‹ Rôle de la Parasitose dans le Mécanisme de l'invagination caecale chez l'AdulteChapitre 23 sur 37 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

M'° C. M... 15 ans. Vue en pleine crise douloureuse de la fosse iliaque droite. Syndrome appendiculaire, mais ni fièvre, ni vomissements. Intervention dix heures après diagnostic. Nous nous trouvons devant une invagination cæcale, très facilement réductible. Ablation de l’appendice, bien que non lésé. Devant la mobilité du cæcum, pexie à la paroi.

Pas de crises antérieures, mais oxyurase chronique.

Bonnes suites opératoires.

Dans l’ensemble de ces cas, les caractères com-

muns ont été :

Séméiologie. — Syndrome appendiculaire, douleurs de la fosse iliaque droite avec signes de sub-

occlusion, sans vomissements et sans fièvre ;

Intervention. — Incision de Mac Schuller, permettant au besoin de remonter en cours d’intervention. Les invaginations ont toujours été facilement réductibles, mais on a toujours

constaté une tendance à la réinvagination.

Le DT Guias donne à cette tendance une explication personnelle : elle serait due à un mécanisme purement physique. L’œdème provoquerait le fait sui-

vant :

La paroi externe invaginée est comprimée, la paroi

interne muqueuse s’œdématie et se distend. Après

UT

réduction, la paroi externe étant de moindre superficie que la paroi interne, se gondole et les voussures sont dans la lumière de l'intestin.

Cette explication — d'ordre purement physique — entraîne le D' Guias à toujours pratiquer, lorsqu il se trouve devant une invagination cæcale, une cæcopexie à la paroi.

Les suites opéraloires ont toujours été très bonnes. On n’a jamais observé de rechutes, ni de douleurs abdominales à type appendiculaire ou de sub-occlu-

sion,

En résumé : il ressort de cette deuxième série d'observations que sur 5 cas, le diagnostic d’appendicite a été porté quatre fois, celui d’occlusion intestinale une fois.

Dans un cas, il existait de l’oxyurase chronique.

Dans un autre cas, dans les antécédents pathologiques existait une oxyurase du jeune âge.

dans l'invagination

Nous ne voulons pas affirmer que la parasitose soit une cause déterminante de ce mécanisme encore mal expliqué de l’intus-susception iléo-cæcale, ou colcæcale.

Mais nous ne pouvons nous empêcher de constater la fréquence relative des parasitoses dans les cas d’invagination.

Le fait que presque tous les malades ont déjà eu un passé abdominal douloureux, sans aucun caractère particulier : douleurs vagues, coliques, etc... indique qu'il existait chez eux de ces lésions difiuses que l’on embrasse sous le nom collectif de typhlite ou de péri-

typhlite. Anatomiquement, les trouvailles sont géné-

ralement négatives.

Nous voici, bien malgré nous, ramenés à la période où adversaires et contempteurs de la notion d’appendicite se faisaient une guerre acharnée dans la littérature médicale internationale.

Et nous voici cependant, empêchés de prendre position. Mac Burney affirmait la lésion, ses adversaires la contestaient.

RU IUE

Les théories neuro-végétatives, la question de l’intervention intestinale aux lueurs de la physiologie ont depuis cette époque modifié du tout au tout la conception primitive de l’idée de typhlite.

Une excitation d’origine exogène — et il nous est bien forcé de nommer exogène une parasitose — peut, par irritation d’un point intestinal localisé, ou par excitation d’une zone riche en éléments réflexogènes, provoquer des troubles d’ordre réflexe, de caractères tout à fait différents : le spasme vasculaire, l’épimepsie réflexe, l’hyperkinésie intestinale, hyperpéristaltisme à tendance spasmodique, qui sont susceptibles ou d’aggraver une stase cæcale préalable-

ment instituée, par malformation anatomique.

Les cas de parasitose intestinale constatés au cours des invaginations intestinales ne sont d'ailleurs pas

exceptionnels.

Nous devons reconnaître qu’ils sont généralement des cas s'appliquant à des parasites de dimensions respectables qui, outre les accidents mécaniques, sont susceptibles d’être à eux seuls, des éléments d’obstruction intestinale.

Kappeler, dans les Virchow Archiv für Pathologischer Analomie, rapporte en 1921, un cas d’invagination intestinale, avec trouvaille opératoire d’un nématode localisé immédiatement à la tête du boudin d’invagination.

Dunant et Koechelin, dans la Revue Médicale de la

Suisse Romande signalent en 1922, un cas d'invagi-

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