‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 259 sur 319 · VISITE DES COLLÈGES DE PARIS EN 1C96 PAR ROLLIN, RECTEUR · texte numérisé non relu

VISITE DES COLLÈGES DE PARIS EN 1C96 PAR ROLLIN, RECTEUR

Sur los trente-six collèges de Paris, quinze seulement furent visités par Rollin dans la deuxième année de son Rectorat. (It-tte visite, dont nous reproduisons les procès-verbaux traduits du texte latin, qu'en donne M. Jourdain, dans son Histoire de n'niversitr ; pièces justificatives, p. 119-126), nous offre, pris sur le vif, le tableau le plus curieux et le plus vrai de ce qu'étaient ces vieux collèges, dont l'administration et les études laissaient souvent beaucoup à désirer.

Collège d'Autun, Petit Coltâr/e, rue Saint-An(lré-de»-Arc>, n° 30.

Déplorable indiscipline. — Ordre aux boursiers d'assister aux offices et de ne pas manquer aux prières du malin et du soir. — Ordre aux boursiers artiens. (lécri-tistesol théologiens, de ne pas dt-passcr le temps accordé pour leur bourse. — Privation d'arfiçent pour tiuis ceux qui dépassent ce temps et oblipalion de rembourser les sommes indùmenl rerues. — Défense de laisser entrer les femmes dans les chambres. — Défense aux boursiers de découcher et de s'aliscnler sans l'aulorisalion du Principal. — Défense de vendre les bourses avant l'expiration du terme aecordé I)ar les règlements.

Le 21 mars 1600, Hollin. Ibctrur d<> ITuiversité, accompagné des censeurs des (juatre nations, du syndic et du greflier de la dite l'niversité, a procédé à la visite des «-ollèges.

Le Recteur a commencé par le C(dlèg(ï d'.\utun et la visite a duré plus<l(' ciiKi heures, (bit comparu M. Kourrel, Primipal. (iilberl Ogier, Procureui', et tous les boursiers, à rexcejdion de i|ue|(|ues-uns qui, disait-on, avaient la permission de s'absenter pour se préparer dans les séminaires à recevoir les ordres sairés. D'après les (|uestions miressées à tous les boursiers réunis et à chacun d'eux séparément, d'après leurs réponses et les témoignages riM-ueillis au sujet de la discipline dans le collège, il a été constaté (|u'un i:rand di'soidre y rétinait.

Pour y remédier autant que possible, il a été décidé que les censeurs et ceux qui accompagnent le Recteur se rendraient chez lui prochainement pour délibérer sur les mesures à prendre. En attendant, il a été expressément enjoint à tous les boursiers de se réunir tous les soirs à neuf heures, et tous les matins à six heures, pour la prière avec le Principal; de plus, tous assisteront pieusement, ainsi qu'il convient à des ciiiéticns, à la messe dite à des heures préalablement fixées.

Le 24 du môme mois de mars, la réunion a eu lieu chez le Recteur au collège de Laon, ainsi qu'il avait été décidé ^ Après avoir soigneusement examiné les règlements du collège d'Autun, et entendu à ce sujet le syndic de l'Université, il a été décidé que les règlements anciens et nouveaux dudit collège seraient dorénavant rigoureusement observés. Quant cà ceux qui sont peu en rapport avec le temps présent, on a jugé utile de les modifier, ou plutôt de les interpréter plus clairement, et de soumettre ces modifications et cette interprétation à la sanction du Parlement.

La visite du collège d'Autun ayant prouvé que la source du désordre provenait de ce que les boursiers négligeaient d'acquérir, dans le temps fixé suivant les règlements et conformément à l'intention des fondateurs, les grades dans les Facultés où ils étudient, il a été décidé que dans ledit collège d'Autun on ne dépasserait pas le temps fixé pour l'obtention des grades.

Les bourses de ce collège étant attribuées, les unes auxartiens, d'autres aux décrétistes, d'autres aux théologiens, on a arrêté pour chacune de ces Facultés les mesures suivantes : Les artiens à qui il est accordé des bourses de sept ans pourront commencer leurs études à partir de la quatrième pour les terminer en temps voulu; mais une fois deux ans passés en philosophie, ils seront obligés d'obtenir leur grade de maître es arts dans l'espace de trois mois, sans quoi leur bourse sera vacante. S'il leur reste du temps sur leurs sept années de bourse, ils pourront l'utiliser en étudiant en Théologie ou en Droit, en attendant la vacance d'une grande bourse à laquelle en qualité de petits boursiers ils ont droit de préférence à tous les autres, à la condition, cependant, que le temps passé à attendre une grande bourse soit utilisé à étudier en Théologie ou en Droit — ce temps ne comptant pas sur la durée de toute grande bourse.

Les décrétistes, à qui les statuts accordent aussi sept années d'études,, pourront les commencer à partir de la Seconde pour les terminer en temps voulu. Après deux années de philosophie, ils seroi;t obligés d'obtenir dans les trois mois suivants leur grade de maître es arts, sans quoi leur bourse sera vacante. Après deux années de Droit ils devront dans les six mois suivants obtenir leur grade de Rachelier en Droit et dans six autres mois, le grade de

1 . Le Recteur choisissait le collège qu'il voulait pour y fixer sa résidence officielle.

Licencié, sans quoi leur bourse sera vacante. — S'il leur reste du temps après les sept années accordées pour leurs études, ils pourront l'employer apr«.'S la Licence à obtenir le grade de Docteur. Les bourses ayant été fondées pour être attribuées à des jeunes gens studieux, fréquentant les écoles publiques, et non point à des paresseux ou à des jeunes gens étudiant en particulier, les décrétistes ne pourront jouir de la somme attachée à leur bourse s'ils n'ont pas achevé leurs études dans les sept années qui leur ont été fixées.

En (in les théologiens seront tenus de passer des examens de Théologie; dans les six mois qui suivent les trois premières années d'études tliéologiques et d'obtenir le grade de Bachelier en Théologie dans les six juois suivants, sans quoi leur bourse sera vacante, ils entreront ensuite en Licence, et après la Licence ils étudieront pendant le temps fixé pour obtenir le grade de Docteur, le tout sous peine de privation de bourse. S'il se trouve dans le collège quelques boursiers en Théologie qui après les années accordées pour leurs études n'ont encore obtenu aucun grade, on leur accordera une année de rr[iil [MÉiir passer leur Baccalauréat, sinon b-ur bourse sera vacante.

