‹ Role Des Injections Intra-Dermiques D'Eau De La Bourboule Dans Les Dermatoses AnaphylactiquesChapitre 6 sur 14 · D'EAU THERMALE · texte numérisé non relu

D'EAU THERMALE

. Le Professeur Billard, de Clermont-Ferrand, a mis au point ces notions d'anaphylaxie et les à vraiment codifiées. C'est en 1910, à une époque où personne ne rapprochait les troubles diathésiques de l'anaphylaxie qu'il établit son célèbre syllogisme, faisant ce rapprochement : « Les cures hydro-minérales s'adressent surtout aux états diathésiques qu'elles améliorent. Or, dans ma conception, les états diathésiques sont des états anaphylactiques, par suite les eaux minérales guérissant les diathèses doivent supprimer les chocs anaphylactiques. Or, les eaux minérales suppriment le choc anaphylactique ainsi que je l’ai démontré tout d’abord à Royat ». De cette façon se trouve établi le bien-fondé de la conception de Billard. Et, fait important, c’est 'en étudiant avec Ferreyrolles, de la Bourboule, les intolérances de certains

malades aux cures thermales qu'il s’est engagé sur cette

Le

voie. [1 a saisi le parallélisme curieux existant entre la

Cotes

durée des cures et l'incubation anaphylactique ; trois semaines sont nécessaires pour qu'un animal soit sensihilisé ; trois semaines également pour qu'une cure thermale soit efficace. De même, en collaboration avec Mouwcot et Aubertot, il sensibilise un animal par une injection de sérum de cheval et d’eau minérale. Au bout de >1 jours pendant lesquels l'animal ne reçoit aucun traitement, on pratique l'injection déchaînante de sérum. En comparant avec les animaux témoins, il vit que les eaux thermales avaient bien un pouvoir anti-anaphylactique. Puis ce furent les travaux de Billard sur la rétro-anaphylaxie par le bleu de méthylène, en collaboration avec Mougeot el Ferrevrolles qui ont montré que l’injection d’eau minérale n’agissait pas sur l’antigène, mais sur les lipoïdes de l'organe récepteur. L'eau minérale renforce, avec ses sels, la barrière lipoïdique de la cellule par la formation de savons ‘insolubles. Pour Billard, c’est l'équilibre lipoïdique de la cellule qui règle normalement les échanges et l’anaphylaxie n'est que la rüpture de cet équilbre et lintroduction dans la cellule de substances étrangères. Telle est la théorie de l’anaphylaxie que Billard a exposée en 1920. Comment se fait cette rupture à Considérons un cas d’anaphylaxie provoqué par une albumine. Cette albumine est, en réalité, un complexe lipide-protide, et de ce complexe, seule la partie lipidique est retenue dans l'organisme lors de l'injection préparante parce que seule soluble dans les lipides constitutifs. Il en découle une nouvelle disposition des constituants cellulaires de l'animal préparé, dans lesquels la parue lipidique devient lipide homogène-lipide hétérogène. C'est lors de l'injection seconde que les lipides

hétérogènes permettent, par leurs affinités naturelles, le passage de l’albumine étrangère à travers la membrane cellulaire, Pour Billard, les procédés divers d’anti-anaphylaxie tendent tous à mobiliser les lipides hétérogènes par l'intermédiaire des savons qui les entraînent et les éliminent. Ainsi s’éclaire ce que Billard appelait « le lessivage de l'organisme », le renforcement dé la « bar- rière lipoïdique de la ceHule-par la formation de savons insolubles ».

Billard enfin à montré que l’eau de Choussy-Perrière, | injectée de toutes façons, par toutes les voies des sérums artificiels, était bien toléreé par les animaux el pourrait atténuer les effets d'une perte de sang, même conséquente (expérience sur des chiens qui, après un prélèvement de 500 cm de sang, étaient ramenés à la vie par des injections d’eau de Choussy). D'ailleurs Billard n'avait-il pas utilisé les eaux thermales pour faire germer des graines, pousser des plantes ? Dans son laboratoire, on pouvait observer des séries de tubes à essai contenant de l'eau des différentes stations thermales d'Auvergne. Dans ces éprouvettes élaient placées des branches ; la croissanee des feuilles différait pour chacune d'elles, c'était d’ailleurs pour Billard une manière de classer les eaux thermales d’après leur action sur la pousse des feuilles. De même, il montrait aux visiteurs de son laboratoire des graines arrosées, au préalable, avec des eaux thermales provenant de sources différentes. La germination, Rà encore, était plus active pour certaines d’entre elles. Ces épreuves concouraient toutes, dans l'esprit de Billard, à la même démonstration : les eaux thermales se condui-

