‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 15 sur 319 · Opuscules, t. II, p. 2S · texte numérisé non relu

Opuscules, t. II, p. 2S

Droit annuel sur la vente du parchemin à la foire du Lendit à Saint-Denis 500 livres.

Droits d'assistance aux processions de l'Université dans des circonstances exceptionnelles. 6 1. 10 s. 18 d.

De plus, pour le déjeuner. . . : 12 1.

Même droit pour chacune des quatre processions rectorales qui avaient lieu le jour de l'élection ou de la réélection du Recteur 0 1. Iti s. Is •!.

Droit d'assistance le jnur dr la présentation des cierges en ville 12 1.

Pour le dîner j 1.

Quand la présentation se fait à Versailles, la sportule ilu Hecleur est la même que pour le déjeuner 12 1.

Celle du dîner se paye en commun aux frais de l'Université.

Droit de chaque jour pour l'inspection des collèges ( jusrju'en 17 Uj 6 1.

A partir de 1741 il fut doublé. Aucune sportule n'avait été allouée avant 1023.

Sportule rectorale exceptionnelle pour les assemblées où le Recevciii- df ITiiivci^ilé len- (Liil ses comptes 2ii 1.

Dans (les circonstances parliciiliôrcs, et pour des ser\ ices exceptionnels, rTniversité accordait i|iiel<inef(tis une pension viagère à d'anciens Kecteurs. C'est ainsi qu'en 164.'}, les nati(»ns de France, de Picardie et de Normandie réunies constituèrent, par devant notaire, une rente de (JOU livres à Franvois l)uint)u< lier; mais cette libi-ralilé ne passa pas en usagée, et encore moins en di-oit, jjour les Hecleurs (jiii lui snceédèrenl '.

1. .Iiiiiiilain, lli.stoire de l'Vnivi'rsitc, l'ic-ccs juslilicalivos, p. l'Jl, l'.»r>-l'.»7.

UOI.I.IN.

SON IMUNCIl'ALAT (imi tM 1 1 n i. I'HU.m.k

Jus(iu';ï la visite iln 1'. «^ucsnel (1096-1702)

ItOLI.IN Al' COLI.Ef.K U K liEAIVAIS

Rollin dans sa maison de la rue Saint-Klicnnc-ihirMont fie'J"). — Il accepte, sur les inslances de iJuî-'ucl, le l'rincipaiat du colK-ge de Beauvais en remplacement de Vittement. — Grand mérite de ce dernier. — Prospérité du collège sous l'administration de Rollin.

A la lin de son Redorai. Unllin, désormais liljre et tout heureux de pouvoir tranquillement se livrer à l'étude, acquit, au mois d'avril IfJOT. dans le quartier latin, intra pomœria L'nivn-sitalis, au n° 8 de la rue qui porte aujourd'hui son nom et qui précédemment s'appelait rue Neuve-Saint-Étienne-du Mont, une petite maison avec un jardin, dont une lettre adressée à Claude Le Pelletier, son ancien condisciple et ami, nous donne une charmante description.

(( Je commence, dit-il dans cette lettre datée du 6 avril 1G97, à sentir et à aimer plus que jamais la douceur de la vie rustique depuis que j'ai un petit jardin qui me tient lieu de maison de campagne, et qui est pour moi Fleury. et Villeneuve '. Je n'ai point de longues allées à perte de vue. mais deux seulement, dont l'une me donne de l'ombre sous un berceau assez propre,

