiblesse morale qui enlève leur vrai sens aux devoirs de la vie et finit par faire perdre de vue les vérités éternelles pour ne voir que le côté purement humain et terrestre des choses.
Combien de jeunes filles qui se sont laissées ainsi emporter dans le courant et qui raisonnent comme les gens du siècle, prétendant qu’il faut profiter de la vie pour en jouir, que la morale ne doit pas être aussi sévère et qu’après tout il sera toujours temps de réfléchir et de se ressaisir. Fausse conception du devoir et de la vérité ; et combien périlleuse pour l’âme qui joue ainsi avec son éternité ! Jeune fille prenez garde, réfléchissez de suite, il y va de votre salut éternel.
Opposition à tout contrôle
C’est bien là encore ce qui ne caractérise que : trop l’esprit moderne. On ne veut plus être surveillé, encore moins repris et blâmé. On veut être maître absolu de sa conduite et juge unique de j tous ses actes. Aussi ne tient-on aucun compte des conseils et avertissements de ceux qui nous aiment le plus.
N’entend-on pas souvent sur les lèvres des moins expérimentés des paroles comme celles-ci : «Je sais ce que j’ai à faire, — qu’on me laisse tranquille, — on n’y comprend rien, — c’est du vieux style, — moi je suis de mon temps, etc. » — Esprit déplorable, entêtement insensé, absence de toute sagesse, triste préparation d’avenir.
Jeune fille, défendez-vous de cet esprit ; il vous perdrait.
Indépendance des parents j
Triste et fréquente constatation. La jeune fille • légère ou mondaine n’accepte plus la surveillance j et l’autorité des parents. Si elle ne se révolte pas toujours, elle répond rudement, parfois grossière- j ment, elle discute, elle boude, et elle n’en continue pas moins à désobéir et à suivre tous ses penchants. — C’est le malheur dés familles et c’est la porte ouverte aux pfus grandes misères. Quelle est la jeune fille qui ne voudrait pas la fer- ! mer et rentrer résolument dans le devoir.
M. E. de la Croix
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IiE ^0IiE OPRETIEJÏ
JBüNE KIIiItK
Les mœurs modernes de la jeune fille
Üfvà
Autrefois et aujourd’hui
On dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, mais on dit aussi que les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Les années suivent le même cours, et également les époques de l’histoire et la mentalité des peuples. Changer en mieux, c’est désirable et c’est encourageant ; mais changer en pis, c’est triste et c’est regrettable.
Autrefois la vie était bien plus simple, et aujourd’hui elle est devenue compliquée. Autrefois elle était plus vraie, et aujourd’hui elle n’est ni vraie ni sincère. Elle est trop agitée pour être stable, et trop « en l’air » pour offrir de la sécurité. Le besoin de changement a fait disparaître tant de bonnes choses, et le désir de la nouveauté en a fait naître tant d’indésirables !
Ce qui s’est produit dans les choses matérielles s’est introduit dans les choses morales et spirituelles. Il y a eu une telle soif de nouveauté, que pour l’étancher il a fallu détruire pour reconstruire, dénaturer le passé pour caractériser le présent. Aussi a-t-on assisté à une décadence générale, à laquelle les esprits et les cœurs n’ont pas échappé. C’est ce qui fait qu’il est bien difficile de retrouver dans la jeune fille moderne la jeune fille d’autrefois.
Il en est sans doute qui échappent à ces influences néfastes de la société moderne, mais on ne peut nier que le choix n’est pas toujours facile. Si la jeune fille de nos jours ne se tient en éveil et ne se barricade pour se mettre à l’abri des dangers qui l’entourent, l’esprit nouveau de liberté et d’extravagance aura vite fait de l’influencer et de la pénétrer.
D’ou, devoir capital pour elle de sonder souvent j le terrain et de se prémunir contre les premières j attaques de l’ennemi. Qu’elle se rende compte de j ce qu’il y a de déplorable dans les mœurs modernés du sexe féminin et qu’elle s’en préserve à tout prix.
La vie au dehors
Autrefois on savait rester chez soi et on aimait | ce séjour dans les douces joies du foyer familial ; ji maintenant on semble n’avoir plus de goût et i d’attrait que pour les distractions du dehors et la vie en plein air. Le foyer est déserté, la famille est négligée, le repos et le calme de l’intérieur ont ij fait place à l’agitation des amusements mondains j et des attractions de tout genre qui arrachent la jeune fille à l’atmosphère familiale si favorable au sérieux et à la piété.
