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les pensionnairos, nous n'avons qu'à nous lou(!r de leurs honnêtetés; qu'Us ont toujours au,i avec nous d'égal à égal; qu'il régnait entre eux et nous une paix qui nous faisait autant d'honneur que de plaisir. Souvent ils nous ont rapporté les ordres exprès que vous leur donniez de nous regarder comme leurs aînés, ordres qui ont toujours été fidèlement exécutés. Toute la distinction que vous avez toujours mise entre eux et nous a été de nous préférer à eux lorsqu'il s'est agi de paraître en public, comme aux visites de MM. les Recteurs et aux distributions des prix, en faisant redoubler les fanfares et en criant que c'était les enfants de la maison. Enfin, Monsieur, que l'on publie partout que vous nous traitiez durement, que nous ne vous tenions point au cœur, que messieurs les pensionnaires étaient l'objet de vos attentiolis, la vérité nous dit le contraire. Nous ne cesserons point de faire savoir a tout le monde toutes les marques de bonté et de charité que vous nous avez données; que vous avez à vos propres dépens fait soutenir des thèses à ceux qui ont été jugés capables de les faire; que, ces années passées, sans vos libéralités, il n'en serait peut-être pas resté six à notre communauté; que vous avez soutenu et nourri ceux que leurs parents ne pouvaient pas entretenir. Enfin, Monsieur, nous ne pouvons mieux vous faire connnaître nos sentiments et rendre témoignage à la vérité qu'en vous comparant à cette sainte veuve dont parle l'Ecriture : Hœc erat plcna operibits bonis, et eleemosynis qiias faciebat; et nous à ces pauvres qu'elle nourrissait, qu'elle habillait, en un mot à qui elle tenait lieu de mère. Nous ne pouvons que pleurer notre malheur, et plût à Dieu qu'il se trouvât un saint Pierre qui vous ressuscitât pour nous! Il est bien triste que dans la douleur où nous sommes de vous avoir perdu, nous ayons encore celle de nous justifier sur des articles qui ne nous sont pas moins sensibles que votre perte même. Oui, Monsieur, nous le protestons, que vous nous avez toujours témoigné une tendresse de père, et que vous nous avez toujours regardés comme vos enfants; c'est un titre dont nous sommes jaloux et quelque éloignés que nous soyons de vous, nous n'oublierons jamais quel père nous avions, et quelle perte nous avons faite ; c'est de quoi nous rendrons tous témoignage, désirant de vous marquer en toute occasion le respect et la reconnaissance avec laquelle nous sommes. Monsieur, Vos très humbles et très obéissants serviteurs.
N. AuBERT, H. Brlxaud, s. Remart, C. Courdoux,
F. VlTTEMENT, F. ALBERT, L.-C. MOREAII, J. DE BILLY,
N. Breton, C. Gautron, F. Pougeois, R. de Vigneux, J. Dauvergne, R. Gautron, F. le Duc, J. Castelot. « A Paris, ce lij juin 1712. »
Pour témoigner encore leui' douleur et leur aiïection, les él»?ves, le jour de la fête de leur maître regj'etté, lui adressèrent les vers suivants :