IMPORTANCE DU PH URINAIRE EN CLINIQUE
L’alcalose est beaucoup plus fréquente que l’acidose. C’est le terrain sur lequel naissent une grande partie
RICHARD
Re
de ces malaises et affections variés dont nos anciens soupçonnaient la parenté et qu'ils attribuaient à des diathèses. )
L'’alcalose se trouve dans diverses maladies; elle retentit sur le fonctionnement de nombreux systèmes.
Système nerveux.
Elle est souvent le substratum ou la cause de: céphalées tenaces surtout accusées après les repas ; asthénies, fatigues physiques et intellectuelles (anciennes phosphaturies).
Etats mélancoliques et anxieux (Laignel-Lavastine et Cornélius). Elle est habituelle dans la tétanie et l’épilepsie.
Système respiratoire.
Anoxémie. Martinet l’attribue pour une grande part à l’alcalose.
Système urinaire.
L'’alcalose rend les urines pâles; on constate de fréquents besoins d’uriner, avec parfois des phénomènes de cystalgie.
Le rein souffre d’urines trop alcalines ; les cylindres et les cellules rénales ne sont pas rares dans les urines. Le débit urinaire lui-même est ralenti et la constante d’Ambard légèrement augmentée.
Une urine trop alcaline laisse déposer des phosphates de chaux et prédispose aux calculs de la vessie ou du bassinet.
Les colibacilles poussent rapidement dans une urine hypo-acide et nombreuses sont les colibacilluries rebelles entretenues par l’alcalose.
Quand les parois ne sont pas profondément infectées, lorsque le pus n’est pas abondant, la médication acidigène suffit bien souvent à clarifier les urines quand celles-ci étaient alcalines et à raréfier les microbes.
Système digestif.
Bien que l’alcalose ne semble pas avec évidence provoquer des troubles digestifs, bien qu'elle en soit plutôt l'effet, on peut lui attribuer certaines pertes d’appétit et des états nauséeux.
Peau.
On a rencontré l’alcalose dans diverses affections cutanées que la médication acidigène a fait cesser.
Les Infections.
Les plaies des alcalosiques ont souvent tendance à une suppuration prolongée. Ces plaies, atones et peu sensibles, changent d'aspect en devenant, d’ailleurs, plus douloureuses, et se cicatrisent plus vite si le sujet est mis à un régime ou à une médication acidifiante.
Anaphylaxie et allergie.
D'après des travaux récents, l’alcalinité des humeurs augmenterait la tendance à l’anaphylaxie et à l’allergie microbienne. Elle favoriserait donc les infections en diminuant la résistance de l’organisme.
Par ce tableau analytique assez bref de l’alcalose, nous voyons que les variations du pH jouent un rôle important dans des branches pathologiques assez différentes l’une de l’autre.
Il nous était donc permis de rechercher si un pH urinaire plus ou moins élevé avait une influence heureuse ou malheureuse sur l’uréthrite gonococcique.
Aucun travail, à notre connaissance, n’a été fait sur
ce sujet.
2, — Facteurs particuliers à l’uréthrite gonococcique
a) CONDITIONS DE CULTURE DU GONOCOQUE
Le plus souvent, un milieu alcalin favorise l’infection et un milieu acide l’entrave.
Le gonocoque, puisque c’est lui qui nous intéresse ici, est un aérobie strict. Les pH limites de culture sont de 6 à 8. Le pi optimum est 7,3. La température optima est 37°. Il se trouve gêné dans son développement si la température devient élevée.
De ces conditions de culture, il résulte que l’élévation de température et les variations du pH urinaire, au-dessus où au-dessous des limites précédentes, entravent le développement du gonocoque.