‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 216 sur 319 · Abrégé de Quintilien, Préface, p. xxxv · texte numérisé non relu

Abrégé de Quintilien, Préface, p. xxxv

AliRÉGÉ DE QUIXTILIEN 331

éclairer : Caruit preliosa illa luce veritalis; imo sponte ubvinm occurrenli rt ad se ullro invilanti oculos occluait pi'rlinaciler.

Comme dons l'Université l'étude de la rhétorique durait deux ans, RoUin partag-e sou abrégé eu deux parties; les chapitres sont ordinairemeut accompagnés d'un sommaire et de notes excellentes qui élucident les dilïicultés du texte latin.

L'ouvrage do Quiutilien était un progrès à son époque. On s'attardait à Home à de minutieux commentaires grammaticaux, au lieu de former le goût de la jeunesse par la lecture et le commerce des bons auteurs. Il eu était de même en France, et pour combattre ce déplorable usag-e, Kollin préconise la méthode de Quiutilien et se réjouit de ce qu'on s'}' conforme dans l'académie de Paris : Non possum hic non vehemento.r fjratuluri academiie Purisiensi npud qiiam mullis abkinc amiis iuvaluil lattdahilis ilUi consiieludo quam Fabius (aniopcre commendal.

Signalons encore pour sa conformité de vues et de préceptes avec Quiutilien, la discipline paternelle de Hollin opposée aux rigueurs de Vorbili(iiiis)iœ^ (|ue réprouve Quiutilien.

La langue grec(|U(' joii.iil à lîome à peu près le même rôle que le latin dans l'ancienne l'niversilé; on habituait même les enfants à la parler dès leur has âge. Quiutilien y consentait, à (;f>nilili(tn Idulcrnis (piOn n'en fît pas usage au puinl de négliger la langue maternelle. .4 scrmone rjr.rco puorum incipcrc iitiilo : lion lumen hor ailro supcrslitiose rrlim firri iil diit tantuni loqualnr (/r.rrc ani disent, sicnt plrrisqne mos est; itn fiel ut l'uni .-rqnali cnrn liiif/unm utniiiupn' tucri cii'pt'iiinus cl ncutrn nlh-ri n/firinl.

L'I'nivcrsilf'- n'a pas (Hé aussi sage (|ue (JuinliHen. Nous savons iwvr (|n('llc (ipiniàlrelé elle a proscrit, des la !-^i\iènii', la langue malenielle pour s'allacher uni(|uemenl ;iii l.ilin. Kollin, heureusement, suivant encore en ceci re\ein|>Ie de (Jniniilieii. recommande dans son Trnih''{\c l.iire ni;irclier de front le>i deux

laugnes (|iii se |in''leill Mil nillhlel Mpiuii.

A l'exceplion des iilées religieuses, il y a entre Hollin et Quiu tilien conformit('' de docti'ines et de inf'thodes pedagoi^iques : même aversion pour les comédies, la danse. I;i nni--ique elTi'*

1. Orl)iliiis clail un ^,'r-umu.iirirn l.iliii du i" siècle, (|iii Icnail ii Hume une ocolfi ('t'ioljrt' p.ir s,i nulr (li^(i|ilmi'. liniMcc, ijoiil il fut l'i-ii-vc. l'.ippciic placjosus.

minée qui ne servent ([ii'à corrompre la jeunesse; même blâme en ce (jui concerne l'abus des lieux communs, et la composition de discours à coups d'hypotyposes, de prosopopées, d'antithèses, etc. Une différence est cei)endant à remarcfuer entre les deux maîtres : Hollin se contente, pour faire un bon rhétoricien, d'un jeune homme habitué à réfléchir, à creuser son sujet, à y trouver des idées justes, personnelles, il veut que son style se ressente de la lecture des bons auteurs; Quintilien est plus exigeant : à toutes ces qualités, il ajoute comme condition dune bonne rhétorique des connaissances universelles ; c'est un encyclopédiste qu'il demande. Priusquam tradantur Rhetoi'i, pueras existimo ceteris arlibus instituendos, ut efficiatur orbis ille doctrinœ qiiem Grœci syjtuxXoTra'.oeiav vacant^ quia per. fecta esse orandi scientia non i^olest sine aliarum disciplinarum studiis '.

Rollin se contente de connaissances moins étendues : c'est en philosophie, pense-t-il, que doivent être enseignées celles dont parle Quintilien; et l'Université, en cela, procédait avec sagesse, car pour aborder les sciences qui, nous en convenons, doivent être familières au parfait orateur, il faut une maturité d'esprit que ne possède pas encore un jeune rhétoricien. Ce qu'on doit surtout développer et respecter en lui, suivant même l'opinion de Quintilien qui semble ici se contredire, c'est le libre essor de l'imagination et la fécondité : Volo ut sese efferat in adolescente f'ecunditas; facile remedium est ubertatis, sterilia nullo labore vincunlur-.

On conçoit, après le rapide examen que nous venons de faire de Y Institution oratoire, combien la doctrine de Quintilien devait être chère à Rollin. Elle répondait entièrement à ses idées; aussi la vulgarisa-t-il dans son Traité des Éludes en l'adaptant toutefois aux besoins et à l'esprit de son temps.

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