Défense est faite au Procureur de payer quoi que ce soit à ceux qui n'ont plus droit aux bourses, soit parce qu'ils ont achevé le temps lixé pour ces bourses, soit parce qu'ils n'ont pas obtenu de gracies pendant le temps prescrit pour l'obtention de ces grades. Tout contrevenant à cette défense sera contraint de rembourser à ses frais les sommes indûment perçues.

Le 28 (lu même mois de mars, il a été décidé dans la n'uninii tenue chez le Recteur que le passage qui communi(jue au collège d'.Vutun et (]ui est traversé par les externes et même par des femmes, sans res|te<tf'r la cliai>('lle, serait fermé par un inui-, etcjue le collège n'aui'ait (ju'uni; seule entrée. De plus, il y aura au bas de l'escali'i' cpii rouduit aux chambres dudit collège une porte en fer ou en liiiis que le [lortier inivriiM en temps utile, et ([u'il refermera aussilôl. Ordre a été donné de renvoyer le luutier actuel avec sa femme el, de le remplacer pai un aulrt; serviteur dans de meilleures condiliiuis; i ecduiui.inil.ilinii lui sera r;iit,e de veiller à ce qu'aueune femme ni uli-e il.ins les ehauilu-es. .\ucun boursier, à (|uel(|Ut> Faculté (|u'il ;i|ip,ii lieiine, ne pourra sortir, s'absenter el tlécouidier sans l.i |iei nnssmii du IMin<i|tal. On ne pourra également prolonger au (lil;'i (le liuis nniis une alisence sans une permission spécijile qui sera inscrite sur un reL;islre. Si l'absence dé|)asse le |em|)s lixé, la bourse sera vacante.

Tous les boursiers aui<Mil l'Iiabil de ch-rc. ainsi que le prescrivent les statuts, et iiuis(iue la \ie inuiininie assure et l'orlilie la conciu-de et la disci|iline, le Principal et le Procureui' veilleronl à ce que tous prennent leuis repas dans le nuMue réfectoire, conformément aux statuts.

Le Procureur n'ayant pas enc(Ue rendu ses comptes \lv Itt'.'i-

et lOOiJ, ainsi qu'il doit le fairo tous les ans, il a été arrêté qu'il les produirait d'ici à deux mois. Quant aux liuit sous attribués habituellement à chacun des membres de la commission contrôlant la 4;om]itabilité, on les emploiera désormais à acheter les objets nécessaires pour le réfectoire commun.

Les trois plus anciens boursiers et un boursier de la fondation •Oudard de Moulins auront soin — ce qui depuis longtemps aurait dû être fait — de procéder, en présence du Principal et du Procureur, à l'inventaire de tous les titres et de toutes les pièces concernant le collège. Copie de cet inventaire, signée par ceux qui l'ont rédigé, sera remise au Recteur pour être placée dans les archives de l'Université.

Pour empêcher que certains boursiers, se retirant avant l'expiration du temps qui leur revient, ne vendent leur bourse ou ne promettent, moyennant un prix déterminé, à des candidats de leur faciliter l'obtention de ces mêmes bourses, on n'arrêtera plus désormais la liste des boursiers une année avant la vacance de ces bourses, et on prolongera de deux mois la bourse en faveur des jeunes gens nés à Annecy ou dans le diocèse de Vienne.

Toutes les fois qu'on aura manqué aux prières du matin ou du soir, à la sainte messe, à moins d'empêchement légitime, on sera «lis pour chaque contravention à l'amende d'un sou; cette amende sera double les dimanches et les jours de fête. Le Principal ou son remplaçant notera les absents, et l'argent provenant de ces amendes sera employé dans l'intéi'êt du collège.

Quoique, d'après les statuts anciens et nouveaux, le Principal ne puisse rien décider sans l'assentiment de trois grands boursiers, l'expérience ayant prouvé que de graves inconvénients étaient la conséquence de cette mesure, il a été arrêté avec l'assentiment du Parlement que tout ce qui concerne la discipline ressortirait désormais au seul Principal.

Comme la copie des statuts et des fondations du collège d'Autun -n'est p-ris complète, il a été décidé qu'on compléterait ce qui manque, ^t qu'on ajouterait ce qui se rapporte aux deux bourses dernièrement fondées. Une copie de ce supplément, signée par le Principal, le Procureur et trois des plus anciens boursiers, sera remise au Recteur. Aussitôt que le compte des recettes et des dépenses aura été réglé, on en remettra une copie au Recteur pour la déposer dans les archives de l'Université. De plus, on lui remettra une autre •copie des recettes et des dépenses depuis cinquante ans.

On emploiera dans l'intérêt du collège les petites sommes versées comme don de joyeux avànement par les boursiers à leur entrée .au collège.

Telles sont les règles à observer pour le moment jusqu'à ce qu'on puisse réunir en un seul tout les multiples mesures éparses dans les anciens et les nouveaux statuts. En attendant, le Syndic de l'Université aura soin de faire exécuter ponctuellement tout ce qu vient vd'être ordonné.

Collège de Dormans-Beauvais, Grand Collège, rue Sainl-Jean-de- Beauvais, n" 6.

Visite du collège sous lo principalal de Yiltement. — Administration régulière. — Uecoinmanilation de tenir un registre des déjienses et des recettes, d'inscrire les admissions des boursiers et de" mettre dans un colTre à part toutes chartes et titres du collège.

Le 4 avril 1090, a eu lieu la visite du roUùge de Donnans-Heauvais. A comparu -M. Jean Viltement, professeur de philusopliie dans ce collège, et désignr par arrêt du Parlement comme futur suixesseur de M. Nicolas Boutillier, Prinri[)al depuis de longues années dudit collège, où il a rempli ces fonctions avec distinction et à la louange de tous.