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sent comme de véritables sérums physiologiques, c'està-dire qu’elles contiennent en proportions variables, les divers éléments minéraux, qui entrent dans la composition des humeurs et des tissus. Billard avait publié les résultats de ses premières injections d’eau de Choussy- Perrière, en 1909. Mais, pour répondre aux objections concernant la non-isotonie de l’eau thermale, 1l montre par la suite que l’eau minérale est un véritable milieu dans lequel peuvent vivre sans grand dommage des cellu-

les, tissus et organes (expériences sur la grenouille).

Ces travaux de Billard ont d’ailleurs été repris ou complétés par ses collaborateurs et ses élèves. C'est Gastou et Ferrevrolles, de la Bourboule, qui, en 1912, montrèrent que l’eau de Choussy se comporte comme un véritable sérum médicamenteux arsénical, avant une action favorable sur l’anémic expérimentale du lapin et pouvant provoquer une rénovation globulaire.

Fleig, de Montpellier, en 1908, utilise le premier la voie intra-veineuse pour les injections d’eau de La Bourboule et obtient de bons résultats : dans le diabète, l’anémie, l’eczéma et le psoriasis.

Daupeyroux - thèse de 1912 - montre que l'on peut injecter Cinquante centimètres cubes d'eau pendant trois jours à un sujet atteint d’eczéma et qu'on obtient une amélioration d'état général et une reprise de l'appétit.

Ferreyrolles, en 1919, est allé jusqu'à supposer que les eaux de La Bourboule avaient un rôle à jouer dans l’immuünité acquise,

Thérèse Brosse, de Royat, étudie en 1932 le rôle des ‘facteurs physico-chimiques de la crénothérapie dans les manifestations anaphylactiques.

Clogne, Valette et Mme Drilhon ont étudié, à la même époque, le rôle de Ja peau dans la thérapeutique thermale de La Bourboule. Ces auteurs ont aussi montré que l’eau naturelle, prélevée au griffon, est plus active que les eaux artificielles de la même composition. De plus, ils ont pu expérimenter l'effet anti-anaphylactique des eaux du

Mont-Dore et leur rôle dans la régénération sanguine. è 5

Enfin, plus récemment, Ferreyrolles, dans le journal médical français (1938), s’est demandé si l’on ne pour-

rait pas utiliser l’eau minérale pour désensibiliser un malade atteint d’une affection que l’on peut rattacher à

.l’anaphylaxie. « Ne pourrait-on pas protéger », dit-1l, « pendant un temps plus ou moins long, l'organisme

contre les accidents anaphylactiques puisque l’eau miné-

rale s’est montrée un merveilleux désensibilisateur. De

plus ne pourrait-on pas étendre les travaux de Billard

concernant l’action des eaux minérales sur les lipoïdes du névraxe et étudier avec intérêt leur action sur les lipoïdes

de la peau ? De mênie que certains poisons se fixent au

niveau des divers lipoïdes de l’organismé, de même les

eaux minérales peuvent se fixer à la fois au niveau des

lipoïdes de plusieurs systèmes et inactiver ceux qui pour-

raient s’y fixer. | Toutes ces hypothèses, tous ces travaux si variés en ap-

* parence, forment un tout en réalité. Ils gravitent tous autour de ces phénomènes anaphylactiques de cette no-

tion humorale qui régissail la médecine du siècle passé. Mais ils s’éclairent d’un jour nouveau à l'heure actuelle où la médecine moderne intègre dans son domaine perfectionné sans cesse par le progrès scientifique, ces vierlles nolions de terrain, de neuro-arthritisme, « d’humeur ». Il était tout naturel, pour un dermatologiste de chercher à faire progresser ces questions si riches de promesses, de faire la synthèse de ces ancienpes données philosophiques et des résultats de la science moderne. Iétait naturel que l'Ecole de thermalisme Auvergnat, au sein de l’Institut d'Hydrologie de Clermont-Ferrand, tentât cet effort. C’est dans cet institut que le professeur Billard, avait fait ses premières constatations mais s'était heurté à l'impossibilité de garder une eau thermale « vivante » selon sa propre expression. Son expérimentation relative aux eaux de Châtel-Guyon lui a montré qu'il était indispensable de n'utiliser que des « eaux absolument Himpides » ? Ces eaux embouteillées donnent rapidement un dépôt qui va croissant avec le temps par suite du départ, croyait-il, de l'acide carbonique ou d’autres raisons qui lui échappaient alors. I avait signalé aux chercheurs que, seule, l’eau prise au griffon de la source avait alors sa véritable valeur anti-anaphylactique.

