‹ Rôle du pH urinaire dans le traitement de la blennorragie aiguëChapitre 11 sur 16 · PRE · texte numérisé non relu

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de la réaction des urines ; la teinte qu'ils prennent est indicatrice du pH. On compare la teinte obtenue avec celle d’un tableau coloré joint aux papiers réactifs. Une simple lecture donne le pH urinaire.

A quel moment faut-il rechercher le pH urinaire ?

Généralement après les repas, la sécrétion d'acide chlorhydrique appauvrit le sang en acides, l'urine devient plus alcaline, tantôt c’est deux heures, tantôt c'est quatre heures après le repas ; puis, par réaction elle devient hypéracide plus tard.

Bien qu'il nous suffise d’avoir une évaluation approximative du pH, nous devons éviter de le rechercher après les repas.

Résultats de nos recherches

Sans médication acidigène nous avons observé :

1° Que la plupart des blennorragiens avaient au début de leur maladie un pH urinaire normal ou élevé, rarement inférieur à 5,6 (cas suraigus).

2° Que l'amélioration de la maladie avait un rapport étroit avec le pH urinaire, quelle que soit la thérapeutique antiblennorragique employée.

Un pH faible correspond à une amélioration sensible.

Un pH élevé correspond à une aggravation ou à un état stationnaire de la maladie.

La médication acidigène et les principales thérapeutiques de la blénnorragie aiguë

De nos recherches cliniques et de nos études précédentes, 1l résulte qu'il est nécessaire de rendre le pH urinaire le plus faible possible par une médication appropriée.

C’est une modification de « terrain » que nous voulons obtenir ; toutefois les traitements de base de la blennorragie (lavages, vaccins, chimiothérapie, etc...) ne doivent pas être délaissés ; mais, avec un terrain modifié par une thérapeutique acidigène, ces divers traitements seront plus actifs, comme nous allons le

voir.

I) VACCINOTHÉRAPIE

Au cours de l’uréthrite gonococcique aiguë, de tous les vaccins, nous n'avons employé que le vaccin de Demonchy, selon la technique bien définie par le Docteur Lançon, technique qui consiste uniquement en une série de 8 injections de vaccin, tous les deux jours à doses progressivement croissantes, suivie immédiatement après, de quelques lavages au nitrate d'argent, argyrol ou protargol. Nous préférons un sel d'argent au permanganate de potassium, que nous employons uniquement dans le cas d’irritation de la muqueuse

uréthrale.

PET. pe

Calculons le pH urinaire chez ces malades.

Nous avons observé :

a) Le pH urinaire est aux environs de 5, les urines sont donc à tendance assez acide, ce qui était à prévoir.

En effet, la poussée thermique inévitable au cours de la vaccinothérapie suffit pour modifier le pH urinaire dans le sens de l’acidité.

b) La vaccinothérapie est d'autant plus active que le pH urinaire est plus faible.

Dans ce cas, ce pH acide correspond le plus souvent à une élévation thermique importante.

De ce fait, beaucoup de praticiens ont conclu qu’une réaction thermique importante au cours de la vaccinothérapie amenait une amélioration sensible de l’uréthrite gonococcique.

C’est ainsi que certains auteurs recherchent d’une façon systématique une réaction violente. C’est à elle qu'ils reconnaissent le mérite d'amener une amélioration. Ils nient, en quelque sorte, toute spécificité au vaccin, si bien qu'on en a vu utiliser le stock-vaccin de Delbet et déclarer qu’à la suite de la violente élévation thermique qui suivait, une sédation de l'écoulement se produisait.

Pour notre part, et en cela suivant les idées du Docteur Demonchy, nous avons, au contraire, cherché à éviter ces phénomènes de choc qui entraînent de nombreux ennuis.

Seule la recherche du pH urinaire nous a permis de résoudre cette contradiction.

En effet, si au cours de la vaccinothérapie, il y a une

élévation thermique un peu anormale, il suffit, à la séance suivante, selon les indications du Docteur Demonchy, d'injecter une quantité de vaccin légèrement inférieure à la précédente.

Pour obtenir un pH urinaire faible, le malade est soumis à une médication acidigène, que nous indiquons plus loin, De cette façon le blennorragien est dans les conditions les meilleures pour une améliora-

tion rapide. C'est ce qu'ont confirmé nos résultats.

I1) Mérnone DES GRANDS LAVAGES

La méthode des grands lavages uréthraux a été bien définie par le Docteur Janet. Tous les vénéréologues en connaissent la technique et les résultats incontestables.

Mais c’est une thérapeutique pour « clients aisés », car elle n’est pas sans danger entre des maïns inexpertes. Seul le médecin spécialiste peut l’effectuer.

Chez tous les malades soumis à la méthode des grands lavages, la médication acidigène apporta une amélioration sensible.

A l’action locale de l’antiseptique urinaire quel qu'il soit, la médication acidigène, en acidifiant les humeurs et le sang, combat le gonocoque dans l'épaisseur de la muqueuse où le lavage n’a pas d'action ou peu d'action.

Au service antivénérien des hôpitaux et de la ville de Grenoble, les malades se font eux-mêmes leurs lavages. La propagation maladroïte de la maladie par des lavages mal faits existe certainement ; avant la

méthode de l’acidification des urines, les complications dues à ce manque d'expérience étaient peu fréquentes. Des tableaux, expliquant la méthode des grands lavages, étaient placés bien en vue des malades qui pouvaient ainsi en suivre les conseils.

Ces tableaux, conçus par notre chef de clinique, M. Bütterlin, sont certainement un facteur important de cette rareté de complications. D'ailleurs, depuis la médication acidigène, ces complications ont presque totalement disparues.