M. Viltement a prêté serment entre les mains du Recteur, qui a félicité le collège d'un pareil choix et a exhorté les maîtres et les boursiers à observer avec le plus grand soin les règles établies par le Parlement. Il y aura désormais un registre où seront inscrits tTici à huit joui's : les statuts du collège, les conclusions de toutes les délibérations, les vacances de bourses, l'entrée des nouveaux boursiers, et tous autres actes se rapportant au collège. Un inventaire des litres cl des chartes concernant le collège, ainsi que des ornements d(; la cliapclle sera remis au Hecteur de IT'niveisité : on lui renu^ttra également une copie des comptes, recettes et dépenses de l'année dernière et une autre copie des iTcettes et des dépenses depuis l'année IGiiO. Toutes ces pièces seront mises dans un coffre à j)art. Défense est faite de laisser pénétrer des femmes ilans les chambres du collège.

Quand il y aura des vacances de bourses, on le fera connaître à iJoiniaiis et dans les auln.'S lieux où elles ont été fondées, aliu qu'ancun de ceux que cela peut intéresser ne l'ignore. La publication de ces vacances ne se fera que deux mois avant qu'on y [lourvoLe. On dressera également la liste de fondation des bourses et des Chapelains. Les jeunes gens qui Iiabitent et habiteront comme locataires des chambres dans le collège sont et seront soumis à la disciplin*! d(! rélablisscMuent, et s'ils y manquent en quelt|ii<' chose, le i*i'incipal a el aui'a le droil de les puiiii'.

Collùgo de Presles, l'r/il Cnllfi/r. me ,\f-^ ('.armes, u" u.

blAine des Cliain'laiii^ ipii mil iidiiil ^aii-i aiilorisatiou le nnnilii-c des boursiers. — (lollège obère. — obligation, avec l'assenlinu-iil du Parlement, de (limiiHier le nombi'e des bour>^es. — .\ulorisatiiiu de louer îles chambres dans le collège poiu' parer aux insuflisances ilu bndgcl. — Obligation pour les boursiers (r<iblenir le graile de mailre es arls. d'étudier ensuite en 'rhéologie et en Dmil dans les délais lixés par les règlements. — Priicunnir obligé (le rembourser les sommes payées indi'imenl. — I)i''fen<e aux femmes de pr-iu'tn'r dans le cidlège.

I.e uiéme jour, i avril, a éjé visib- le collège de Presles, où l'un a bl.'imé l'oitenient deux Chapelaiiis (pii, sans l'aulorisation de ri'ni-

versité et du Parlement, ont pris sur eux d'interrompre la nomination à quelques bourses etde diminuer ainsi le nombre des boursiers.

Comme on s'est aperçu, après avoir pris connaissance des di'pcmses et des recettes, que le collège «Hait très obéré, on décida avec l'assentiment du Parlement, pour prévenir la ruine du collège, de réduire à six le nombre des bourses jusqu'à ce que les dettes fussent éteintes, et d'obliger les boursiers à reprendre la vie et la table communes, dont l'elTet est d'assurer le mieux possible la concorde et la discipline.

Comme première mesure à prendre, il a été arrêté que l'on supprimerait les dépenses inutiles, telles que certaines gratifications accordées jusqu'ici aux officiers de l'Université pour soins donnés aux affaires du collège et pour la tenue des livres de comptabilité. Ces suppressions sont d'autant plus légitimes qu'une rétribution assez importante leur est allouée pour ces travaux.

Comme il n'est pas juste qu'on ne diminue pas le traitement des maîtres alors que la moitié des boursiers a été supprimée, il a paru raisonnable, dans une si triste situation, de n'accorder aux officiers que les chambres qu'ils occupent maintenant, et de faire profiter le collège et la communauté des locations qui seront faites.

De plus, puisque M. Louis Levasseur, questeur et administrateur des revenus du collège, a reçu 400 livres en trop, ainsi qu'il appert de l'examen des derniers comptes, il sera retenu chaque année 100 livres sur ses appointements, jusqu'à libération de sa dette; et pour qu'à l'avenir aucun mécompte ne puisse survenir au détriment du collège, le Principal et le Procureur ne présenteront désormais comme Questeur personne, avant que celui qui est en fonction ait rendu ses comptes au Recteur et au Syndic de l'Université.

On tiendra également, et cela d'ici à huit jours, un registre renfermant, d'abord, les présentes décisions; ensuite, toutes les délibérations avec leurs conclusions; les vacances de bourses; le jour de l'installation des nouveaux boursiers, enfin tout ce qui intéresse le collège.

On fera connaître par affiches les vacances de bourses dans les lieux où elles ont été fondées par un bienfaiteur du pays, et ces affiches seront apposées deux mois avant la nomination des nouveaux boursiers.

Tous les boursiers seront tenus à la fin du cours de philosophie d'obtenir dans les trois mois suivants le grade de Maîtres es arts, sans quoi leur bourse sera supprimée. Une fois ce grade obtenu, ils devront, dans les six mois, étudier en théologie — trois ans leur sont accordés pour cette étude; — ou en droit, — il leur est accordé deux ans pour étudier dans cette faculté, pour subir l'examen du Baccalaui'éat et pour obtenir le grade de Bachelier. Tous les boursiers assisteront aux offices, aux prières du matin et du soir, et aux instructions du samedi sur la doctrine chrétienne que le Principal aura soin d'oi'caniser.

Le Procureur ne paiera aux boursiers le montant de leur bourse que tout autant qu'ils [iroduiiunt un certilicat sign»!' par leurs professeurs, constatant qu'ils ont suivi les cours avec soin et persévérance. Le Procureur reproduira ces certificats en rendant ses comptes ; s'il néglige de le faire, il sera contraint de restituer les sommes qu'il aura payées.

En dernier lieu, défense est faite dadmettre des femmes dans le coUèL'e.

Collège de Saint-Michel, Petit Collcge, rue de Bièvre, n» 12.

