‹ Rôle de la bronchoscopie dans les abcès du poumonChapitre 16 sur 21 · ROLE PRONOSTIQUE · texte numérisé non relu

ROLE PRONOSTIQUE

Les renseignements fournis par la bronchoscopie permettent d'établir un pronostic plus net. Elle seule en particulier révèle la trachéo-bronchite associée à l’abcès. Le rôle de cellec-i est considérable pour Chevalier-Jackson. Elle entrave le drainage ciliaire qui ramène vers le larynx les sécrétions normales ou pathologiques expulsées par la toux. Elle crée un obstacle important à l’évacuation du pus en maintenant fermée une cavité qui doit rester ouverte.

Si la lumière des bronches de drainage est libre et la muqueuse peu altérée, le poumon pourra exercer son « action défensive naturelle >» avec plus d’efficacité. Ainsi dans quatre cas d’abcès aigus (obs. I-III- IV et V) la muqueuse bronchique est seulement rouge, congestionnée, l’œdème inflammatoire se résorbe après adrénalino-cocaïnisation, la perméabilité est facilement rétablie, trois à cinq séances de bronchothérapie suffisent pour amener la guérison. Par contre, dans le cas des deux abcès aigus mortels (obs. II et VI) la muqueuse est ulcérée, bourgeonnante, saignante, elle est le siège de fongosités et de granulations. Le calibre bronchique reste très réduit même après écouvillonnage à l’adrénaline. Le pus s’écoule

PROD. pe

mal. Les aspirations n’amènent aucune amélioration, même passagère.

Dans les deux cas d’abcès traînants (obs. VII et VIID) la guérison est lente (15 et 18 aspirations) par suite des lésions importantes de l’arbre trachéo-bronchique. Mais ici on peut espérer dès les premières aspirations un résultat favorable par la seule bronchothérapie. En effet, le nettoyage adrénaline-cocaïne habituel favorise nettement le drainage de l’abcès; 60 à 150 gr. de pus sont retirés à chaque séance et l’on voit à chaque séance l’amélioration de la trachéobronchite.

Dans la constatation d’ulcérations multiples sur une muqueuse trachéo-bronchique œdématiée réagissant mal à l’adrénalino-cocaïnisation fait penser à une infection grave. (À ce propos disons que souvent le degré de virulence des germes en cause a plus d’importance que leur nature pour le pronostic. Que les abcès traités soient putrides ou non, les résultats obtenus sont dans la majorité des cas aussi satisfaisants).

Inversement, la constatation d’une muqueuse se rétractant bien, de bourgeons inflammatoires dont la tendance à se reproduire diminue de plus en plus est d’un meilleur pronostic.

Tous ces renseignements sont précieux pour la conduite du traitement.

ROLE THERAPEUTIQUE

L’obstruction bronchique empêche le drainage et le drainage domine la thérapeutique de l’abcès. Tout abcès fermé ne guérit pas. L’abcès pulmonaire, comme les autres, pour guérir, doit se vider. Quel que soit Pagent pathogène, il faut un drainage parfait pour que le poumon conserve ses réactions défensives naturelles. « Le drainage est un point capital, raison d’être des manœuvres bronchoscopiques » (Soulas). Grâce au bronchoscope, on peut améliorer le drainage de plusieurs façons :

a) Par l'extraction du corps étranger, s’il y en a;

b) Par l’aspiration de pus épais plus ou moins solidifié sur la muqueuse;

c) Par le rétablissement du calibre trachéo-bronchique. L’œdème se rétracte sous l'influence d’un porte-coton imbibé d’adrénaline et de cocaïne, les bourgeons peuvent être réduits avec une pince, l’arbre trachéo-bronchique tout entier peut être nettoyé et ainsi on lui restitue sa fonction évacuatrice qu’il tient de ses cils vibratiles. Localement on peut injecter 10 cc. d’huile eucalyptolée à 1 % et cocaïnée à 1/30 qui prolonge la vaso-constriction, modifie la fluidité des sécrétions et favorise leur expulsion. On peut

même faire barboter plusieurs fois de suite 5 à 6 cc. d’huile eucalyptolée jusqu’à ce que le liquide ressorte clair.

Conduite du Traitement I] faut l’envisager d’après l’âge de l’abcès :

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