En 1935, Mme le Professeur Blanquet donna une nouvelle impulsion à toutes ces hypothèses, elle éclaira d’un jour nouveau l’utilisation thérapeutique des eaux thermales puisqu'elle parvint à résoudre le problème de la floculation et par là même celui de la conservation des eaux minérales. Elle insista tout d’abord, ainsi que l'avait:

fait Billard, sur la différence qui existe entre « l’eau vi-

tue

vante » et l’eau embouteillée. Pour elle, cette différence est dûe au phénomène de la floculation. Elle émit l'hypothèse que cette floculalion était l'oxydation des sels ferreux contenus dans l’eau thermale. Lorsque lhvdroxyde ferrique se forme au sein de l’eau, il est à Pétat colloïdal, mais il ne tarde pas à floculer, entraînant avec lui d’autres éléments, notamment les colloïdes préexistant dans l'eau. Par conséquent, une eau vivante n’est plus, après

floculation, qu’une simple solution saline.

Mme Blanquet vérifia expérimentalement ces données en introduisant dans une cuve de Biltz une eau minérale ayant été mise en contact avec Pair : on observa l’apparition de micelles beaucoup plus nombreuses que celles des colloïdes originels. Au bout d'un certain temps le nombre des micelles cesse de croître et on assiste à leur floculation. Elles s'alourdissent, perdent peu à peu leurs mouvements Browniens et se transforment en amas 1mmobile de dimension microscopique. Mme Blanquet s’est ensuite attachée à déterminer le signe de ces colloïdes par cataphorèse. Elle introduisait dans la cuve des fils émail-lés d’un millimètre de diamètre, dénudés sur les sections terminales distantes, elles-mêmes de deux millimètres et munis d’une différence de potentiel de quatre volts. C'est alors qu’elle à constaté qu'il s'agissait bien d’un colloïde positif, ce qui est bien le signe de l’hydroxyde ferrique.

Aucune expérience de ce genre n'avait été faite jusqu'alors. C’est à Mme Blanquet que revient le mérite d'en avoir échafaudé toute la structure et d’être parvenue ainsi à souligner les vertus thérapeutiques d’une eau

non floculée.

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Mine Blanquet et son élève, Mlle M.-T. Régnier, ont démontré l’action curative de l’eau non floculée sur l’anémie expérimentale des rats, sur leur croissance et leur taux d'hémoglobine. Elles ont décelé le pouvoir phylactique, protecteur des eaux minérales non floculées. N'ont-elles pas réussi à faire vivre des cyprins dans des solutions de nitrate d’aconitine en présence d’eau minérale non floculée, les mêmes cyprins meurent dans une eau floculée additionnée de nitrate d’aconitine. Ces expériences donnaient une orientation nouvelle aux thérapeutiques thermales. Désormais, on était certain qu’une eau thermale était bien vivante lorsqu'on empêchait sa floculation. I! ne s'agissait plus que de la conserver dans cet état avec toutes ses propriétés thérapeutiques. C'est ce que Mme Blanquet et ses élèves ont pu réaliser. Dans leur laboratoire de l’Institut d'Hydrologie de Clermont il existe, depuis plusieurs années, des bouteilles d’eau minérale non floculée provenant des stations thermales voisines.

Il est actuellement possible de conserver une eau minérale vivante pourvu qu'on la maintienne au contact de son gaz thermal et à l'abri de l'oxygène. Signalons enfin qu'il existe un test facile permettant de différencer une eau floculée d'une eau non floculée :: Il n’est que de remplir à moitié un tube à essai avec l’eau minérale à essayer et d’y ajouter deux gouttes de Benzidine en solution aseptlique et deux gouttes d’eau oxygénée à 10 volumes. Une belle coloration bleue apparaît si l’eau n'est pas floculée, tandis que l’eau reste incolore si elle est floculée,

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C'est, en effet, orâce aux éminents travaux de Mme Blanquet qui ont ouvert une voie nouvelle dans la science hydrologique, que nous avons pu entreprendre nos recherches qui sont l'objet de cette étude. Nous avons débuté par des injections intra-dermiques d’eau de La Bourboule recueillie et mise en ampoules à l'abri de l'air au Griffon de la source Choussy-Perrière (procédé de Mme Blanquet). Il faut d’ailleurs remarquer que l’eau de la source Choussy donne un dépôt très faible en floculant, bien que la réaction de la Benzidine soit positive au Griffon et négative après l’action de l'air.

