‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 269 sur 319 · I. Opiisc. I. 1, p · texte numérisé non relu

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maître de son clioix. Rollin accepta cette mission délicate, et mit tous ses soins à trouver un prt;cepteur modèle. Ses recherches nécessitèrent une longue correspondance qui fort heureusement nous a été conservée presque entièrement dans les Opuscules que publia Crévier. Après de nombreuses enquêtes, le choix de Hollin s'arrêta sur l'abbé Bardon, " personne fort instruite, dit-il à Rousseau, qui a un grand fond de probité, de religion, des manières douces, honnêtes, insinuantes et qui, de plus, a le talent de se faire aimer et respecter ».

La suite prouva que le choix de. Rollin était excellent, et le duc d'Arembei'g lui en témoigna à plusieurs reprises sa reconnaissance.

Les nombreuses lettres échangées entre Rollin et J.-B, Rousseau à cette occasion nous donnent, outre des détails inédits sur la vie du poète dans ses dernières années, des renseignements intéressants sur la condition des précepteurs dans les grandes familles.

Le traitement annuel de Tabbé Bardon était primitivement de 1050 livres; il restait toujours le même après plusieurs années de bons services qu'on se plaisait à reconnaître, mais qu'on ne rémunérait pas davantage. Rollin s'interposa chaleureusement pour que son protégé fût augmenté; il y tenait d'autant plus qu'il s'était mis en frais d'éloges à l'égard du duc qu'il comparait à Scipion Émilien pour exciter sa générosité. Le duc comprit l'allusion; il consentit à l'augmentation, mais pour s'éviter tout surcroît de dépenses, il promit de faire donner un bénéfice au précepteur de son fils. « C'est de sa bourse, écrit alors Rollin à J.-B. Rousseau, qu'il doit tirer ses libéralités' ». La bourse s'ouvrit enfin et le traitement de l'abbé Bardon fut élevé à 1500 livres.

Cela ne l'empêcha pas d'être nommé plus tard à un bénéfice; mais comme il se croyait obligé à la résidence, il est à croire, d'après la lettre écrite le 8 féviier 1734 ^, qu'il n'accepta pas la faveur dont il était l'objet.

Ces relations avec .J.-B. Rousseau n'étaient pas sans une arrièrepensée d'intérêt religieux. Le poète, comme on le sait, n'avait pas une réputation de vertu et d'honnêteté bien assise. Il était banni de France à perpétuité. Il se montrait pieux, mais cette piété étaitelle réelle? On pouvait en douter; il y avait là, presque à coup sûr, pour Rollin une conversion à faire, des aveux à obtenir, et le bon Recteur, tout en donnant au fils du duc d'Aremberg un précepteur modèle, songea à profiter de l'occasion pour remettre dans la bonne voie un chrétien égaré. Il lui prodigua à cet effet dans sa correspondance les plus chaleureuses protestations d'amitié, de dévouement, accompagnées de conseils sur les moyens de calmer ses peines et de se résigner à sa triste situation. « Je n'en connais pas de meilleur,

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