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232 ÏUAITK DES ÉTUDES
Ces préceptes si sages et si paternels étaient ceux que l'on suivait au collège de Beauvais ; l'ordre et le travail y régnaient sans recourir h la violence, grâce au respect et à l'afTection que l'on avait pour Hollin et pour les collaborateurs (juil avait pénétrés de son esprit. La fermeté s'y alliait à l'indulgence pour des fautes légères, mais jamais celte iiidulgence n'allait jus(iu'à la faiblesse.
En réprouvant les châtiments corporels en usage dans l'Université, Rollin se mettait en opposition avec l'Ecriture Sainte qui non seulement les autorise, mais les ordonne pour corriger les fautes de l'enfance. C'était une innovation hardie dans le régime des collèges ; tout pieux qu'il était, le bon Recteur ne craignit pas de l'introduire à Beauvais, encouragé du reste par l'exemple de Port-Royal et de l'Oratoire. Une bonne discipline implique le choix de bons professeurs, et ce choix était difficile.
Au temps de Rollin, alors que les Jésuites, l'Oratoire, avaient des maisons de noviciat où se formaient d'habiles maîtres, l'Université ne pouvait leur opposer rien de semblable. Nous savons quil suffisait pour régenter d'avoir acquis le grade de maître es arts (ce qui était facile), de s'être fait inscrire sur les registres de sa nation et de supplier p?'o regentia et scolis. C'était au Principal en quête de professeurs à bien clioisir parmi les candidats. Rollin y mettait tous ses soins et pour attirer à Beauvais des sujets d'élite tels que Coffîn, Crévier, Heuzet et bien d'autres, il ne reculait devant aucun sacrifice. Les détails que nous avons donnés à ce sujet dans sa biographie nous montrent avec quel zèle il initiait lui-même dans des réunions hebdomadaires les jeunes professeurs aux meilleures méthodes ainsi qu'à tous leurs devoirs. Beauvais était ainsi un centre d'éducation et d'enseignement, une sorte d'École normale.
L'idée, du reste, n'était pas neuve. Dès 1645, Dumoustier, alors Recteur, proposa d'élever aux frais de l'Université un certain nombre de jeunes gens de bonne espérance, qui par la suite pourraient devenir régents ou précepteurs'. Cette proposition, tout utile qu'elle était, resta sans résultat. Dans le même ordre d'idées, Pourchot, professeur aux Grassins, per-