Nous les avons praliquées sur des'malades de P'Hôtel- Dieu de Clermont-Ferrand. Le Docteur Griveaud a bien voulu nous confier les malades de son service de dermatologie et le professeur Paillard quelques hospitalisés de son service de Médecine générale. Nous avons choisi de préférence des sujets dans le passé desquels on pouvait relever des stigmates de neuro-arthritisme et nous avons d'abord pratiqué des. injections intra-dermiques à l’endroit même où la dermatose était à son paroxysme.

B... Pierre, 36 ans, est un malade soigné dans le Service de dermatologie du Docteur Griveaud pour de l’ichtyose, mais qui présente en même temps de l’eczéma des deux jambes. Dans ses antécédents héréditaires, rien à signaler, Dans ses antécédents collatéraux, on note que l’une de ses trois sœurs a présenté des crises

d'asthme et de l’eczéma diathésique.

Dans ses antécédents personnels on trouve : de

l'ichtyose hérédifaire mais pas de maladies de jeunesse.

A l’âge adulte, un épisode bronchitique aigu s’est manifesté pendant l'été 1927. Les mêmes crises réapparaissent en été et en hiver. À la même époque, il est ateint de rhume des foins et d'asthme nocturne estival

(ce dernier calmé par des cigarettes de Datura).

C'est en novembre 1925, soit à l’âge de 55 ans, que

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l'eczéma à commencé à se manifester. [ se traduisait par du prurit d’abord généralisé, puis localisé aux deux membres inférieurs, (mollet et chevilles) et par une éruplion suintante. Il a été soigné, à cette époque, par des pansements humides après nitratage et des applications de pommade à l'oxyde jaune de mercure, dans le service du professeur Merle. La poussée a duré trois mois. Le Docteur Bataille a pratiqué ensuite l’auto-hémothérapie et a prescrit l'emploi de la pommade « Cadum » qui n'ont eu qu'un effet temporaire.

Actuellement, 10 janvier 1947, il présente une érup- Lion d’eczéma diffus des deux jambes qui, au niveau du mollet gauche, revêt l'aspect d’un placard prurigineux ; le tout sur un terrain d’ichtyose généralisée. On a pratiqué des injections intra-dermiques d’eau de Choussy- Perrière sur le mollet gauche et sur la malléole externe de la même jambe le mercredi 15 janvier 1947. Le prurit el le suintement ont cessé deux jours durant et ont repris le samedi 18 janvier.

Des injections pratiquées au niveau des Ké$ions sur l'autre jambe, les 17 et 19 janvier, font également cesser le prurit pendant 48 heures. Le suintement, de son côté, a diminué et les lésions se transforment en simples placards prurigineux, Aussi essaye-t-on, le mois suivant. de nouvelles injections intra-dermiques (22 février 1947) qui font cesser le prurit. Il s’est donc avéré, chez ce malade, que l’on arriverait À juguler les éruptions en les tenant sous la dépendance d’injections d’eau minérale de La Bourboule, espacées seulement de quarante-huit heures.

ME enT 0 OBSERVATION N° 2 Mme N... Jeanne, 66 ans.

Est une malade soignée dans le Service du Profes: seur Paillard, pour une insuffisance cardiaque ancienne mais qui présente en outre, du rhumatisme déformant des articulations radio-carpiennes et des placards de prurigo circonsérit.

Dans ses antécédents personnels, on relève une insuffisance cardiaque survenue à l’âge de quarante ans, un goître apparut sensiblement au même âge, date de sa ménaupose. Son rhumatisme déformant s’est installé depuis ce temps-là, localisé d’abord à l'épaule, puis au poignet. Il avait été précédé par de la raideur articulaire, des craquements ; les migraines que la malade avaient eues dans son Jeune âge avaient cessé à celte époque tous stigmates de neuro-arthritisme..

En janvier 1946, la malade à présenté un eczéma pour la première fois. Il était localisé à l’avant-bras droit. Il dura six mois et rétrocéda par l’hyposulfite de soude et l’auto-hémothérapie. Il a repris en février 1947, circonscrit aux articulations radio-carpiennes. Îl revêt le type prurigineux et lichenifié du prurigo circonscrit et se présente sous la forme de médaillons.