Ces sorties répétées et prolongées font nécessai-
rement perdre le goût de la prière. Pour prier, il faut se recueillir, et on n’en a plus le temps. Pour s’occuper des choses du ciel, il faut faire trêve avec les choses de la terre, et ces dernières exercent un tel empire sur les intelligences qu’elles submergent les premières et les réduisent à néant. Désolation des âmes qui, ne sachant plus penser en elles-mêmes, sont à la merci de toutes les émotions qui leur viennent du dehors.
Gomment, dès lors, former une génération forte et vigoureuse, lorsque celles-là même qui ont un si beau rôle à remplir par la sensibilité de leur nature et la grandeur de leur mission dans la formation des âmes, sont les premières à manquer d’energie et à compromettre leurs intérêts les plus sacrés. Jeunes filles, espérance de demain, réfléchissez et craignez les représailles de l’avenir.
Les allures masculines
Il y a naturellement dans la jeune fille un maintien noble et digne qui en fait le charme, et dont elle ne peut impunément se départir. Se négliger sur ce point, c’est déjà s’amoindrir. Que dire alors de cette tendance inconsidérée à donner à son sexe un caractère tel de liberté et d’allure dans la démarche, les gestes, le langage et jusque dans les accoutrements et les coutumes masculines, qui ne font que déflorer la dignité de la femme, sans parler des dangers qu’ils font courir à sa vertu.
C’est à la jeune fille chrétienne à faire disparaître cette anomalie ridicule qui dégrade et avilit le sexe féminin. Du moins, doit-elle pour ellemême se prémunir contre un tel danger et afficher hautement une condamnation rigoureuse d’aussi déplorables habitudes,
Les divertissements publics
Il est des divertissements de bon aloi qui conviennent à la jeune fille et qu’elle trouve dans sa famille ou dans un cercle restreint de parents et d’amies. Il en est d’autres qui n’en portent nullement le cachet et qui sont passés malheureusement dans les coutumes de la société moderne. Ils sont plus brillants et moins moraux. Ils s’étalent au grand jour et on pourrait souvent les appeler des centres de désinvolture et d’immoralité.
Bals, réunions tapageuses, sports inconsidérés, randonnées imprudentes, baignades impudentes, spectacles de toutes sortes, parties de plaisirs où s’étalent toutes les inconvenances et où se coudoient des inconnus de toutes les classes de la société : telle est la triste nomenclature de tant d’amusements modernes où sombrent la dignité et la vertu de la jeune fille, qui, voulant imprudemment goûter au fruit défendu s’en fait tristement empoisonner.
Si ce tableau est sombre, il n’en est pas moins ] réel ; et c’est pour en donner de l’horreur qu’il est dévoilé à la jeune fille inexpérimentée, à qui J l’on crie : « prenez garde, prenez garde, privezvous plutôt de bien des divertissements, mais j n’allez pas vous exposera laisser au milieu de ces ; plaisirs mondains, des lambeaux de votre honneur | et de votre vertu. »
M. E. de la Croix - -
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LE ï^0IiE CP^ETIEN
DE LA
JEUNE kieee
Les dangers de la jeune fille
Pas d’illusion, mais de la sincérité
il n’est pas besoin de grandes démonstrations pour convaincre les jeunes filles, qu’elles sont entourées de dangers nombreux et que le démon rôde autour d’elles pour les tromper et les perdre. Qui ne le comprendrait pas, aurait de fameuses déceptions et expérimenterait durement son aveuglement.
Si, dans le cours de la vie, il y a des dangers pour tous, il y en a de spéciaux pour la jeune fille. Elle doit les connaître, les craindre et les fuir. Elle serait impardonnable de se montrer insouciante sous ce rapport et d’attendre, pour se rendre compte du danger, qu’elle en ait fait une imprudente expérience.
Ses dispositions actuelles peuvent être bonnes et sincères, mais elles ne doivent
pourtant pas rester dans le vague en regard de l’avenir. Elle est tenue de voir de quoi sera fait demain, et quelles sont les armes dont elle devra faire usage pour se préserver, se défendre et s’assurer la victoire sur ses ennemis.
Elle peut être exposée au danger même dans le milieu de la vie familiale ; elle le sera sûrement davantage dans ses rapports avec le dehors et dans ses relations avec le monde. En voici quelques-uns qu’il faut coûte que coûte connaître et éviter.
