I. — Elévation de température
En plus du phénomène électrique (courants de haute fréquence), la diathermie a été employée dans le traitement de la blennorragie aiguë pour l'élévation de température qu'elle produit.
Quels sont les résultats obtenus?... Après de nombreuses expériences faites sur des malades, soit à l’HÔpital, soit au service antivénérien de la ville, notre chef de clinique, M. lterlin et moi, avons conclu, malgré les belles observations de M. Bordier, que les résultats étaient minimes et souvent peu favorables à la guérison. En effet, l'effet salutaire de l’élévation thermique
mm.
et du phénomène électrique est, dans une blennorragie aiguë, presque annihilé par l'introduction du béniqué, conducteur du courant, dans l’urèthre malade, du fait de l’ouverture de portes d'entrée nouvelles à l'infection gonococcique.
Nous n'’insisterons pas davantage sur l’élévation thérapeutique de la température. Nous ne connaissons aucune méthode qui ait donné systématiquement des résultats excellents, même le stock-vaccin de Delbet, dont nous parlerons plus loin au sujet de la vaccinothérapie.
IT. — Variations du pH urinaire.
Si, par une médication acidigène, nous abaïssons le pH urinaire de façon qu'il soit bien inférieur à 6, qui est le pH limite de culture du gonocoque, il résultera une urine acide dans laquelle le gonocoque ne pourra pas vivre, et une augmentation de l'acidité sanguine et des humeurs qui gênera le développement floride du gonocoque.
Normalement, l’urine a un pH de 5,8 à 6 et le pH sanguin est de 7,3.
Le gonocoque est donc, normalement, dans l’urine dans de mauvaises conditions de milieu, aussi pullulet-il surtout dans l’épaisseur de la muqueuse. C’est un « microbe génital » et non urinaire à l'opposé du coli, par exemple, qui pullulant en surface de la muqueuse, est un microbe urinaire.
L'’urine réflétant l’état du sang au point de vue de l'équilibre acide-base, nous aurons intérêt à abaisser le pH urinaire, autant qu'il nous est permis clinique-
en, Le
ment de le faire, sans tomber dans les accidents acidosiques, de façon à ce que l'acidité des humeurs soit la plus élevée possible pour entraver le développement du gonocoque dans la muqueuse.
Ainsi les conditions de culture du gonocoque nous ont amené à la conclusion suivante :
L’abaissement thérapeutique du pH urinaire ne peut avoir qu'une influence heureuse sur la marche et la guérison de l’uréthrite gonococcique aiguë.
b) CONSTATATIONS GLINIQUES
Les vénéréologues, qui s'occupent plus particulièrement de la blennorragie, ont remarqué depuis longtemps les faits suivants :
1° Un blennorragien se plaint de brûlures à la miction, l’inflammation est souvent telle que les lavages uréthraux doivent être interrompus. Ce malade, atteint de blennorragie suraiguë, guérit plus rapidement qu'un malade atteint de blennorragie aiguë. Ces brûlures à la miction, cette grande irritation de la muqueuse, sont dues à des urines très acides, donc un pH uri-
naire très petit, qui oscillait, à chacun de nos examens, entre 4,5 et 4,8.
2° Au cours d’une blennorragie aiguë, un malade présente des urines pâles, décolorées, semblables à de l’eau légèrement louche. C’est un mauvais signe clinique. Ce malade sera long à guérir, ses urines pourront être facilement clarifiées, mais les rechutes seront fréquentes. En calculant le pH urinaire, nous
nous apercevons qu'il est élevé, donc urine à tendance alcaline.
Si l’on soumet ce malade, à urines pâles, à une médication acidigène, le pH urinaire s’abaisse et les urines prennent la coloration jaune ambrée. Cliniquement, ce malade présente une amélioration nette et le plus souvent aucune rechute.
3° Un autre cas bien classique est celui du blennorragien qui, pour une raison quelconque (orchite par exemple) fait de la fièvre. Sa blennorragie s'améliore le plus souvent. Or il est un fait connu qu'au cours d’une élévation thermique, les urines deviennent acides, d’où pH abaissé.
Il est différent si le malade fait de la fièvre due à une affection aiguë, grippe par exemple, car l’organisme est dans un état de moindre résistance et souvent la blennoragie s'aggrave dans ce cas-là.