1. Deux grandes propriétés appartenant à la famille Le Pelletier, où Rollin allait passer une partie de l'été.

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et l'autre, exposée au midi, me fournit du soleil pendant une bonne partie de la journée et me promet beaucoup de fruits pour la saison. Un petit espalier couvert de cinq abricotiers et dix pêchers fait tout mon fruitier. Je n'ai point de ruches à miel, mais j'ai le [)laisir tous les jours de voir les abeilles voltiger sur les fleurs do mes arbres, et, attachées à leur proie, s'enrichir du suc ((u'clles en tirent sans me faire aucun tort. Ma joie n'est pourtant pas sans inquiétude, et la tendresse que j'ai pour mon petit espalier et pour quehfues œillets me fait craindre pour eux le froid de la nuit, que je ne sentirais pas sans cela. Il ne manquera rien à mon bonheur, si mon jardin et ma solitude contribuent à me faire songer plus que jamais aux choses du ciel; qun' sarsinn suut sopilr, non qiuv super tcrram ». Sur le fronton de la porte intérieure de la maison on lit cette inscription composée par Kollin; elle peint admiralilcment l'homme pieux et bon qui l'habitait :

Anle alias dilecta duiuus cjuo ruiis et uibis Incola tranquillus, moque deoque fruor,

La maisnii (le Koliin, (jui portait îiutrcfois le n" li. est devenue en [H'M l'Ii.iliitation de M, l'abbé Cîuillon, évè(|ue de Maroc in partifjus, professeur d'I-'Ioipience sacrée à la Faculté de Théologie, précédemment professeur de Uhétoriiiue au collège royal Hoiirliofi. puis aiimi'mier du collège Louis-le-Grand, enlin Inspecteur gi'-néral tU'^ études. A sa mort, sa j)ropi'iété fut ac(|uise par un laitier, (|ui l'a ;;ai'dt''(^ loM;;teinps ; ce n'est (|ue depuis p{>u qu'elle est devenue, sous l'in\ ocation de sainte CuMieviève, une école déjeunes lilles, dirigt'e par les so'urs de S;iinte .Marie,

.Nous ;iv!)ns visi|{'' cette maison, (|ui n'a suhi presque aucun changement di'pnis lîollin. l'elile, sans oriiiMuenl d'archiloctnii'. elle est en |i.iil'.iil accord avec l;i siuqilicit('. l'auslé'rité d'un ilisciple de Pinl Koyal, u .indiitionnaiit que la gloire de hien. Il- hicM (le la jeunesse et sa propre salisfaclion. La sviu'ralile Snpi'rieiire. qni .1 hien voidu nous nionln>r ce qui reste {\r I li.'iliilalion ci lin j.'iidin de liollin. nous a conduit au figuier qne la tradition regarde comme elanl le rejeloti de celui dont il paile; il pi'oduit d'excellentes ligues, et il parait n'être pas encore an leinie de sa vieillesse. Les pêchers, les abricotiers,

:i6 VII-; ItK IKILMN

ÎII'l)rt'S (Ir |iri| (|r (llUc'c. ne l.l pisx'il l |>Ii|n II- jiclil i'>|i;ili«'r i{lli

foiiniiss.iil (oui le fiuilici- du hoii Hcctnir; h's nlli-cs Itordécs (l(^ llciirs sdiil depuis Itjnglcrnps rfriiplacrcs par une vaste cour (•Il les jcuiic- lillcs prcuucul leurs ('hais. \m rue a conservé snu as|)ect liistc d'aulrcfois : rue idroilc, liordcc de petites maisons ayant proliahlernenl, à répof|ue de Itollin, des jardins ; fjuel<piesuns (Uit eih'ore eh- conservés, mais la plupart ont été ulilisi'-s poiu" des consiruclions industrielles.

i.e tiantpiiile honlienr dont jouissait iSollin ne ihira pas longtemps, cai' le cardinal de .Noailles je pria de sui\rillir les ('•Indes de ses deux neveux, pi-nsionnaires au c()||('^^e de l^aftn. Kollin s'en occupait avec son /.('le liahituel, rpiand M. Vitle nient, l'rincip.d du coliri^c de r»eau\ais. en i|iialit(; de coadju teui' de M. lîniitillier, insista aupri-s de liuliln pi.ur qu'il le rempla(;àl.

