Crovicr, llixloirc tir l' {'nivvrsilr, t. Il, |>. l'.U
y. (ioujct, //isloirr ilii Collri/,- ,1,' /•'riiiicf, \>. ICI.
3. Villi-main, l.itlrnitiirr ait XVlIt' mî'cif, l. 1, (i. •.'-.'1.
dialement ami de la jiMinesso, si verliiciix par lionh' do nature et par goût des lel.tres, vérilahhî saint de l"enst'ign(;inent qui mieux que personne a consacré l'alliance des bonnes études et des bonnes mœurs, des belles-lettres, comme on disait alors, et des beaux sentiments. Aujourd'hui nous sommes tous profanes, même dans notre dévouement à Tinstruction de la jeunesse, notre esprit est préoccupé, distrait par mille autres pensées : ambition, vanité littéraire, succès de monde ou de parti. Mais pour Hollin, l'éducation de la jeunesse et par elle le progrès des mœurs publiques étaient toute sa pensée. Personne ne fut meilleur citoyen sans le dire, sans le savoir. Le mélange naïf de l'antiquité et du christianisme, les vertus républi(^aines de ces grands hommes de Plutarque, les vertus soumises et douces de l'Évangile, l'enthousiasme pour le beau littéraire dans l'Écriture sainte, dans Homère, dans Bossuet, la tendresse paternelle et attentive pour l'enfance, l'affection grave et pleine d'espérance pour la vive jeunesse, toutes ces émotions réunies dans une àme saine et pure, au milieu de la vie la plus simple, de la plus décente pauvreté, voilà comment s'est foi^mé Rollin, écrivain inimitable, sans être un écrivain de génie. Sa gloire même, sa gloire qui nous est chère, est la dernière et la plus utile leçon qu'il nous ait donnée. Elle montre jusqu'à quel point les dons de l'esprit s'accroissent et fructifient par les vertus, et quelle puissance l'amour du bien ajoute au talent.