L’oisiveté
Il n’est permis à personne de ne rien faire et de se rendre inutile. Dans une famille il y a toujours à faire, et la jeune fille doit y apporter son concours. Une vie molle et sans occupation lui serait manifestement funeste. Et si elle ne fait pas ce qu’elle doit faire, elle fera sûrement ce qu’elle ne doit pas faire ; c’est-à-dire, elle gaspillera son temps, elle s’occupera de futilités, elle vivra de rêveries et elle tombera dans le désœuvrement.
On dit justement que l’oisiveté est la mère de tous les vices. Une jeune fille oisive est prête à se laisser aller à tous ses mauvais penchants ; et qui peut dire de quels ennuis pour elle et pour les autres elle peut être l’occasion. Ne point partager le labeur des autres, et ne vivre que pour soi-même, c'est un égoïsme impardonnable qui devient vite à charge. L’esprit surnaturel qui anime la jeune fille chrétienne la préservera de ce funeste danger.
Les lectures
La vie de famille n’exclut pas les saines distractions. La lecture est une des plus utiles et des plus à la portée de tous. La jeune fille y trouve un vrai délassement en même temps qu’un agrément en
harmonie avec les études qu’elle a faites au pensionnat et les connaissances qu’elle y a acquises. Si elle est circonspecte dans le choix de ses lectures, et si elle poursuit surtout le noble but de nourrir son intelligence et son cœur pour les mettre au service des intérêts sacrés de son âme, elle retirera un grand profit de ses lectures. Mais si elle lit au hasard ce qui lui tombe sous la main, elle sera exposée à rechercher la frivolité dans les livres comme dans les relations avec le monde.
De là à ne trouver de goût que dans la lecture des romans et des aventures chevaleresques, il n’y a qu’un pas ; quand encore on n’en arrive pas à se laisser aller à des lectures malsaines et condamnables. Jeunes filles, ayez peur ; un mauvais livre est le pire et le plus perfide des amis.
Les compagnies
«Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es», dit un proverbe bien connu. Rien n’est plus vrai, en bien et en mal. C’est pourquoi la jeune fille qui veut être tout entière à son devoir et se conserver pure doit choisir avec un soin minutieux ses amies et en général toutes les personnes avec lesquelles elle a des relations d’amitié ou de société.
Sous prétexte de bienveillance et de convenance, elle ne doit pas hésiter à couper court à tout rapport avec qui que ce soit, dont le voisinage ou l’assiduité pourrait être préjudiciable à son âme. Pour son honneur personnel et celui de sa famille, comme pour l’édification d’autrui, elle doit se montrer intransigeante sur ce point, et ne fournir aucunement matière à la critique. Et si, par malheur, la renommée de ces personnes était plus ou moins louche, on la montrerait vite du doigt et
on finirait par faire rejaillir sur elle la mauvaise réputation de celles qu’elle fréquente.
Les emplois mixtes
Il est un autre danger plus grand que tous les autres et qui hélas est quasi universel de nos jours, c’est celui des emplois mixtes de jeunes gens et de jeunes filles dans les bureaux, les usines, les magasins et les administrations de tout genre. La ■ jeune fille est par là arrachée à son foyer et lancée . dans des emplois lucratifs où elle est laissée complètement à elle-même, en contact journalier avec des gens souvent sans morale et sans conscience, j
Ce danger mortel a fait plus d’une victime. Quelle est la jeune fille qui ne doit pas le redouter ? Et si une dure nécessité l’impose, de quelle sauvegarde ne doit-elle pas s’entourer! Avec quelle ardeur elle doit prier et se recommander à la Sainte Vierge! Avec quelle réserve farouche elle doit se conduire et se faire respecter!
Que celles qui ne sont pas exposées à ce danger en remercient la Providence, qu’elles prient pour leurs compagnes. Il s’agit de sauvegarder l’honneur du corps féminin et de sauver les âmes.
W. E. de la Croix
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LE ^6IiE CP^EWIEN
JEajiS KIItliE
Les vertus de la jeune fille
Qualités et vertus
Il y a peu de gens qui ne possèdent aucune qualité; il y en a bien davantage qui n’ont aucune vertu. Les qualités sont d’ordre naturel, les vertus sont d’ordre spirituel. Les premières tiennent à la nature et sont un pur don du Créateur; les secondes sont un ornement de l’âme et s’acquièrent par l’effort et le sacrifice.