Le 19 février 1947, on fait une première injection intra-dermique de 5 cm° d’eau de La Bourboule.

Le 20 février 1947, le prurit, qui est surtout nocturne a cessé. On refait alors une deuxième injection au

même endroit et à l'articulation du bras opposé (bras

sauche).

Le 22 février 1947, le prurit a cessé pendant ces deux jours. [Il reprend au poignet gauche. Aussi refait-on des injections intra-dermiques et sous-cutanées aux deux

poignets avec même résultat.

C'est alors que l’on essaye, le 25 février, une inJeclion intra-veineuse de 2 cm’ au pli du coude gauche, cependant, qu'à droite, on se contentait d’injections intradermiques. Le résultat fut très net. Du côté gauche injection intra-veineuse, le prurit disparaissait pour plusieurs jours cependant que le bras droit redevenait prurigineux au bout de 48 heures. Les formules sanguines et les qumérations globulaires que le Docteur Vaurs a bien voulu nous établir pour chacun de nos malades ont montré ici que les injections d’eau thermale provo-

quaient une augmentation des polynucléaires.

Ces expériences tendraient à prouver que pour des lésions bien localisées et siégeant aux membres supérieurs, On pourrait obtenir des résultats heureux en utilisant la voie intra-veineuse pour les injections d’eau

thermale:

‘OBSERVATION: N° 3 M. B... Régis, 55 ans.

Toxidermie à la pommade d'Helmerich appliquée pour

traitement de gale. Service du Professeur Griveaud.

C'est un malade qui à présenté, le 6 novembre 1946, une toxidermie à la suite d’une application de pommade d’'Helmerich. Les bulles et'les vésicules se succèdent depuis cette date sur les bras et les jambes. Le traitement qui lui fut institué, salle Fournier, à l’Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, et consistant en liniment oléo-caleaire, suivi de pâte à l’eau donne une rétrocession des lésions. Maïs à la place, il reste, à l’heure actuelle (janvier 1947) des placards prurigineux localisés à aux avant-bras

et à la face antéro-interne des cuisses.

On pratique le 15 janvier 1947 une série d’injections d’eau de La Bourboule sur un placard de la face externe de l’avant-bras droit, de l’avant-bras gauche et sur le

dos de la cuisse droite.

Pendant trois jours, le prurit a disparu. On réitère les injections, le 22 janvier courant, sur le placard de la jambe : la moitié supérieure fut injectée d’eau de La Bourboule et la moitié inférieure d’eau distillée. Ce test, destiné à prouver que l’action de l’eau thermale n'était pas seulement mécanique (dilacération simple des tissus) mais essentiellement pharmacodynamique, fut couronné de succès. Le prurit disparaissait dans la partie injectée d’eau de La Bourboule, cependant que la partie injectée

d’eau distillée était irritée et non calmée.

En effet, sur les conseils du Docteur Griveaud, nous avons tenté l'injection d’eau distillée aux lieux et places de l’eau thermale. Il était intéressant de voir si l'action désensibilisante de l’eau thermale n'était pas due à une simple distension mécanique du derme. .

Notons que le prurit cessa définitivement chez ce

malade et qu'il n’est plus réapparu.

Réaction prurigineuse et pyodermique après pédiculose.

M. Y..., Langeac.

Ce malade fut hospitalisé dans le Service du Docteur Griveaud pour une pyodermite survenue après une pédiculose (poux de corps). Cette affection était accompagnée d’une réaction prurigineuse généralisée.

Lorsque nous l'avons vu, le traitement avait atténué cette dermatose ; il ne restait plus qu'une réaction prurigineuse et suintante aux deux épaules et aux bras.

Nous avons pratiqué, tout d’abord, le 20 février 1947, une injection intra-dermique au niveau de l'épaule gauche. Le prurit a cessé à cet endroit mais non à l’épaule opposée qui a servi, si l’on peut dire, de témoin. Le 22 février, nous avons pratiqué une injectfon intraveineuse de 3 cm d’eau de Choussy-Perrière. Le suintement avait beaucoup diminué. Il était presque inexistant. Le prurit avait disparu complètement dans les jours suivants pour ne pas revenir. Il a suffi d’ un traitement local pour parachever la guérison.

Ce cas nous montre que des lésions, même purement irnitatives et d'origine exclusivement parasitaire, peu:

CNPÉNITER

SARA à

vent être influencées par les injections intra-tissulaires d’eau thermale.

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