‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 137 sur 319 · PROJETS DE REFORMES DANS LE GOUVERNEMENT DES COLLÈGES · texte numérisé non relu

PROJETS DE REFORMES DANS LE GOUVERNEMENT DES COLLÈGES

Réformes dans l'éducation des élèves. — Châtiments corporels bannis par Rollin. — Choix dilTicile des professeurs. — Sacrifice de RoUin pour en attirer de bons à Beauvais. — Ses conférences. — Son collège fut une sorte d'École normale. — Différents projets de noviciats par Dumouslier (1645). Pourchot (1720), Pélissier. — Examens que devaient subir les candidats au professorat. — Sainte-Barbe proposée comme école, préparatoire à l'enseignement. — Proposition par l'abbé Besoigne d'un collège annexe. — Lacune remarquée par un visiteur américain. — École d'éducateurs pour les maîtres demandée par M. Gréard.

Quelle mesure propose Rollin pour les élèves de force médiocre? — La correction des devoirs est-elle indispensable? — Moyens divers d'entretenir le travail et l'émulation. — Actes publics en français. — Progrès qu'ils signalent. — Suppression des pièces de théâtre dans les collèges. — Étude de l'histoire et de la géographie innovée par Rollin. — Que doit-on faire dominer dans les classes? — Relations nécessaires entre les mailres et les familles. — Opinion de M. Gréard a ce sujet. — L'éducation publique est-elle préférable à l'éducation privée? — Qu'en dit Rollin? — Émulation. — Moyen de s'en servir pratiquement pour le bien de tous les élèves quelle que soit leur intelligence. — Réformes de 1890.

Si Rollin se préoccupe de l'âme de son élève, il n'a pas moins de sollicitude pour sa santé. Il entre à ce sujet dans des détails intéressants. « Qu'on donne aux pensionnaires, dit-il, le meilleur pain, la meilleure viande, la meilleure huile, le meilleur beurre. J'ai connu par expérience tiu'il n'en cotite pas beaucoup plus, si l'on a soin de payer régulièrement les fournisseurs. L'obstacle à cette règle serait de la part du Principal le désir d'amasser du bien, mais il dégraderait son ministère en l'exerçant ainsi dans des vues d'intérêt.... Ce n'est pas, ajoute

Rollin, qu'il ne puisse retirer une juste rétribution des peines qu'il se donne; mais là n'est pas le mobile qui doit le faire agir et le meilleur moyen de réussir môme dans un but intéressé ' )). On sait qu'il mit ces conseils en pratique au collège de Bcauvais, et quel que fût son' désintéressement et le bienêtre qu'il donnait à ses pensionnaires, il tira de son administration des profits qui auraient pu être plus importants, mais qui suffirent néanmoins à lui assurer] une honorable aisance et lui permirent de faire de larges aumônes.

(( A la bonne nourriture, continue iioUin, doit se joindrr la propreté qui en relève le prix. Que le linge soit blanc, la vaisselle bien écurée, les salles où l'on mange balayées régulièrement après les repas, et que chaque chose soit rangée à sa place-. » Ces recommandations étaient d'autant plus nécessaires dans l'ancienne l'niversité ({u'elles y étaient moins observées.

Le collège de Beauvais était à tous égards la maison modèle où la vie était douce et facile. On y suivait, autant que le permettait le caractère français, les réformes que Locke avait introduites en Angleterre dans l'éducation, et [onjpensait avec raison que les soins matériels donnés aux jeunes gens n'ont pas seulement d'heureux elTcts sur leur santé, mais encore sur leur caractère, leur travail et leur docilité.

Nous touchons ici au secret de la bonne et véritable discipline qui repose non sur la peur du châtiment, mais sur le respect du maître, stn- l'afTcction (|u'ou lui porte en raison de ses soins, de sa bonté, et sur le sentiment de l'ordre et du devoir qui en sont la conséquence naturelle. C'est ainsi que s'établit] l'autorité, maîtresse souveraine de la discipline. (( Ce n'est, dit Rollin, ni l'âge, ni la grandeur de la lailir, ni le ton de la voix, ni les menaces ([ui la (loiiiiciil ; mais un caractère égal, ferme, modéré, se p(jssédaut toujours, n'ayanl pour guide que la raison et u'agissaiil jamais par caprice ni par emporlenient. Ces! celle i|iialil(' el ce lalenl ipii tient lout dans l'oi'ilre. qui établit une exacte discipline, (|ui lait observer le règlement, qui é[targne les ré[)rimandes el (|ui prévient proscpie toutes les punitions '. »

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