Une jeune fille qui se contenterait des qualités qu’elle a reçues, sans se mettre en peine d’y apporter un couronnement par ses vertus, serait une jeune fille incomplète. Elle pourrait se complaire en ellemême et chercher à se faire estimer; mais par cela seul elle s’exposerait à se diminuer et à produire un effet contraire.
On s’attend à trouver dans la jeune fille chrétienne plus que des valeurs purement naturelles et des amabilités de
surface; et on mesure l’estime qu’on lui porte au degré de vertu qui en fait le principal ornement.
La vertu n’enlève rien aux qualités ; tout au contraire, elle les fait ressortir et les cristalise en quelque sorte dans la nature elle-même. En les préservant, la vertu les utilise et les perfectionne; et elle finit par faire de qualités naturelles des qualités surnaturelles.
Que la jeune fille s’éprenne et de zèle et d’amour pour la vertu ; c’est à ce prix qu’elle sera heureuse et fera des heureux. Qu’elle s’efforce toutefois de pratiquer d’abord les vertus plus appropriées à son sexe et plus conformes à son état. Il est pour elle comme des vertus de tradition qui servent de base aux autres et correspondent à l’action qu’elle doit exercer dans la société. Nous en citons ci-après quelques-unes.
La simplicité
Une jeune fille simple dans sa personne, naturelle dans ses rapports, délicate dans ses procédés, sans prétention ni recherche d’elle-même, est une jeune fille qui plait et fait forcément du bien. Si elle n’est pas simple par nature, elle peut le devenir par vertu.
La vertu en elle-même est simple et modeste. On ne peut être vertueux, et par conséquent simple, si l’on est trop préoccupée de sa petite personne, si l’on cherche à se produire, si l’on est affectée dans son langage et ses manières. C’est en cherchant à disparaître que la vertu se fait jour davantage.
Jeunes filles, soyez simples, et en plaisant à Dieu vous ne déplairez pas aux créatures.
La modestie
La modestie va de pair avec la simplicité. Elle y ajoute cependant un caractère spécial qui accen-
tue ce que la simplicité a déjà d’attirant. Plus personnelle et plus étendue dans ses manifestations, elle exerce son influence sur les idées qu’elle calme, sur les sentiments qu’elle maîtrise, sur les paroles qu’elle tempère, sur les gestes qu’elle modère et sur l’attitude générale à laquelle elle donne une teinte de réserve et de modération.
C’est là le premier aspect de la modestie qui doit distinguer la jeune fille chrétienne et qui est littéralement opposé aux exubérances de langage, aux exagérations de mouvement et aux attitudes par trop dégagées qui frisent parfois la légèreté et l’immodestie. Le second a trait à la modestie du vêtement, dont le sujet comporte tant de tristesse à la vue de la désinvolture à laquelle en est arrivé le sexe féminin. On ne s’habille plus, on se déshabille. La femme a perdu sa dignité; on ne le dira jamais trop haut aux mondaines qui ont faussé jusque là la mentalité souvent des meilleures. On veut suivre la mode, et on lui sacrifie jusqu’à sa pudeur et au respect qu’on doit aux autres.
Que les jeunes filles se lèvent et forment une croisade de modestie féminine !
Le zèle et le dévouement
Tant que la jeune fille n’a pas orienté définitivement sa vie, elle doit avoir à cœur de se rendre utile et de disposer, pour le bien, de son temps, de ses forces, de ses talents, et de toutes ses aptitudes. OEuvres de zèle et de piété, œuvres de secours et de charité, œuvres de miséricorde et de dévouement, œuvres d’enseignement et de catéchisation, etc; voilà un admirable champ d’action, où, indépendamment de l’œuvre morale et spirituelle qu’elle peut exercer dans la famille, la jeune fille trouve matière à se dépenser et à donner un sens chrétien à sa vie,
Le dévouement érigé ainsi en vertu est tout un enseignement et ouvre un horizon immense devant un jeune cœur qui a soif de coopérer avec Jésus au salut des âmes.
La piété
Tous les dons faits par la nature à la jeune fille et toutes les grâces qu’elle a reçues du ciel doivent se rencontrer et se concrétiser dans une vie chrétienne faite d’amour et de piété. Pour conserver et faire fructifier les unes et les autres, l’âme de la jeune fille trouvera dans une piété profonde et constante le moyen efficace de pratiquer toutes les vertus et l’assurance de progrès incessants qui pourront la conduire à la perfection.
Aimer Jésus et tout Lui sacrifier, y a-t-il un idéal plus digne d’envie? Toutes les autres joies de la terre ne vaudront jamais ce bonheur, avant-go ut des joies du ciel.