La vie de Vittement ressemblait en beaucoup de points à celle de Rollin. Son âge était presfjue le même. Il était né en lOO.'j, à Dormans, petite ville de la Marne; il appartenait comme Kollin à une tn's modeste famille, et, comme lui, il eut la bf»nne forlune d'être pris en affection par un ecclésiastique (jui lui lit faire ses premières études et obtint pour lui une bourse au collège de Dormans Beauvais. Il s'y distingua, et sa pi(''té était si vive (pie le Parlement, de qui dépendait le colli'ge de Beauvais, lui accorda une prolongation de bourse pour étudier en tliéologie. La tlièse qu'il soutint à la fin de ses études fut une des plus brillantes de cette époque; elle le fit nommer à la chaire de philosophie laissée vacante par la retraite de celui qui avait été son professeur et il devint en même temps chapelain du collège'. Sa réputation se répandit bientôt dans l'L'niver site, et le ministre Louvois le choisit pour donner des leçons à son fils qui, lui aussi, entra dans l'état ecclésiastique et devint bibliothécaire du roi.

C'est par suite de la distinction dont Vittement venait d'être l'objet, que Boutillier, dont les forces et l'intelligence déclinaient de jour en jour, le fit accepter comme son coadjuteurpar le Parlement, Il était à la tête du collège, quand il reçut la visite du Recteur, qui était alors Charles Rollin; elle fut tout à son

i. Chapolin, Histoire du collèr/e de Beauvais, p. 322.

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honneur, mais il ne conserva pas longtemps ses fonctions, car l'Université, reconnaissant son mérite, l'élut Recteur en 1697.

Le traité de Ryswick venait d'être signé; les différents corps de l'État s'empressèrent, suivant l'usage, de féliciter le Roi. L'L'niversité délégua Vittement pour prononcer le discours, et il s'en acquitta avec tant d'éloquence qu'il fut interrompu par les applaudissements de l'assemblée; « le roi même, dit Saint- Simon, lui fit une réponse pleine de l'admiration de son discours » [Mémoires, t. X, p. 393). A plus de deux cents ans de distance, cette admiration est encore partagée par tous ceux qui, comparant ce discours aux harangues emphatiques j)rononcées en cette circonstance, le trouvent supérieur par l'élévation des pensées et la beauté du style. Comme il se rattache à l'histoire du collège de Reauvais où Rollin joue un si grand rùlc, nous le reproduisons dans l'Appendice.

Louis XIV ne se borna i)as à admirer l'éloquence de Vittement, il l'appela bientôt comme lecteur auprès des enfants de France (le duc de Rour^ogne et ses deux frères : le duc (I Anjou, plus tard mi d Espagne, et le duc de Berry). Il devint même, pendant <|uelqne temps, Sous-PrécejUeur du royal enfant (|ui fut Louis X\'.

Ces nouvelles fondions étant incompatibles avec l'administration d'un collège, Vittement dut choisir un successeur, et ce fut Rollin (|uil désigna et lit agréer par le Parlement. (Juant à lui, il \('(nl à la (lour, solitaire, vénéré de tous, ne se préoccupant que di' ses devoirs auprès des princes, et t.\t\\\< un tel désintéressement (pi'il refusa, malgré les instances du lîoi et du R('-gent. une ahhaye de I2(I0(» livres de rente'. De telles vertus, loin d an^;rnenter son crt'dit à la Cour, le rendirent sus pect au cardinal de Kleury, (|ui redoutait toute inlluence en dehors de la sienne. On lui conseilla tout doucement de se letirer; il le lit sans n'-sislance, (>t se réfugia juscpi'à la lin de sa vie chez les Rèrcs de la Doetrine chrétienne, établis aux fossés des faidiourgs .Sîiint.Marcel et Saint Victor-.

Si nous entrons dans ces dt'dails, c'est (jiie \ illenit-nt a été, comme Rollin, l'iionneurdu (•o||('u'"e de lîeauvai>^; lon>^ les ileux

1. r.liaiK>liii, llisloire ilii colh^f/r dr Itrainnis, p. il!'

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