Grand désordre dans ce collège. — Boursiers indociles. — Oliligation pour eux d'assister aux offices. — Ordre au Principal d'organiser une conférence jiar semaine sur la doctrine chrétienne et de se faire rendre compte du travail des boursiers. — Ordre au Procureur de ne payer les bourses que sur le vu d'un certificat d'élu<le. — Réglementation de la durée des bourses, des éludes et des e.xamens à subir. — Obligation pour lus itoursiers de manger à la table commune, de ne sortir et de ne découctier qu'avec l'autorisation du Principal. — Défense d'introduire dans le collège tout étranger pour y passer la nuit et tout jeune homme portant l'épée. — Obligation de porter dans le collège et au dehors l'habit de clerc.

Le 11 aviil 169G, le Recteur et les Censeurs des qualn- nations, accompagnés du Syndic et du (Ireftier de l'Université, ont visib' le collège Saint-.Miclud. Ont cnmjjaru : .M. Jérémie .Maisundieu, principal, chapelain et procureur du C(dlège : Jean ('.baron. Clément (iendrant et .lean Singareau, tous boursiers limousins; \v quatrième boursier, iiuoique prévenu, ne s'est iirésenlé ({u'apiès le départ île la commission.

H a été constaté d'après l'interrogatoire des boursiers réunis et de cliacun iVi'xix pris en iiarliculit'r qtic Jean Charon, boursier depuis six ans, ne s'él.ili n((M|ié (lue liés peu deses études, qu'ils'élait très siiuveiil aiisciilé du collègL', et (|u'il n'avait par consétiuenl fait que très peu (If progrès; — que Joseph .Vrdillier, d'après les notes I l'cueillies sur son compte, était indocile, n'écoulant aucun avertissement, ne se souciant aiicuiifmt'nl du règlement, ib'conchanl et s'absenlant très souvent du cidlèi:r. I.r jour delà fêle île r.Vnnoiicialion, il est rentré à minuit |>rfS(iur ivre, une é|>é(> ati côté, en compagnie d'un soldat, frappant aux [tories dti collège et des maisons voisines, et proférant les injuHïs les plus grossièii'>.

Le r.i mai, dans une réiinion l>'iiue eiiez le Ueeleur, on assistaient les Censeurs des i|ualie nalltuis. le Syndic et le (ireflier de I Tniversiti'', il a été- arrêt.' er qui suit : le Principal réunira tons les boursiers, le suir, un peu avant neuf heures; le matin àcinq heures et (b iiiif en été, et à six heures en hiver, pour faire la prière en I onuuun : tous assisteront à la messe piensemenl, ainsi qu'il convient à des cleics et à des ( lin't iiMis. On ne pourra s'absenter aux

piMcres du malin et du soir ainsi qu'aux oflices sans la permission du Principal; si l'absence n'est pas justifiée, on sera condamné chaque fois à un sou d'amende; l'amende sera double les dimanches et les jours de fête. Le Principal ou son remplaçant pointera les absents et l'ariient des amendes sera employé dans Tinli'i'rtdu collège.

Tous les samedis à l'heure fixée, le Principal organisera pour les boursiers une conférence sur la doctrine chrétienne et leur enseignera tout ce qui se rapporte à la religion. Il se fera également rendre compte, tous les samedis, du travail des boursiers.

Tous les trois mois, les boursiers remettront au Principal un certificat signé par leurs professeurs attestant qu'ils ont assidûment suivi les cours, et que leur travail est satisfaisant.

Le Procureur ne paiera les bourses que sur la production des cei*tiflcats; s'il néglige de le faire, il restituera à ses frais les sommes indûment versées.

La durée des études a été réglée ainsi qu'il suit : Elles commenceront à partir d'une classe quelconque de grammaire ou d'humanités. Il n'y aura pas d'interruption dans le cours des études, sans quoi la bourse sera vacante. Les boursiers devront, trois mois après avoir été reçus maîtres es arts, commencer, sans perdre de temps, leurs études en théologie, puis eu droit, sans quoi leur bourse sera vacante.

A la fin des trois années d'études en théologie, les boursiers devront, dans les six mois, subir un examen et, dans les six autres mois, obtenir le grade de Bachelier en Théologie; ils entreront ensuite dans les cours de Licence et après avoir obtenu le grade de Licencié, ils aborderont le Doctorat en Théologie. Une fois le grade de Docteur obtenu, ils n'auront plus droit à la prolongation de leur bourse qui sera déclarée vacante.

Quant aux étudiants en Droit, ils devront prendre leur grade de Bachelier dans les six mois qui suivent les deux années d'études, et passer leur examen de Licence dans les six mois suivants, sans quoi leur bourse sera déclarée vacante. Après la Licence, ils pourront aborder le Doctorat et leur bourse prendra fin lorsqu'ils auront obtenu le grade de Docteur. — Les boursiers qui commencent cà jouir de leur bourse en étudiant en Droit pourront étudier en cette Faculté sans produire le grade de Maître es arts; leur bourse prendra fin après l'obtention du grade de Docteur.

Défense au Procureur de rien donner à ceux dont la bourse est vacante, soit qu'ils aient achevé leurs années d'études, soit qu'ils n'aient pas obtenu de grade en temps voulu; s'il contrevient à cette défense il restituera à ses dépens les sommes indûment payées.

Comme la vie commune est d'un grand secours pour assurer la concorde et la discipline, le Principal aura soin que tous les boursiers mangent avec lui à la table commune, ainsi qu'il est ordonné par les statuts du collège.

Aucun boursier étudiant en Humanités ou en Philosophie ne pourra sortir du collège que i)Our suivre avec l'autorisation du piincipal les cours qui se font au dehors; les autres boursiers qui sortiraient trop souvent seront, après quelques avertissements, punis dune amende (jue réglera le Princijial.

Aucun boursier ne pourra découcher, à moins d'y être autorisé par le Principal. Si un boursier, après plusieurs avertissements du principal et après plusieurs amendes, continue à découcher il perdra sa bourse et le Procureur de la nation de France lui notiliera cette destitution.

Aucun boursier ne peut s'absenter du collège sans la permi.ssion du Principal, qui lui donnera un certificat inscrit sur le registre des délibérations du collège. Cette absence ne pourra dépasser trois mois, à moins d'en obtenir l'autorisation écrite du Procureur de la nation de France, et cette autorisation sera également inscrite sur le registre des délibérations.