Quelles aspirations plus hautes et plus sanctifiantes capables d’attirer et de ravir le cœur de la jeune fille fait pour des destinées éternelles ! Faire de la piété et de toutes les œuvres qui en découlent son premier objectif, c’est un devoir, c’est un bonheur, c’est un ciel auquel sont conviées toutes les jeunes filles vraiment chrétiennes.
Ifl. E. de la Croix.
paris. — Avec permission de l’Ordinaire.
Tous droits de traduction et de reproduction réservés.
Collection des 12 sujets en une pochette, $0.15 14 pochettes pour 12
Cénacle de la Fraternité Sacerdotale,
La Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières
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JEUNE KII*E
Les défauts de la jeune fille
Tout comme les autres
Il serait trop beau que les jeunes filles n’aient pas de défauts, lorsque tous les autres en ont. Il serait puéril de s’en froisser et surtout de le nier. Il est plus sage de le reconnaître et de travailler à s’en corriger.
Si les défauts étaient un ornement, on comprendrait qu’elles veuillent s’en affubler ; mais qu’elle est donc celle qui pensera à s’en faire un objet de vanité ? Et puisque les défauts ne plaisent à personne, qu’ils amoindrissent les qualités, déforment les caractères et décolorent les vertus, il faut en prendre son parti et s’employer activement à leur faire une guerre sans trêve ni repos.
Toutes les jeunes filles n’ont pas les mêmes défauts ; c’est à chacune à se bien examiner et à avoir la franchise de se
connaître telle qu’elle est. Il est des défauts qui tiennent au tempéramment, d’autres au caractère, d’autres à l’esprit et au cœur, d’autres encore au milieu et à l’éducation, d’autres enfin aux infirmités spirituelles, etc. Il en est même qui sont des excès de qualités et proviennent d’une fausse orientation donnée à l’origine. Quels qu’ils soient, les défauts n’ont de charme pour personne, et ne serait-ce que pour mieux réussir à plaire que la jeune fille devrait s’évertuer à s’en défaire.
Pour la jeune fille chrétienne, il est un motif plus élevé et plus puissant, c’est celui de la vertu. Les défauts sont souvent cause de péché ; ils ne cadrent pas avec l’esprit chrétien et les maximes de l’Evangile. Une âme ne progresserait jamais si elle négligeait de se corriger de ses défauts. Il n’en faut pas davantage pour s’exciter à une guerre sans merci contre soi-même et ses mauvais penchants. Il faut les « bouter dehors », comme s’exprimait sainte Jeanne d’Arc en parlant des ennemis ; de son pays.
La sentimentalité
Puisqu’il faut attaquer tous les défauts dans l’ordre purement humain comme dans l’ordre spirituel, la sentimentalité, non mauvaise en soi, peut cependant le devenir si elle n’est pas refrénée. Elle tient à la nature même de la femme, dont le j cœur est plus sensible et la complexion plus délicate.
L’impressionnabilité est par là plus vive et plus grande. Elle doit être tempérée par un effort de résistance et une réflexion de raison ; sans quoi, il est facile de perdre le contrôle de soi-même et i de n’agir plus que par un mouvement impulsif inconsidéré. j
La jéune fille doit se raidir contre cette tendance, 1
qui fausserait pour elle la juste appréciation des événements, des personnes et des choses. Ne point juger trop vite, ne point agir uniquement sous l’effet du sentiment, ne point se laisser gagner par le côté purement sensible de ce qui se présente, ne point se déterminer sans réflexion, ne point prendre une émotion pour une réalité, et ne point se contenter d’un mouvement précipité parce qu’il aura paru généreux : autant d’aperçus jetés sur la sentimentalité, qui en font entrevoir la faiblesse et l’infirmité.
Si on ajoute à ces considérations celle de la vertu, on conçoit qu’une jeune fille trop sentimentale est une jeune fille exposée, la religion faisant la femme forte et virile.
