‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 185 sur 319 · Ibid., t. I, . 9o · texte numérisé non relu

Ibid., t. I, . 9o

ainsi que le P. Thomassin publia, à la grande satisfaction des plus timorés, sa méthode d'enseigner, et d'étudié)- cliréliennemenl les poètes païens, en prenant dans leurs œuvres ce qu'il y a d'utile pour la religion, sans toucher à ce qu'ils contiennent de pernicieux pour elle^. De cette manière, on sanctifiait la lecture et l'explication des poètes païens sans s'inquiéter de leur moralité.

Une autre question non moins grave troublait encore la conscience méticuleuse de Rollin. Est-il permis à un clirétien d'employer dans ses poésies le nom des divinités païennes? Hélas! c'est ce que le pieux Recteur avait fait couramment dans ses odes et ses épigrammes. Il avoue humblement « sa faute ». (( Il m'est arrivé, dit il, d'employer dans des vers le nom (le quelques divinités profanes dont je me repens bien maintenant, mais je l'ai fait à l'imitation dos auteurs dont l'exemple était pour moi une loi, sinon une justification-. »

Effectivement, Sannazar qu'il cite et tant d'autres qu'on ne saurait suspecter d'incrédulité ont mêlé, dit Rollin, le sacré avec le profane sans que l'emploi du nom de ces fausses divinil(''s inipli({ue en eux la croyance à leur existence. <( Ce sont autant de symboles, d'images gracieuses dont les poètes les plus pieux ont usé et usent encore pour exprimer leurs pt>nsées. On ne saurait s'en offenser. JMiileaii ne prend-il pas \ietorieusement leur défense dans son An /loriiquc-^'.' »

Ainsi rassuré sur ses scrupules religieux, Rollin se livre avec lioiiiieiii' à des conseils excellents sur cette poésie latine qui lui lient tant au cœur; il en coiinaif tous les secrets et il en développe foules les règles : eadenee, style, expressions poéti(jues, r(''p(''lilions, ('itifliètes, narrations, descriptions, liarangues, rien n'y inan(|iie, et les fervents du vers latin n'ont, jtour r('ussir, i|irà le prendre comme guide '.

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