Aucun boursier ne pourra, à moins d'y être autorisé, introduire des étrangers dans le collège pour y passer la nuit. Défense de laisser entrer dans le collège des jeunes gens portant Tépée.

Tous les boursiers porteront l'habit de clerc au collège et au dehors; exceptiunest faite pour les étudiants en Droit, qui pourront porter d'autres habits, mais à condition que leur tenue soit modeste.

{."inventaire di- tous les titres et des chartes du collège se fera dans nn liief délai.

Collège de Sainte-Barbe, l'clU Collège, rue Chartière et rue de llcinis.

Coni|ilal)ililé irréguliùre du collège. — Menace de révocation du Principal si, dans les trois mois, sa comptabilité n'est pas en règle.

Le i',» mai IGOG, a eu lieu la visite du collège de Sainte-Uarbe. \.r Priiuipal, le Procureur, le Chapelain et les boursiers ont été interrogés et leurs réponses ont permis de constater (jue par suite de la négligen((! du Principal, chargé depuis plusieurs années de la coinptahililé- dn collège, il n'avait pas été rendu comide, depuis douze ans eiiviion, des recettes et des dépenses. I.e Syndic de l'L'nivei^ih. a|)rès avoir exjjosé combien une pareille négligence entraînail rapidement la ruine du collège, a proposé de iévoq\ier le Prinlipal si d'ici à trois mois, sa cuniplabililé n'i'tail pas en règle. Cetti' |n(i|ii)silinii a été ap|irouvée.

Collège do Hiibant, l'rtil ('ullrijc. nu- «le l,i M.iiilaK"co,uiitc i.t-no- \ irvc, n" Si.

'l'ini-; hdiirscs, insliluees par la fotidalion en favi-ur <le Nivernais, y sniil occupées par des l'aiisicns. - l'élit noiuluc di- bourses cause par lc> laihles revenus du collège. — Promesse d'adnictln' dos .Nivernais.

I.e iHi'iiie jour, l'.i mai ICi'.K). a en lien la visile du collège de

Hubant. Ont comparu : M. Edmond Chalgrain, d'Autun, Principal du collège; Simon Chapuis, d'Autun, Chapelain du même collège; plus trois boursiers, tous les trois Parisiens.

Le Recteur, étonné de voir qu'il n'y avait que trois bourses, occupées par des Parisiens, alors qu'eu vertu de la fondation il devrait y avoir six boursiers, pris dans le village de Hubant, du diocèse de Nevers, et dans les villages voisins, a demandé le motif de cette mesure anormale. Le principal a répondu que le nombre des boursiers avait diminué à cause de la diminution des revenus du collège. Quant aux bourses occupées par les Parisiens, elles leur avaient été attribuées parce que Hubant n'envoyait aucun enfant à cause de la modicité des bourses, mais prochainement, a-t-il ajouté, on admettra des boursiers de Hubant ou des pays voisins.

Collège de Sèez, Petit Collèrje, nie de la Harpe.

Relâchement de la discipline. — Six boursiers présents au lieu de dix. — Refus de Bertrand, l'un d'eux, de comparaître devant le Recteur et de rendre compte de ses travaux. — Décision prise par les membres de la réunion contre Bertrand. — Suppression de sa bourse.

Le 23 mai 1G96, a eu lieu la visite du collège de Séez. Ont comparu : M. Christophe Repichet, Principal, Christophe Hochet, Chapelain, et six boursiers; quant aux quatre qui manquaient à l'appel — les bourses sont au nombre de dix — deux étaient au séminaire pour se préparer aux ordres sacrés, un ti'oisième avait reçu du Principal la permission de s'absenter pour ailaire urgente et le quatrième, Michel Bertrand, a refusé de comparaître quoique se trouvant au collège. Pareil refus de se présenter devant le Recteur pour rendre compte de ses travaux avait eu lieu quelques jours auparavant, quoiqu'il eût été officiellement averti.

D'après les questions adressées à tous les boursiers réunis et à chacun d'eux en particulier, il a été constaté qu'il y a un grand relâchement dans la discipline du collège. Pour y remédier autant que possible, il a été arrêté que tous ceux qui ont assisté à la visite du collège se réuniraient chez le Recteur pour délibérer sur les moyens de rétablir la discipline.

Le 4 juin, conformément à ce qui avait été convenu le 28 mai, le Principal, le Chapelain et tous les boursiers du collège de Séez ont comparu au collège de Laon devant le Recteur, les Censeurs des quatre nations, le Syndic et le Greffier de l'Université. A la question posée pour savoir si la discipline s'était améliorée, il a été répondu que le jour même où le collège avait été visité, Michel Bertrand était rentré après la fermeture des portes, et qu'ayant vainement frappé à la porte, il s'était servi d'une échelle, et qu'il était entré par une fenêtre dans le collège. Deux jours après, alors que le portier voulait fermer les portes, à neuf heures, après la

prière du soir, un Ijoursier nommé Gaubert avait demand»; à sortir, alléguant une raison quelconque; comme on refusait de lui ouvrir, en raison de l'ordre récemment donné par le Recteur, il était sorti néanmoins, aidé par Michel Hertrand et Séiiuret, (jui se tenaient devant la porte et empèciiaient h- portier de la fermer. C'est à peine s'ils le permirent après que Gaubert fut rentré, sur les avertissements et les prières du Principal. C'est ce qu'ont attesté plusieurs témoins qui, de leur chambre, ont vu la scène et ont entendu le tapage. A ce sujet, le Syndic entendu, ont été prises les mesures suivantes : Suppression de la bourse de Michel Bertrand : les deux autres boursiers, Séguret et Gaubert, seront cités au tribunal du Recteur pour demander publiquement pardon et être avertis que si, à l'avenir, leur conduite n'est pas meilleure, on sévira contre eux.

Collège des Trésoriers, Petit Collàf/e, rue des Maçons-Sorbonne.

r)isri|ilini' assez Imnne. — Dépenses dépassant les revenus. — Négligences dans rassislaiicc aux offices. — Amende d'un suu infligée aux absents. — Soutenance de thèse, obligatoire pour les étudiants en Théologie et en Philosophie. — Amende de dix sous infligée à tout élève absent à chaque soutenance, cl de vingt sous a. ceux qui négligent de soutenir une lliése publiiiue. — Oliligalion de produire un certilicat signé par le professeur attestant que les cours du collège ont été suivis. — L'auLe de ce certificat, inlerdiclion pour le contrevenant d'être admis à la table commune et de recevoir le montant de sa bourse. — Obligation pour le Principal de rédiger un emploi de temps pour que la journée soit utilement occupée.

