Grévier, 1. 1, p
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ÉTAT DE L'UNIVERSITE Al' XYll" SIECLE
Décadence de ri'niversité au xvi' siècle et au commencement du xvii* siècle.
— Causes de cette décadence. — Conflits entre l'Éplise et la Hoyauté.
— Triste état des vieux collèges. — Trop f.'rand nombre de collèges.
— Dur régime de Montaigu. — Indiscipline des écoliers. — Boursiers s'élernisant dans leurs privilèges. — État des régents aussi triste que celui des élèves. — Leur ignorance. — Esprit nouveau du (Iraiiil siècle.
— Persistance de l'Université dans la routine. — Projets de réformes [)édagogiques de Hiclielieu. — Fondation par Mazarin du collège des Quatre-Nations. — Progrès et réformes qui y furent réalisés. — Louis XIV peu favorable aux corporations religieuses enseignantes. — Etat de l'étude du grec dans les collèges. — Rollin helléniste. — Proscription du français dans les classes. — Absence de tout enseigneiuent historique et géographi(iue. •
L'aiicii'iiiic rnivcrsih'. doiit imuis avons exposé ror.uaiiisatioii, n'élnil plus au comiiirnccmciil du wii" siècle, nvaiil sa rét^énclalidii au (em|)s de |{ulliu, (•(■(((• |>uissaMte eorporalÙMi (|iii avail rxrrcr' une si iiiandc inllueiice sur la socic-lt'-. Sa lro[) ^■•l'andi' pi'dSiMTilt' a\ai( l'Ii' la cause de ses fautes et de sa di'ea- (leuee. Opeudaut elle avail eonser\ c !^{)\\ pi'eslig'e du xi\' et du XV' sièele au|)i'ès de ipielipies lidèles. et nous voyous Diibreuil, dans sou Tlin'ilrr (les (Ditujuih's dr l*iiris. la repi't'sentrr encore en Kl.'V.) (( soutenue des (piatre Kaculle/ connue de (pialre puissantes coliuines. ou plustost. ainsi (pie decpiatie fontaines de sapience, do science et de philoso|ihir. U.'est une mer très trranil<\ dit il. et sans fond, dans |.ii|iir|li' les poissons de tontes sortes de
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sciences, de vertus et de vérités peuvent se pescher avec les filets de l'estude '. ))
Au lieu de sciences et do vertus, cette mer profondément agitée par les questions religieuses ne donna que le triste spectacle de tempêtes et de discussions violentes. Les cours furent suspendus à l'avènement de Henri IV, et le calme ne revint un peu qu'après la publication des statuts de 1600 auxquels l'Université fut obligée de se conformer. Ils sont restés, sauf quelques modifications peu importantes, la charte de l'enseignement jusqu'à la Révolution française. Les réformes qu'ils contiennent sont sages et pratiques; ils ont contribué à pacifier les esprits et à rétablir l'ordre dans l'Université.
L'œuvre était difficile, car des éléments presque impossibles à concilier luttaient ù qui l'emporterait. D'un côté, l'Église prétendait retenir sous sa domination l'Université qui lui devait son origine et son organisation ; d'un autre côté, le roi réclamait, avec raison, son droit de souveraineté sur toutes les institutions du royaume.
L'ordonnance de Blois (1579) avait été une première manifestation de cette souveraineté royale dans le gouvernement de l'Université. Vingt et un ans plus tard, Henri IV, continuant à revendiquer ses droits sur sa fille aînée, l'aurait probablement affranchie de l'autorité papale dans une plus large mesure, s'il n'avait eu à se faire pardonner son hérésie de trop fraîche date ; c'est pourquoi, dans un esprit d'apaisement, il lui laissa encore une part dans la direction de la jeunesse.
Cette revendication de l'autorité royale, quelque incomplète qu'elle fût, favorisa néanmoins l'essor de la pensée, et les écrits de Bayle, Montesquieu, Lesage, prouvèrent qu'un progrès sensible s'était accompli dans l'émancipation des idées. L'Université sentait bien de son côté, tout en persistant dans son immobilité, que de grandes réformes étaient nécessaires, mais la tâche était si lourde qu'elle n'osa l'entreprendre.
Ce qu'il fallait réformer en premier lieu était ce qui intéresse le bien-être et la santé des élèves : bâtiments appropriés aux besoins d'un nombreux personnel ; dortoirs, classes bien aérés;
1. Théâtre des œitiqiiités de Paris, supplément, p. 18, par Jacques Dubreuil, religieux de Saint-Germain des Prés.
alimentation fortifiante, etc. Malheureusement les collèges étaient loin de remplir ces desiderata; les restes de ceux que nous voyons dans l'ancien quartier' latin prouvent combien ils étaient tristes et peu conformes à ce qu'exige l'hygiène de la jeunesse. Coffin, dans une charmante allocution qu'il adressait aux élèves en 1703 à la rentrée des classes, ne dissimule pas que le séjour des collèges est peu séduisant. Il tâche cependant do consoler les élèves par la perspective des promenades que l'on faisait les jours de congé : Itur, si proplor el frequenlior locus postulai, ad Luxemburgensem horlum; si solitudo qu;i;ratur, ad Carthusiauos ; si iemporis, aeris, vii'ium ratio permillal, ad colles Gentdiacos^ ad Elijsia viridaria; quidni ad Vincennensen aut Boloniensem sylvam, ubi quandoque ex collalis symbolis cvnula instruitur, minime illn quidem clcqans ac delica[a,sed lihertatc, hilaritale, jocis. liimuUu ipso, omni apparalu conviviorum lu)iqe jucundior \
C'était là une petite compensation au dur régime des collèges. Ceux-ci étaient du reste trop nombreux cl avaient de trop faibles ressources pour donner aux élèves le bien-être qui leur était nécessaire. A Montaigu, que dirigeait Standonck, la nourriture était tellement frugale quelle donna lieu à ce proverbe : Acutus mous, arnli dcnlrs. On n'avait aucun égard à l'âge et au tempéraniciil des enfants; la discipline y était inipitoyabh^ et les faiili's les plus légères y étaient cruellement punies. lHans d'autres collrgcs, au contraire, le mépris de tout règlement, l'insubordination et la licence étaient extrêmes. Ce ((ui se passait à Beauvais, réputé cependant un îles meilleurs parmi les glands cnllèges, nous montre à (piel point le désordn» était ai'i'iv(''. nuati'c Ixnn'siers, lisons-nous dans Cliapotin -, non contents de i)attre les serviteurs de l.i Coniniunautt'. intenom |)aient par des chans(uis obscènes la lecture de la vie des Saints qui se faisait au réreetoii-e suivant un usjige toujours eu vigueur. Comme [('pressiou il'uni' laiite aussi grave, le IMiueipal leur ordonna de se metti-e en étal de reei'voir la correi-lion ordinaire. Le portier aliail la leui- administrer, quand, tout à