Archives de médecine navale el coloniale
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ANNALES DE L’INSTITUT PASTEUR
Dans ce cas, l’infection des méninges se fait la plupart du temps par les sinus frontaux, quenousavons trouvés dans les 2/3 des cas remplis du même pus à pneumocoques.
La méningite à pneumocoques ne présente au Sénégal aucun caractère qui la distingue de celle qu'on observe en Europe. La forme comateuse avec raideur de la nuque est de beaucoup la plus commune; le délire actif est rarement constaté. Les autopsies révèlent le plus généralement la présence de ce pus cou* crot, pseudo-membraneux, qui a été maintes fois décrit; d’autres fois, on ne trouve le long des vaisseaux de la convexité que des traînées laiteuses chargées de pneumocoque. Enlin, dans quelques cas à terminaison très * rapide, le microbe existait très abondamment dans le liquide cépbalo-racbidien augmenté de volume, sans qu'il y ait aux méninges de traces microscopiques d’inflammation.
L’examen microscopique et les cultures ont décelé la présence, le plus fréquemment exclusive, du pneumocoque encapsulé. Deux fois sur 19 autopsies, nous l’avons trouvé associé au streptocoque, une fois au coli bacille.
Jamais, malgré des recherches attentives, nous n’avons constaté la présence du diplococcus intracellularis de Weiehselbaum, même dans les cas de méningite sans pneumonie. Au lieu d'un aspect arrondi, le pneumocoque affectait plutôt une forme tellement allongée en flamme de bougie qu’on pouvait le prendre à un examen superficiel pour un diplo-bacille. Mais par la colo^ ration de Gram, on pouvait s’assurer que chaque élément était en voie de segmentation, et qu’on se trouvait en présence d’une chaînette de deux diplocoques.
En gélose, il donnait des colonies en buée de rosée, poussait dans le bouillon en formant des courtes chaînettes, dans le sérum liquide sous forme de diplocoques encapsulés. Très virulent pour le lapin, le cobaye et la souris quand on l’inoculait avec du liquide céphalo-rachidien, il baissait rapidement de virulence dès la première culture. Là où 1/4 de c. c. suffisait pour amener la mort d’un lapin en 24 heures, il en fallait un e. c. et quelquefois plus quand on se servait de la première culture en bouillon. Mais nous avons constaté qu'un pneumocoque dépourvu de virulence pour le lapin et le cobaye, tuant encore à peine la souris, reprenait facilement toute sa virulence si on
PNEUMOCOQUE ET MALADIE DU SOMMEIL
le cultivait pendant 24 heures dans un bouillon mélangé de 1/5 de sang de noir. Chose curieuse, le sang d’Européen ne produit pas h beaucoup près la même exaltation, comme en témoigne l'expérience suivante.
Un même pneumocoque, tuant la souris en 48 heures, ne tuant ni le lapin ni le cobaye, est mis à cultiver pendant 24 heures :
1° Dans un ballon contenant 40 c. c. de bouillon de bœuf peplonisé et 10 c. c. de sang de noir, prélevé aseptiquement à une veine du pli du coude;
2° Dans un ballon renfermant 40 c. c. du même bouillon additionné de 10 c. c. de sang d'Européen.
Au bout de 24 heures, on inocule deux séries de lapins.
lrfi SÉRIE.
Lapin I reçoit ~ c. c. ; meurt en 30 heures.
Lapin II reçoit 1 c. c.; meurt en 24 heures. Lapin III reçoit 2 c. c.; meurt en 24 heures.
2ft Série.
Lapin ï reçoit — c. c. ; survit.
Lapin II reçoit 1 c. c. ; survit; meurt un mois plus lard de paralysie ascendante.
Lapin III reçoit 2 c. c.; meurt en 48 heures.
Le sang de noir semble donc un milieu de choix pour la culture de ce microbe, qui s'y conserve d'ailleurs très longtemps virulent puisque, deux mois plus tard, 1 c. c. de ce bouillon n° 1 tuait encore le lapin sans nouvelle culture.
Le bouillon n° 2 était à la même date totalement dépourvu de virulence.
Nous avons pu conserver pendant plus de 0 mois du pneumocoque virulent à très petite dose dans du liquide pleurétique provenant d'un indigène. A cette date, le liquide, citrin au début, avait pris une couleur vert bouteille foncé sans que la culture cessât d’être pure.
Avant de terminer ce qui a trait au microbe, il convient de signaler que dans toutes les autopsies nous avons pu constater un fait sur lequel a insisté récemment un auteur italien, Righi, à savoir que le pneumocoque se rencontrait dans le sang et dans tous les organes. Sur le vivant, dans un tiers des cas à la
Bouillon ni i
Bouillon n° 2..
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période d’état de la pneumonie, et dans les 4/5 des cas de méningite cérébro-spinale, nous avons pu, en retirant aseptiquement 5 c. c. de sang, obtenir des cultures pures et virulentes de pneumocoque.