I.c 28 mai a eu lieu la visite du collège des Trésoriers. Ont com- |)aru : M. Cl. (ialliot. Docteur cii Tli.'-ologie, Principal, (juatre grands Idiursiers (le cinquième était absent) et cinq petits boursiers (le sixième était au séminaire). Tous ces boursiers apparlicnncul au l'as-(l(!-Calais.

Tous les boursiers ont été interrogés, et de cette eni|uète il est résulté (|ue la discipline est assez bonne dans le collège. Cependant, quchiues réponses et quebpies plaintes ont fait connaître (jue les (h'-peiises dépjissaieiil lis icvnuis du cullrge, ce i|ui présageait une |>i(i(iiaine ruine si l'on ne |iiciiail 1rs moyens de la prévenir. On n'.i pli lien statuer à ce sujet, jusqu'à ce ([u'on se soit coniplèleiiieiil < ( l.iiié >Mr la situation du collège. |t ,i|irès l'cMKiuèle (|ui sera l.iile siii les ICI elles et sur les dépenses, il a été arrêté (|u'on renielli.iit le |)lus tôt possildi' au Recteur un i-tat de la comptabilité de l'année présente, de l'année pri'ci-driiii- et des années antérieures depuis cimiuante ans.

Oiiaiil ,i la liisiipliiie, pniir iiue la pratique de la piit<'' et pour que les l'Iiides snieiil de plus ( n plus en progrès, Il a été arrêté ce qui suit sur la deniamle ihi >\iiilh : Tiuis les boursiers, grands et pitils, fercuil avec le l'imeipal la pnéi e du soir à neuf heures, et

celle du matin à six heures ; ensuite, tous assisteront pieusement à la messe ; les absents seront à l'amende d'un sou pour chaque absence, et cette amende sera double le dimanche et les jours de fête. Le Principal ou le Procureur pointera le nom des absents et le produit des amendes sera appliqué à l'entretien de la chapelle. Tous les samedis, à six heures, le Principal fera aux boursiers une instruction religieuse, et le même Jour, les boursiers lui rendront compte de leurs travaux. De plus, conformément au décret du Parlement (1679), tous les boursiers de théologie seront obligés de soutenir une fois par an, et chacun à son tour, des thèses publiques de Théologie, et les boursiers de Pliilosophie en soutiendront sur la philosophie. Les maîtres lixeront à chaque étudiant le Jour de la soutenance des thèses d'après la date du Jour où elles ont été remises.

Les thèses devront être communiquées au Principal dix Jours avant leur soutenance, et chacun de ceux qui doivent disputer avec l'auteur de la thèse recevra un exemplaire de cette thèse huit Jours à l'avance.

Tous les boursiers théologiens seront obligés de prendre part à la dispute quand il y aura des soutenances de thèses en Théologie ; il en sera de même pour les thèses en Philosophie. — Le Principal ouvrira et présidera toujours les disputes de théologie et de philosophie.

Tout grand boursier qui sera absent à ces séances, sans raison légitime, sera pour chaque absence condamné à dix sous d'amende et celui qui négligera de soutenir, à son tour, une thèse publique, sera à l'amende de vingt sous.

Tout petit boursier qui manquera aux sabbatines sera mis au pain sec, (privabitur mcnsse portione) un jour, et il le sera pendant deux jours s'il manque de soutenir une thèse en public.

Les boursiei's remettront tous les trois mois au Principal un certificat signé par les professeurs et attestant qu'ils ont suivi assidûment les cours et que leur travail a été satisfaisant. Faute de ce certificat que le procureur est tenu de produire en rendant ses comptes, les boursiers ne, seront pas admis à la table commune, et leurs bourses ne seront pas payées. Le Procureur qui négligerait d'observer ces mesures serait obligé de restituer à ses dépens les sommes indûment versées.

Comme l'oisiveté est le fléau le plus funeste en favorisant les passions de la jeunesse, et comme le travail est au contraire le moyen le plus puissant pour la détourner du mal, on dressera un emploi du temps de manière qu'il ne reste pas un instant pour se livrer à la paresse et pour qu'on ait toujours quelque chose à faire.

Telles ont été du reste les intentions des fondateurs du collège.

Collège de Bayeux, Petit Collège, rue de la Harpe, n" 93.

|]tat obéré du collège. — Présence d'unseul boursier à la visite au lieu dn dix. — Insuffisance des revenus, cause de la suppression de neuf bourses. — Obligation pour le Principal de produire un état des dépenses et des revenus depuis cinquante ans.

Le même Jour, 28 mai, a été visité le collège de Bayeux. Le Principal a comparu seul accompagné d'un boursier, alors que dix autres appartenant aux diocèses du Mans et d'Angers auraient dû se présenter. I,<' l'rincipala attribué cette interruption de bourses aux difficultés du temps et à la pauvreté du collège, alléguant en outre que des constructions nouvelles et des réparations au vieux bâtiment avaient fortement obéré le collège.

Rien n'a été fait, dit-il, sans avoir consulté les supérieurs de vive voix, et il assure que dans un an on sera en mesure de rétablir les dix bourses. Il n'a pas moins été blâmé d'avoir ainsi agi sans l'autorisation écrite de ses supérieurs, de l'Université et du Parlement; d'avoir supprimé presque toutes les bourses, et comme on ne peut rien statuer à ce sujet avant d'avoir sérieusement examiné l'état du collège, il a été arrêté que le Principal remettrait sans retard au Recteur l'état des comptes les plus récents, ainsi que celui des recettes et des dépenses des cinquante dernières années. Après les avoir examinés, on prendra les mesures nécessaires pour rétablir le nombre primitif des bourses.

Collège de Narbonne, Petit Collège, rue de la Harpe.

