‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 217 sur 319 · EXPOSE ET BUT DE SES OEUVRES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

EXPOSE ET BUT DE SES OEUVRES HISTORIQUES

Mouvement historique au xviu" siècle, surtout en ce qui concerne l'histoire de France. — Encouragements donnés par Louis XIY et Colberl.

— But de Hollin en composant ses histoires : moraliser les rois et la noblesse. — Liberté que lui donne l'histoire ancienne. — 11 compile et s'en glorifie. — Secours (|ue lui donnent l'abbé d'.\sfeld, Crévier et Duguet. — Succès de son Histoire ancienne. — Son admission dans les programmes de rU,niversité. — Quelques erreurs de dates et de faits.

— Exagérations et ai)i)réciations jansénistes avouées par Rollin. — Républicain de cœur, monarchiste jtar devoir. — Il l'ecommamle l'élude de la Chronologie et de la Géographie. — Géographes distingués de son lem[is. — Quoique imparfaite, sou Histoire donne un tableau vrai des grandes éi)oqucs et des grands personnages de l'antiquité.

I.cs pro^Tammos de ranciciiiic l'iiivcrsiti' iio cornpromionl pas IV'liKh' (le riiistoiro; copoiidant, d'v^ le ('(ininiciicrmciil du wii' sirclc, l'Oratoire ot Porl-Uoyal, rccoiiiiai-saiit l'iililitt' de (•(•(le partie iinporlaiilc d(M"(''diicali(Mi, lui ddiiiirrciil une assiv. larn'c pari dans leur ciiscii^iMMiicnl .

In inoincnicnl iiisloriipic >(• prddnisil à celle (''pnipie. el. eliose reinar(pial)le, ajdi's (pie je ixwr el le lalin ('taieiil seuls ailnus dans les ('■lildes. ce l'iil en i'axcni' i\r l'Ilisloire de Krauee ipii' se nianilesla ce nii)n\ iMnen I . Me/eray. OiMuee. le 1'. hanii'l. Le |{ai;(iis pulilièrenl de nniuhreiix Iravaux se i'appi>rlanl tous f'i riusloire de France. 15iissnel pi'èla sou c(Uic<iurs à ce ninu M'inenl. <( .Nous a\iins, dil il. [(arlieidièreuiriil -oin de f.iire a|ipreudre à .Mp;i' \v Dauphin rinstoire de l-'rauce qui est la sieuue propre » ; et il ajoute, couiuie inélliode : k .Nous avons

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tiré des auteurs les plus approuvés ce qui pouvait le plus servir à lui faire comprendre la suite des affaires; nous en récitions autant qu'il pouvait en retenir; nous le lui faisions répéter; il l'écrivait en français, et puis le mettait en latin; cela lui servait de thème et nous corrigions aussi soigneusement son français que son latin'. ))

Un tel exemple parti de si haut contribua beaucoup à répandre le goût de l'histoire de France. Louis XIV le favorisa en en prescrivant l'enseignement par un édit de 167o, et Colbert, dans une lettre à M. de Breteuil, promit protection et gratification du roi aux auteurs d'histoires provinciales ^.

L'histoire ancienne fut délaissée et le P. Hardouin (qui l'aurait cru?) approuva cet abandon, en disant que cette histoire était remplie de faits dont on ne pouvait garantir l'authenticité, et que les poésies de Virgile et d'Horace n'étaient que des œuvres du moyen âge.

Ne nous arrêtons pas à réfuter ce ridicule paradoxe; il n'en est pas moins le signe d'une réaction sérieuse contre le respect superstitieux qui s'attachait à l'Histoire ancienne, et que Voltaire fut le premier à combattre. « 11 me semble, dit-il, que si l'on voulait mettre le temps à profit, on ne passerait pas sa vie à s'infatuer de fables anciennes. Je voudrais qu'un jeune homme, après avoir une teinture légère des temps reculés, commençât l'étude sérieuse de l'histoire au temps où elle devient véritablement intéressante pour nous, c'est-à-dire vers la fin du xv*^ siècle ^ »

Diderot, dans VEncyclopédie, est du même avis. « A quoi bon, dit-il, ennuyer les enfants de l'histoire de Pharamond, de Clovis, de César, d'Alexandre, et leur laisser ignorer celle du temps où ils vivent*? »

Rollin reconnaît, comme Voltaire et Diderot, l'importance de l'histoire de France, mais la connaissance de l'histoire ancienne ne lui paraît pas moins nécessaire, car elle lui permettait de

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