HISTORIQUE
Widal en 1914, et à sa suite ses collaborateurs Larmoyez, Abrami, Brissaud et Joltrain, montrent bien d’ailleurs que certains syndromes cliniques ne sont pas dus à une atteinte chimique des tissus mais à une sensibilisation par divers antigènes qui préparent le déclanchement de symplômes variés. Cés manifestations ne manquent pas de se produire lors d’une injection déchainante ou d’un contact antigénique. Elles sont d'ordre physique. Il s’agit de la rupture de l'équilibre colloïdal plasmalique et du dérèglement du système neuro-végétatif. Déjà à cette époque, nous voyons successivement apparaître la notion de crises vasculo-sanguines de crises
hémoclasiques, et de crises colloïdo-clasiques.
En outre, Widal établit un groupe de maladies aller- | giques se caractérisant soit par des chocs anaphylactiques internes ; traduits par le collapsus et les syndromes d’hypotension : soit par des manifestations locales : viscérales, nerveuses ou cutanées. Ainsi, la notion « d’intolé-
use
race », qui est à la base de tant de dermatoses, prend le pas sur la notion « d'intoxication », Widal et Abrami montrent que bon nombre d’affections dermatologiques évoluent sur un terrain déficient dû au mauvais fonctionnement de nos organes internes : ils soulignent en particulier, le rôle prépondérant que joue le foie dans les états d'intolérance. Dans leurs conceptions, le tube digestif, les reins, le système nerveux tiennent également un rôle de premier plan. Mais cette notion de terrain s’accompagne pour eux de celle de sa modification heureuse par le traitement hydro-minéral. Ils ont donc mis au point la question des dermatoses anaphylactiques, en se plaçant sur le plan général : celui du terrain. N'’avait-on pas, depuis longtemps déjà, cherché à utiliser l'eau thermale : comme agent modificateur ? Il est intéressant de voir tout le parti qu'on à pu tirer des eaux thermales adminis- Lrées in-situ dans maints états pathologiques. Nombreux, en effet, sont les chercheurs qui ont utilisé les eaux minérales sous la forme d’injections intra-tissulaires dans de nombreuses affections, en particulier les chocs anaphylactiques, but de notre étude.
En 1870, les auteurs italiens signalent la possibilité d'injections intra-tissulaires d’eau minérale. En 1879, le Docteur Aguilhon injecte dans la veine fémorale d’un chien de 35 livres, 35 grammes d'eau de Châtel-Guyon. L'animal n’a aucun malaise. L'innocuité de telles prati-
ques élait déjà démontrée.
En 1894, Drech d'Ax-les-Thermes, pratique à son tour des injections sous-cutanées d’eau thermale, sulfu-
reuse en l’occurrence,- parce qu'il considère celle eau comme une véritable « Iymphe minérale », un « liquide
aseptique obtenu à peu de frais ».
En 1896, M. Depierris essaie des injections hypodermiques d’eau de Cauterets-la-Raïllière chez un tuberculeux. Les alternatives d'amélioration et d’aggravation ne lui permettent malheureusement pas d’ériger cette mé-
thode en système.
En 1899, le Docteur Glénard de Vichy, envisage les eaux de Vichy comme un sérum artificiel. I pense que l'action phiarmacodynamique de Peau thermale serait beaucoup plus efficace en injection sous-cutanée qu'en .
ingestion dans l'estomac.