Petit nombre des boursiers présents à la visite, inférieur à relui de la fomiation. — Diminution des revenus du collège. — Oliligalion pour le Principal de produire l'étal des recettes et des dépensi-s depuis cin- <|uante ans.

Le même jour, 2H mai, a été visité le collège de Narbonne. Ont roiiiparu : .M. Franeois Hailli, Piincijtal, et cin(| boursiers, dont trois llii ologiens et les deux auties élndianls en Philosophie.

Interrogé sur la (luestion de savoir pourquoi il y avait si peu île boursiers alors (juc leiir nombre devrait être plus grand, le Prinei|ial ;i répondu (jue le nombre des boursiers avait diminué à cause de la iliiiiinution des revenus du follèi;e.

Piiur >"éclairer sur la situation, oitlri- a étt'- donné au Principal de ii'iiiellre sans retard au Reeteui' l'état des recettes et des dépenses de laiiiiée coulante et celui des ciihiuante années antérieuies.

Collège de Lisieux, Grand Collège, sur l'emplacement du Panthéon.

Nombre des boursiers présents à la visite inférieur à celui de la fondation. — Diminution des revenus du collège invoquée comme cause de ce petit nombre de boursiers. — Relâchement de la discipline. — Négligence du Principal de se faire rendre compte du travail des élèves. — Obligation de produire l'état de la comptabilité depuis cinquante ans.

Le 13 juin 1G9G, le collège de Lisieux a été visité. Ont comparu : M. François Langlois, docteur en théologie et Principal du collège; tous les pi'ofesseurs, quatre grands boursiers et trois petits boursiers seulement, alors qu'il y avait précédemment neuf grands boursiers et autant de petits boursiers. Interrogé sur la diminution de ces bourses, le Principal a répondu que les revenus du collège avaient diminué et que des constructions récentes l'avaient chargé de lourdes dettes.

Il a été de plus constaté que la discipline était trop relâchée, qu'on ne veillait pas assez à ce qu'elle fût observée, que les boursiers ne s'appliquaient pas à l'étude, que le Principal ne se faisait pas rendre compte de leur travail, qu'il n'y avait pas de soutenance de thèses ainsi que le prescrivent les statuts, que les boursiers et le Principal ne faisaient pas matin et soir la prière en commun, que d'anciens comptes restaient en retard, par suite de la négligence des deux derniers Procureurs vivant actuellement à la campagne, loin de Paris. De plus, un professeur s'est plaint que le Principal ne lui donnait pas un appartement assez commode et confortable.

Collège de Montaigu, Grand Collège, rue des Sept-Voies.

Excellent état de la discipline dans le collège. — Cinquante boursiers présents à la visite; trois seulement, par leur mauvaise conduite, font exception au bon ordre.

Le li juillet 1696, a eu lieu la visite du collège de Montaigu. Ont comparu : M. Louis Roy, Principal, suivi de tous les professeurs, de MM. Jean-Claude Coger, sous-principal; Eloi Vai\anque, procureur ; Nicolas Debray et Antoine Laurent, chapelains, et d'environ cinquante boursiers.

De l'enquête qui a été faite, il résulte qu'une discipline sévère et même un peu dure y est rigoureusement observée; exception est faite pour trois boursiers qui, parvenus à la fortune, ont subi la corruption et la contagion des richesses et ont secoué toute espèce de joug. Ils ont fait mépris des règlements du collège et se sont livrés à l'oisiveté et à l'inertie, tant il est vrai que la pauvreté est le puissant stimulant du travail, de la discipline et de toutes les vertus.

Collège de Tours, Petit Collège, rue Serpente, n" 7.

Excellent collège, suivant ponctuellement les règlements.

Le 10 juillet 1696, a eu lieu la visite du collège de Tours. Ont comparu : M. Pierre Verrier, Principal du collège, et six boursiers, tous de Tours. Les règlements sont fidèlement observés dans ce collège; c'est pourquoi il n'a pas paru utile de statuer autre chose que de bien limiter la durée dt's bourses suivant l'organisation actuelle des études, afin qu'il n'y ait aucun espace de temps inoccupé.

A cet effet, les boursiers [)Ourront commencer leurs études par une classe quelconque de grammaire. Après avoir achevé leurs deux années de philosophie, ils devront, dans les trois mois, obtenir leur grade de Maître es arts, sans quoi ils perdront leur bourse. S'ils étudient en Théologie ils devront, après leurs trois années d'études, acquérir, dans les six mois suivants, leur grade de Bachelier en Théologie, sans quoi leur bourse sera vacante. Ils entreront ensuite en Licence. Après une année d'études, ils passeront leur examen de Docteur et ce sera la fin de leur bourse.

Il en sera de même pour ceux ({ui étudient en Médecine. Ils seront tenus d'obtenir leurs grades sans interruption jusqu'au Doctorat, sans quoi leur bourse sera vacante.

Collège du Plessis-Sorbonne. Grand Collège, conligii au collège Louis-le-Grand.

Notice sur la fondation des bourses de ce collège. — Félicitation de Rollin à Duric'ux, Principal, pour l'étal florissant des éludes. — Rollin rappelle ses années d'étude au IMessis, que dirigeait alors Gobinel dont il a gardé un pieux et reconnaissant souvenir.

Le 24 juillet 1696, a eu lieu la visite du collège du Plessis-Sorbonne. Ont comparu : .M. Durieux, docteur et membre de la Société de Sorbonn(;, (,'xerç.ant en mémo lenips les fonctions de Procureur, tous les professeurs, et neuf boursiers, la dixième bourse étant vacante en ce moment. Il parait que le nombre des boursiers a été plus grand autrefijis, mais il y a luntitemps ([u'il a été réduit à dix.

De ces <lix bourses, six reniuutent à la première fiMulation. et quatre à la Iniidalidii de .Mr^jciu. Kelativement aux six jiremières bourses, deux a[ipailiriiuent au dincèse de Saint-Mabi, et les candidats sont présentés par l'évéïiue de ce diocèse; deux autres sont présentés |)ar l'évèque d'Kvreux; les deux autres boursiers viennent d>' la Touraine et sont nommés par l'abbé de .Marmouliers, qui a It! droit de collation de toutes les bourses du collège. Les ijualre bourses restantes peuvent revenir à n'importe quelle province du royaume.