La vanité
Si la sentimentalité, contenue dans certaines bornes, a quelquefois quelque chose de bon, la vanité en aucun cas ne peut en avoir. Elle peut servir l’orgueil, favoriser les passions, jeter dans l’illusion, faire vivre de chimères et de mensonges, — et c’est ce qui la condamne ; mais elle ne fera jamais un cœur noble et généreux, une âme forte et magnanime. La jeune fille doit avoir le courage de constater que la vanité est chez elle un penchant qui lui est propre, et qu'à un degré quelconque il est toujours dangereux. Ne penser qu’à se faire valoir, chercher coûte que coûte à plaire, mettre tous ses soins à se parer, pour ne pas dire souvent à se défigurer, se produire avec complaisance comme le paon qui se pavane ; ou, si on ne va pas jusque là, se préoccuper tellement de sa toilette qu’on en est obsédée, et penser dans les moindres circonstances à l’effet que l’on peut produire : avouons que tout cela est bien vil et qu’il y a là plutôt ample matière à s’humilier qu’à s’enorgueillir.
Et comme la jeune fille chrétienne ne sait pas jusqu’où cela peut l’entraîner, au détriment de son âme et de l’âme des autres, elle doit réfléchir, prendre de fermes résolutions et s’appliquer à plaire plutôt à Dieu qu’aux hommes.
L’inconstance
La jeune fille, par cela même qu’elle est naturellement sentimentale et vaniteuse, est facilement inconstante. Il est dans la nature d’une trop grande impressionnabilité de subir des chocs qui ébranlent la volonté et changent les dispositions du moment ; de même que les fluctuations de la vanité rendent l’âme esclave de ses exigences.
C’est pourquoi il y a si peu de consistance souvent même dans les âmes de bonne volonté. On subit des influences, contre lesquelles on ne se défend pas suffisamment, et on trouve comme un dérivatif à ses efforts dans les changements qui se présentent.
Ce n’est pas cependant parce que le cœur de la jeune fille est naturellement changeant, qu’il ne puisse devenir fort, stable et fidèle. Que les considérations sérieuses et le secours de la grâce la rendent ferme et constante dans l’accomplissement du devoir et l’acquisition des vertus.
M. E. de la Croix - — —
Paris. - Avec permission de l’Ordinaire
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Cénacle de la Fraternité Sacerdotale,
La Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières
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Les occupations et agréments
J de la jeune fille
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^ II arrive que bien des jeunes filles se TjP posent cette question. Est-elle justifiée, et ^ ^ est-ce en réalité parce qu’il est si difficile )sj pour elles de s’occuper ? Disons plutôt que
ce sentiment provient de l’irréflexion et ^ s de l’incompréhension de la situation mê- ^0 me de la jeune fille. %|S
^ Par son sexe et sa condition elle n’a |
| pas à poursuivre une carrière que les t
jeunes gens, de par leur état, voient s ’ou- -s^-
Y vrir devant eux ; mais est-ce à dire pour k
Y cela, que l’on est condamné à l’inaction ï
$ totale et que l’on ne peut pas se rendre (|
utile à la famille, à la société et à soi- @3 même ? "{
La jeune fille n’est pas faite pour courir yjjk le monde, et elle doit être heureuse de sa condition qui lui épargne tant de dan- r
gers. Elle ne doit pas non plus se regarder inutile parce qu’elle n’occupe pas dans la société un poste honorable et actif. Sa place est dans l’intérieur et son rôle, quoique effacé, n’en est souvent que plus important et plus fécond.
La mentalité moderne a jeté la femme au dehors, il faut qu’elle rentre au dedans pour se livrer aux occupations qui lui sont propres et sont en même temps une sauvegarde pour sa vertu. Que la jeune fille le comprenne, et suive attentivement la voie que la Providence lui a tracée.
Les agréments comme les occupations lui sont nécessaires, et il lui faut savoir les harmoniser dans sa vie, en en conservant jalousement le cachet et la dignité. Tant pour s’occuper que pour se distraire, elle n’a pas à sortir de son cadre ; ce n’est pas sur la place publique qu’elle va accomplir sa mission, mais bien dans le calme et la paix du séjour familial. C’est, là que Jésus l’attend pour la rendre heureuse et lui faire produire beaucoup de bien.
Les occupations d’intérieur j
Une jeune fille qui a à cœur de se rendre utile j dans l’intérieur de la famille trouve toujours de I quoi faire. Les occasions ne manquent pas et le j devoir est là qui s’impose. S’occuper du ménage, faire la propreté, mettre de l’ordre partout, partager les travaux de cuisine et autres, prendre sa j part des soucis de la mère ou de la directrice de ] la maison ; ce sont là autant d’occupations qui sont du ressort de la femme et qui reviennent justement aux membres de la famille.
