COMME PROFESSEUR ÉMÉRITE, RECONNUS PAR LA FACULTÉ DES ARTS
Anno millci^imo septingentesimo undccimo, die vero marlis prima decembris, Imbita sunt comitia extraordinaria professorum in schotia honorandœ Nationis. Quibufi in comiliis, vir clarissimus, wagister Carolun Rollin, antiquus rector et cloqucntife 'profcssor, postulavit ut diuturni sui laboris in academia aliqun ratio habcrctur; se p)er novem annos continuas professoris vntnits quanta maxima potuit diligentia obiisse in Collegio Sorbonna-Flessseo ; ii trcdecim vero annis in Dormano-Bellovaco pjublica stiidia moderari, succcnturiaturn clarissimo vivo magistro Boutillier ; se qnidem non gaudcre prorsus titulo gymnasiarchse, scd defungi muneribus omnibus ; siium uniusnomen inscribi publiais programmatis : a se uno subsignari testimonia professorum; a se une dcsignari scholarum magistros seu régentes. Postulavit igitur ut quod sibi stricto jure indebitum esse agnosceret, id benigninri indulgentia concederelur, atque ut recenseretur intcr professores emeritos, ea tamen lege, ut imprœsentiarum à proventibus nunciatuitm abstincret. Re missa in dcliberationem et maturius perpcnsa, censucrunt omnes habendam esse rationem postulatio)iis viri clarissimi; eumque, si proptcr infirmam valetudinem, ant quocumque alio casu, discedcret a docendi, instituendi et rcgendi muncre ante completos emcritœ professionis annos, recensendum esse, honor/s causa, inter nneritos professores, ila ut iunc eorum juribus et einolumentis omnibus fraeretur. Et ila est ab ornatissimo Procuratorc conclvsum.
Signatum : BEVIÈRE, Procurator honorandse nationis; ANDRY, Censor honorandœ nationis; DURAN.
Cette conclusion fut homologuée au Parlement le 7 janvier 1713.
]. Jourdain, Histoire de F Université de Paris, p. 208.
ÉLOGE FL'NKlîl'.K DE ROLLIN PAR CKÉVIER
Douleur de Crévier à la mort de Hollin, son bienfaiteur. — Klogo de ses
vertus, de son désintéressement et de ses œuvres. Autres éloge de Rollin; par Pial, son successeur au Colléire do France.
et par Villemain, [irofesseur à la Sorbonne.
L'n discours dovait être prononcf'' suivant l'usage à la rentn'M' des classes du collèiio di> Boauvais; Ot'vior l'avait compost'" avant que Hidliii lût niaiadi', il li' luoiionra li'l (lu'il {"avait |irri>art'' et il y ajiiula ce <jui suit :
<< J'avais dr-jà romposi' ce distNUirs lorsi|Ui' j'ai vu louiber sur moi, ou plulùt sur tous ceux c|ui aiment les lettres et la vei-lu, un coup aussi rude qu'imprévu, d<>ii( la dnulciu' encore récente me perce jusqu'au fond de l'ànu', et sous lequel j'aurais succombé, si la reli- L'iiiu ne me soutenait. Nous avons perdu un bomme, l'Iionneur de lliiiversité, le père de cette maison, la fleur et l'élite des gens de billes, la gloire de riiumanilé. .M. Hollin, en un mot, vient île imus èlir enlevé dans des (iri'imslant'es d'aulant plus douloureuses p<iur nnus(iM'il n'y avait ipif pfti i\r nntis ipic nous l'avions déjà cumme an.M lié aux bias de la iiiml. .Nnli'' l'spérani'e l'omb-c sur un li'iiipéiaiiiriii idbusir ri siii iiii I l'ii, >u vclli'iuent lie vigueur dans le corps et dans res[irit, iinlrr is|m'i;iiicc, liéjas! a été trompée; et lorsipie le danger de le prnliv avait disparu, et nnus le rendait plus précieux, li>rsipu' nous avions dinil de nous promellre la jouissanec d'un bien si ilier à nos vuMix, il est nioil an milieu de nos regri'ts et de nos larmes.
-< (Irand Dieu! quel exemple pridii poui- !<■ grmr linmain! In bomme grami dans les b'ttres. plus grain! par ses vertus; cédèbre par des éerils immortels, ([ui |iorlenl son nom ius(|naux extrémités de la terre, mais plus reeoiiimamlaide eiieore par sa simplicité, sa modestie, sa canib-ur (|ui b- ri-ndaieiit eli''r aux irrands et ;mix luimbles, à eeux qin le iiiim,ii<saii'iit , et à criix même qui ni" le cimnais-
saient pas; ce grand homme n'existe |ilus. On trouvait, en lui tiiii' liberté généreuse, mais sans aigreur, sans dureté, avec les grands et envers les princes ; un commerce charmant avec ses amis les plus respectables qui furent jamais, une douceur qui le rendait accessible à tous. Économe pour lui-même, il était prodigue pour les pauvres; il gagnait à être connu ; toutes ses actions étaient dignes de louanges, mais sa conduite intérieure en méritait encore davantage; plus on le pénétrait, plus on se sentait épris d'affection et de respect pour une vertu si accomplie.