Les lioursieis aiiuids du Plessis-Sorbonne apparlieMUeiil au pays indiqni' |iar les Idiidaleurs, à rexc,e|ilit)U d'un seul, Jaci|ues l.etaii-

neur, Parisien qui a pris contraircmenL aux rt'glemcnts et àTintention des fondateurs la place d'un Tourangin. C'est pourquoi, sur la demande du Syndic, il a été décidé que le dit Jacques Letanneur serait dépossédé d'ici à trois mois de la Jouissance de sa bourse et qu'un Tourangin prendrait sa place. 11 a été arrêté en outre que désormais on aurait soin de ne remplacer un boursier que par un habitant du diocèse et de la province désignés par les statuts.

L'enquête a démontré que la piété et les études étaient également llorissantes dans le collège; que la discipline y était rigoureusement observée; que la paix, la concorde entre tous était parfaite. C'est pourquoi le Recteur a félicité tout le personnel et chacun en particulier de l'excellent état du collège, heureux de manifester publiquement sa reconnaissance envers cette maison du Plessis où il avait puisé dès son enfance les principes de la vertu, et reçu les premières leçons des belles-lettres; oîi il avait été élevé par les soins et la vigilance paternelle de rillustre M. Gobinet, alors Principal du collège, mort depuis quelques années, et grâce auquel il avait été appelé d'abord aux fonctions de professeur de Seconde et puis de Rliétorique dans le collège.

Collège des Grassins, Grand Collège, rue des Amandiers. —

Excellent état du collège. — Invitation faite au Principal de produire chaque année les comptes des dépenses et des recettes. — Ordre de faire un inventaire des titres et chartes concernant le collège, des livres de la bibliothèque, des documents de la chapelle. — Enquête à faire sur les bourses concernant les nobles Irlandais attribuées aux Grassins sans l'autorisation de l'Université.

Le même jour, 24 juillet 1696, a eu lieu la visite du collège des Grassins. Ont comparu : M. François Framery, Principal, M. Langevin, chapelain et docteur en Théologie, tous les professeurs et onze boursiers, la douzième bourse étant vacante.

L'enquête a prouvé que la discipline était fidèlement observée dans ce collège et que la religion continuait à y être en honneur.

Répondant à l'observation que les comptes n'avaient pas été rendus depuis un grand noiubre d'années, le Principal s'est dit prêt à les jiroduire. Sur la demande du syndic il a été décidé que M. Framery les produirait sans retard; qu'à l'avenir les comptes seraient remis par lui chaque année à jour fixe, et qu'il serait, au . profit du collège, à l'amende d'un écu s'il négligeait chaque semaine de tenir sa comptabilité en règle; il a été arrêté également qu'il serait fait un inventaire des titres et chartes concernant le collège, ainsi que des livres de la bibliothèque, des ornements de la chapelle, et que l'état de cet inventaire serait remis à l'illustre évêque de Soissons, Supérieur du collège.

Sur l'observation que quelques bourses fondées anciennement par l'illustre M. D. Coqueret, autrefois Principal du collège, n'exis-

taii'iil plus, il a (Hé décidé que le Principal ferait une enquête à ce sujet, ayant pour but de rétablir cette fondation.

Quant à une autre fondation plus récente concernant les nobles Irlandais el créée par Tillustre roi d'Angleterre, lors de sa visite aux (irassins, fondation attribuée à ce collège sans IMulorisation de l'Université, il a été décidé que celte affaire serait déférée au tribunal du Recteur et des délégués de l'Université.

Collège d'Harcourt. Grand Collè(/e, actuellement boulevard Saint- Michel.

Ordre de se conformer aux règlements du collège. — Ordre d'exiger des petits boursiers assistance aux offices, el aux élèves en philosophie de disputer tous les samedis sur les sujets du cours. — Ol)ligalion pour les boursiers humanistes et les rhétoricicns de pnxluire un compte rendu de leurs travaux.

Le 18 août 169G, les Censeurs des quatres nations, le Syndic et le Greffier de l'Université, réunis chez le Recteur au collège de Laon, se sont occupés des affaires concernant le collège d'Harcourt, visité le G juin dernier. A la suite de nombreuses conférences tenues chez le Recteur avec le Proviseur et les boursiers théologiens, les mesures suivantes ont été arrêtées sur la demande du Syndic, pour rétablir l'ordre en toutes clioses ainsi que la discipline.

Les bourses fondées à différentes époques et par «liverses personnes étant nombr(mses, ordre a été donné d'en faire le recensement |i()ur qu'on puisse voir clairement à quel pays elles appartienn(Mit, et par (|ui elles ont été fondées. Quant à Tordre à observer, il a l'Ii' anêlê ipic le ['riiMii- sera élu Iniis les ans à la fête de saint Iau; couluiMiéuienL aux statuts.

Quatre jours après l'élection du Prieur, aura lieu celle du Pro<'ureur, et comme celui qui exerce en ce moment ces fondions n'a pas été prorogé confornn;ment aux statuts, on le rem|daci'ra par un autre Procureur, ou bien If ju-cmier sera prorogé dans ces fonctions.

Le Prini ip.d des arlieus, outre la vii;ilance et les soins (|u"il portera à rf qui' lis petits boursiers assistent dans une tenue convenabl(! aux |irières et aux offices, à ce (julls travaillent, frê(|uenlent les écoles, aura grand soin (|ue tous les samedis les philosophes dis|»nlenl sur des sujets de idiilosopbie. Il présidera à ces disputes ciuiforiuêiMeiit aux statuts. (»n argumentera et on répondra allernaliveiiKiil : Ir l'nmipal ixi^'iT,! drs autres boursiers étuilianl en huui,initr>s cl en i liclnii(iue un couqde rendu de leurs travaux. L(î même jour il b-ra aux petits bouisiers une instruction >-ur la doctrine cliiidieune et sui' ce (|ui c(Uicerne la ndiiiiou.

Si^iuc : (Al. IImi.i.in, ibctcar.

(Arch. M., It.'^. \\\1\, bd. ii-C.Ll

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