Une jeune fille ne pourrait aucunement prétexter qu’elle n’est pas faite pour cela, parce qu’elle n’y a pas de goût. C’est le temps de dire qu’il faut j faire contre fortune bon cœur. Qu’elle y apporte
l’esprit chrétien, en même temps que la pensée de l’accomplissement du devoir, et elle sera heureuse de se sacrifier pour le bien de tous.
Il y a aussi d’autres travaux intérieurs auxquels la jeune fille ne peut rester étrangère et qui sont d’un usage fréquent dans l’entretien d’une maison et les besoins d’une famille ; tels les travaux d’aiguille, de broderies, de tissage et autres. Une jeune fille qui ne saurait manier l’aiguille paraîtrait incomplète. Elle doit donc s’y prêter de bon cœur.
Les travaux d’agrément
Parmi ces travaux il faut classer non-seulement ceux qui sont de pur agrément, comme certains divertissements et jeux de société, qui sont un ! utile délassement, et auxquels les membres d’une famille peuvent se prêter joyeusement en compai gnie de parents et d’amis ; mais encore ceux qui sont d’une réelle utilité, soit pour développer des talents spéciaux, soit pour se perfectionner dans certains arts et métiers.
Tels sont en particulier la musique, le chant, le dessin, la peinture, etc. Il y a là pour une jeune j fille un vaste champ d’agréments propres à la 'délasser au milieu de ses autres travaux plus matériels et à rendre son voisinage plus agréable pour ceux qui l’entourent. Plusieurs en font un sujet de zèle et un mode d’apostolat, pour grouper des compagnes, leur inculquer un esprit plus sérieux et les rendre meilleures. Mieux vaut s’occuper ainsi, que de s’ennuyer à ne rien faire et de chercher à tuer le temps.
| En outre, des agréments on s’emploie à des occupations plus sérieuses, et de celles-ci on s’élève aux choses surnaturelles qui rapprochent l’âme de Jésus et l’y gardent fidèle, but suprême de toute ; vie chrétienne.
La lecture et l’étude
De toutes les occupations et de tous les agréments de la jeune fille, la lecture mérite une place d’honneur ; mais la lecture sérieuse, attentive, celle qui élève l’âme en même temps qu’elle nourrit l’esprit et le coeur. Lorsque la jeune fille a accompli tous ses devoirs de famille et de société, qu’elle se retire dans le recueillement et le silence, qu’elle se livre à des lectures assidues appropriées à ses talents et aux besoins de son âme, et elle éprouvera une joie sereine et paisible, qui la prédisposera mieux ensuite à l’accomplissement de ses devoirs.
Dans cette pensée, qu’elle choisisse soigneusement ses livres et qu’elle ait en vue d’acquérir des connaissances utiles, en rapport avec sa condition. Elle étudierait certaines questions religieuses d’ordre apologétique, scripturaire ou spirituel, qu’elle donnerait un charme de plus à ses heures de loisir. La lecture attentive et réfléchie du saint Evangile lui procurerait, en outre, une précieuse jouissance spirituelle qu’elle n’a qu’à expérimenter.
Occupations, agréments, lectures et prières, il n’en faut pas davantage pour remplir fructueusement la Vie d’une jeune fille. — Résolutions à prendre. Promesses à tenir.
M. E. de la Croix
Paris. — Avec permission de l’Ordinaire.
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Cénacle de la Fraternité Sacerdotale,
La Pointe-du-Lac, près Trois-Rivières
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JEÛNE KIMîE
Les dévotions de la jeune fille
Dévotions et dévotionettes
Ce titre n’est pas pour déplaire à la jeune fille sérieuse et foncièrement pieuse, qui déplore qu’il y ait tant de dévotions superficielles sans aucun résultat pratique dans la vie. La dévotion ne peut être une affaire de pure sentimentali té, ni un simple passe-temps, ni une piété de surface, ni un article fantaisiste de religion. Elle doit exprimer les sentiments profonds du cœur et être le fruit d’une religion bien entendue fondée sur les vrais principes de la spiritualité et de la morale.
On est dévot, parce que l’on est pénétré de l’esprit chrétien et que l’on trouve dans sa dévotion un moyen de devenir meilleur et une grâce spéciale pour pratiquer plus généreusement la vertu. La dévotion ainsi comprise a des charmes
et est à l’abri des fluctuations du caprice et de l’imagination.
Par contre, la dévotion sensitive et d’occasion n’est que passagère ; et si elle amuse un instant les âmes superficielles, elle n’y laisse aucune trace d’amendement et de perfection.