Diminution de la durée de l’uréthrite, diminution de la fréquence des complications gonococciques, voilà ce que nous avons constaté, par l’abaissement thérapeutique du pH urinaire au cours de la méthode des grands lavages.

IT) CHiIMIOTHÉRAPIE

Les résultats incontestables du traitement local, convenablement appliqué, et de la vaccinothérapie laissent néanmoins place à une médication précise et simple que vient nous apporter la chimiothérapie.

La voie intraveineuse est ici la plus recommandable; il s’agit, en effet, de réaliser la stérilisation des glandes ou anfractuosités périurétrales de tout ordre (lacunes de Morgagni, follicules urétraux, glandes de Littre, alvéoles prostatiques, glandes de Cowper) qui ont pour commun caractère d’être inaccessibles par la voie externe.

La gonacrine, injectée dans les veines, offre la possibilité d'attaquer, par la voie sanguine, les microbes

retranchés dans ces cavités, en même temps que l’élimination de la matière colorante par les urines réalise une sorte de désinfection permanente de la muqueuse.

Nous n'insisterons pas davantage sur l’emploi de la gonacrine dans la blennorragie, emploi connu de tous les vénéréologues. L’acridinothérapie intraveineuse a été mise au point par M. le Professeur agrégé du Val de Grâce, Jausion. Les accidents de cette thérapeutique sont presque toujours bénins.

Au service antivénérien de la ville de Grenoble, nous pratiquons des injections, non pas uniquement de gonacrine, mais de mélange de M. Jausion :

CrONIEEIMEMAR. Hide de 10 gr.

PONT M er 0,50 Bleu de méthylène........ 0,50 Havuuistiléers tres ne 500 cc.

Les injections intraveineuses de ce mélange, sans traitement local, nous ont donné des résultats peu encourageants ; cependant supérieurs à ceux donnés par la gonacrine seule.

À la chimiothérapie seule, nous avons préféré la méthode suivante :

a) Injection intraveineuse, tous les 2 jours, de 5 cc. du mélange de Jausion.

b) Tous les jours, grands lavages uréthraux au nitrate d'argent à 0,25/1000 (dosage suivant la sensibilité de la muqueuse).

Cette méthode nous a donné des résultats remarquables et c’est celle-ci que nous employons le plus souvent.

Quelle est l’action de l’abaissement thérapeutique

du pH urinaire au cours de la chimiothérapie seule ou associée aux grands lavages ?...

Ici, comme dans les dèux précédentes thérapeutiques, la médication acidigène n’a rencontré aucune contre-indication.

La durée de l’uréthrite est toujours écourtée d’une façon notable. Les complications sont rares.

Cependant, M. le Professeur Jausion indique qu'il est avantageux d'assurer l’alcilinité des humeurs de l'organisme au cours de la chimiothérapie : en administrant, chaque jour, par la voie buccale, quelques grammes de bicarbonate de soude. Avant nos recherches sur le pH urinaire, nous appliquions cette méthode.

Avec la médication acidigène, nous avons obtenu des résultats, sinon supérieurs, du moins égaux à ceux obtenus selon la technique de Jausion.

D'autre part, comme nous l’avons déjà indiqué, la chimiothérapie seule, sans traitement local, n’est plus employée par nous au service antivénérien.

PH urinaire et choix du traitement

Un malade se présente à la consultation pour un écoulement ; nous portons, après vérification bactériologique, le diagnostic d’uréthrite aiguë gonococcique.

Après les différents examens : du gland, du méat, des urines dans les trois verres classiques, des filaments ; nous calculons le pH urinaire.

Quel traitement appliquer à ce malade ?...

Toutes les thérapeutiques que nous avons citées précédemment sont bonnes, malheureusement telle thérapeutique aura un résultat remarquable sur un malade et n’agira pas ou mal sur un autre, sans que rien ne puisse le faire prévoir.

Au cours de nos recherches, nous avons constaté fréquemment ceci :

Un blennorragien a un pH urinaire peu élevé, pH inférieur ou égal à 5.

On soumet ce malade aux grands lavages ou à la chimiothérapie combinée aux grands lavages.

Le praticien aura des manipulations délicates à faire. En effet la muqueuse uréthrale de ce blennorragien, qui à des urines à tendance très acide sans médication acidigène, est facilement irritable. Quelquefois le traitement sera interrompu.

RICHARD

D'iir—

Ce fait ne se produit pas si le malade, avant toute thérapeutique a un pH normal ou à tendance alcaline et si, avec les grands lavages, il est soumis à la médication acidigène.

Cette irritabilité de la muqueuse aurait donc une cause propre, personnelle, indépendante de toute médication. D'après ces constatations cliniques, ces malades ont tout intérêt a être soumis à une médication générale et non locale.

La vaccinothérapie nous a donné d'excellents résultats ; comparativement le vaccin agit mieux.

En résumé on peut conclure que :

1° Le calcul du pH urinaire, avant toute thérapeutique, permet de déceler très souvent les malades à muqueuse facilement irritable — pH inférieur ou égal à ©.

2° On a intérêt à soumettre ces malades à la vaccinothérapie associée à la médication acidigène.

3° Cette irritabilité uréthrale est indépendante de la médication acidigène.

Observations

Notre travail repose sur un résultat d'ensemble, portant sur quelques centaines de blennorragies soignées soit à l'hôpital, soit au service antivénérien de la ville de Grenoble.

Cependant, nous allons exposer ici quelques observations typiques de chaque modalité thérapeutique, observations moyennes qui correspondent à la majorité des cas traités.

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