« Je puis ici vous citer comme témoin, vous, digne successeur de ses travaux (Coffin), vous par qui seul il a désiré être remplacé, et qui, admis dans sa familiarité la plus intime, lui avez toujours témoigné la vénération, la fidélité et l'admiration la plus vive, en échange de la parfaite estime dont il était rempli pour vous à si juste titre.
« Pour moi, adressé à lui par la Providence, et reçu à l'âge de douze ans dans son sein, accoutumé pendant trente-sept ans à le respecter comme un père, h être traité par lui comme un fils, combien de fois, admis à entrer dans le sanctuaire auguste de cette àme si vertueuse, ai-je admiré une magnanimité sublime jointe à une facilité charmante, une fermeté invincible contre toutes les terreurs et toutes les disgrâces, et en même temps une douceur toujours prête à excuser les faiblesses humaines, un cœur généreux, toujours disjDOsé à pardonner à ceux qui l'avaient offensé, un soin empressé pour maintenir ou rétablir la paix, un mépris complet des richesses et des honneurs, une fidélité inviolable à garder les secrets qui lui avaient été confiés, un zèle ardent pour courir au-devant de toutes les occasions de faire le bien, et s'élancer comme l'aigle sur sa proie dès qu'il s'agissait de répandre les connaissances et la pratique de la vertu.
« Je n'ai pas encore touché à ce qui est à son plus grand honneur, c'est-à-dire à l'amour de la religion, dont il était pénétré profondément. Cet amour l'emportait non seulement sur tous les autres, mais il les rappelait encore tous à lui seul.
Il a été enflammé dès ses plus tendres années d'une passion incroyable pour les lettres; et à l'âge de plus de quatre-vingts ans, il s'en occupait encore avec toute l'ardeur d'un jeune homme, lorsque la maladie est venue interrompre son travail. Mais ce qui lui tenait le plus au cœur, c'était la religion : c'était à Dieu seul qu'il réservait son amour; de sorte qu'en même temps qu'il prisait les lettres bien au-dessus de tous les avantages humains, il les soumettait comme d'humbles esclaves à la piété chrétienne.
« Comment ne pas déplorer la perte de tant de biens ! Pleurez, gens de lettres, un homme né pour les faire progresser. Pleurez, âmes vertueuses, un modèle de toutes les vertus. Pleurez, jeunes gens, un père, un maître destiné par une Providence spéciale à vous instruire et à remplir sa destination.
APPENDICK 423
" Mais, ù saint et respectalili; vifillard, vous nous défendez les ]ilcurs, vous nous invitez à ('lever nos yeux et nos âmes vers le ciel. Kssuyons donc, s'il nous est possible, les larmes qui coulent de nos yeux; et cél»!'brons avec une joie chrétienne le triomphe de celui qui vient de recevoir la récompense de ses vertus.
« 0 àme sainte et comblée des dons du ciel, qui après avoir toujours senti une soif ardente du bien immuable, unique, éternel, le puisez aujourd'hui dans sa source et le savourez à longs traits, puissions-nous, en marchant sur vos traces, nous consacrer toujours à l'étude des lettres par un amour de la religion encore plus grand!
" Puissé-je moi-même, à qui, après tant de témoignages d'une bienveillance paternelle, vous en avez encore donné un nouveau par vos dernières dispositions, puissé-je devenir l'héritier de vos biens véritables! Je déclare du moins, je promets, je proteste que tuujours vos paroles, vos conseils, vos avertissements seront présents à mon esprit; que vos exemples seront pour moi des lois; afin que lorsque le terme marqtié par la volonté divine à cette vie malheureuse que nous traînons ici-bas sera arrivé, je puisse avec vous et avec tous ceux (jui m'écoutent être rassasié de ce bien, que seul vous avez aimé, (jui seul est digne de notre amour '. »
ELOGK la'NKHRE DE ROI.I.IN PAR l'IAT
Piat, qui succéda à Uollin en I732 au Collège de France, ne crut pas pouvoir se dispenser, dans la harangue (ju'il prononça le jour de son installation, de rendre justice à son prédécesseur :
Subjecit vir clarissiinus de cloqueniia ac de omni rc tiltcrarin C'/rcr/ie meritus, cui me suceessorem a rege deslgnavi ut mihi est honoris di;jnationc maijnificum, ita comparationis pondère longe ijraviasimum ; in ijuo ncsciaa quid magis admireris, (utiini virtules an ingenii, seribendi artcm (in Vivendi modcstiam; quein cum f'acil hnic nostra' adati carissinuim, tiim prxatat apud posteras imniortalem liher die vere uurcus in guo narrai ut Livins aiil Xenoidion, docrt ni Plato; qui iilinam quemadmodiua mihi argnmenliini, sic illam dure potuissel seribendi putcslatem viimjtie illam persuaitemli (jiia, qHidipiid scribit, legentium nnimi deniuteenlur, delinenlur, cajn'untur'-.
ei,(|(;e ui: roi, i. in p\r vii.i.i:m\i\ •'
On'il me soi! |M'iinis, Messieurs, peul-êlre en eX|>ialion de mon enscimicuHiil, de iri'anêler sur l'éldge, (•"esl-à-dire sur la vie, sur les ('Tiils, sur l;i vocilimi iinii|Uf et loiiclianle de ce niaitre >i enr-