Le parti de la jeune fille doit donc être vite pris : qu’elle élimine tout ce qui sent la pure dévotionette, et qu’elle soit sérieuse et réfléchie dans ses dévotions comme dans tout le reste.
La dévotion n’est après tout que la manifestation des sentiments et des besoins de l’âme ; et c’est pourquoi elle fait partie de la vie chrétienne. La jeune fille pieuse choisira donc parmi les dévotions celles qui lui conviennent davantage, en vue des intérêts sacrés de son âme. Il en est toutefois de plus essentielles que les autres et qui sont à la base de toute vie chrétienne. Ce sont celles-là seulement que nous indiquons ici.
La dévotion eucharistique
Mot impropre, mais en usage toutefois, quand il s’agit de nos devoirs sacrés envers la Personne adorable de Jésus. C’est plutôt un culte que nous lui rendons, un culte nécessaire, un culte qui prend racine dans les profondeurs de l’âme hu- J maine, un culte qui est l’expression de tous nos j devoirs vis-à-vis du Dieu qui nous a créés, qui J nous a rachetés et qui sera notre récompense éternelle. j
Culte d’amour et de suavité divine. Ce Jésus qui est descendu du ciel pour nous sauver, qui nous a donné sa vie et qui règne dans la gloire, il est là en personne, dans tous les tabernacles du monde. Il m’appelle, Il veut m’aimer de plus près,
Il m’ouvre son cœur pour m’y laisser pénétrer, Il ensoleille ma vie, Il marche à mes côtés. Il me I
soutient, me console, me fortifie, me purifie et me pardonne.
C’est de Lui que la jeune fille a besoin, c’est à Lui qu’elle doit attacher son cœur, c’est sur Lui qu’elle doit se reposer, c’est pour Le consoler qu’elle doit Lui rester fidèle. Que sa pensée lui devienne habituelle, que son amour l’inspire en tout, que le désir de Lui plaire et de Lui ressembler la rende forte et magnanime dans l’accomplissement du devoir et l’acquisition de toutes les vertus.
Culte et dévotion pleins de charmes ! Attraction toute divine ! Plénitude de vie spirituelle ! Grâce incomparable ! Jésus est là ! Quelques pas, et la jeune fille est à ses pieds ! Quel empressement ne doit-elle pas avoir d’aller visiter ce divin Prisonnier d’amour, de prolonger les moments passés dans sa compagnie.
Et le matin, lorsqu’il s’immole sur l’autel par la main du Prêtre, n’est-ce pas l’heure propice pour la jeune fille de venir participer à ce divin Sacrifice ! Si elle aime et en comprend la valeur infinie, elle saura au besoin abréger son sommeil et s’imposer des sacrifices, pour accourir au banquet divin où Jésus se donne Lui-même et si libéralement en nourriture.
Jeunes filles, demandez cette grâce ; faites de Jésus au Très Saint Sacrement l’objet de votre culte d’amour et le centre de toutes vos dévotions.
La dévotion Mariale
La Très Sainte Vierge étant inséparable de Jésus, sa dévotion n’en fait qu’une avec celle de l’Eucharistie. Pour apprendre à aimer Jésus, l’âme chrétienne doit s’adresser à sa Mère ; pour aimer Marie, il n’y a qu’à puiser l’amour dans le cœur de son Fils Jésus.
Quelle est la jeune fille qui n’aime pas la Très Sainte Vierge ? Autant vaudrait dire : quelle est la fille qui n’aime pas sa mère. Il n’est donc pas à craindre que sa dévotion filiale soit jamais exagérée ; mais pour être sincère et fructueuse, elle doit être une dévotion d’imitation. C’est pour l’aimer toujours davantage que son cœur se porte vers elle, mais c’est pour lui ressembler qu’elle veut tant l’aimer.
Aussi, si elle veut rester pure, qu’elle recoure à Marie ; si elle veut être toujours secourue, qu’elle mette sa confiance en Marie ; si elle veut avancer dans la vertu, qu’elle marche sur les traces de Marie. D’où, grande piété dans tous ses exercices en l’honneur de Marie ; et en particulier, fidélité à la récitation quotidienne du chapelet.
L’aimable Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
En associant cette dévotion à celles de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, la jeune fille trouvera un modèle parfait des vertus qui la doivent caractériser : la simplicité, la pureté et l’amour.
Jeune fille au cœur aimant, aimez «Thérèse » ; elle vous révélera les secrets de l’amour et de la sainteté.