‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 34 sur 319 · ihut., p. OS · texte numérisé non relu

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60 VIE DE UOLLIN

répandit parmi les écoliers, et après les grâces, M. Goffln notifia la Iriste nouvelle.

(( C'est alors qu'il parut jusqu'à quel point M. llolliii était aimé de la jeunesse qu'il instruisait. Dès que l'on sut avec certitude qu'il était sorti du collège, pour n'y plus rentrer, ce ne furent que pleurs et sanglots, par toute la table. La récréation qui devait suivre le souper ne fut pas une récréation. Au lieu de jouer, les écoliers se promenaient tristement dans la cour pendant quelques moments, fondant tous en larmes, comme s'ils eussent perdu un père; et bientôt ils se retirèrent, cliacun dans leur chambre, sans ordre, pour se livrer plus librement à leur douleur. — J'en ai été témoin, dit Crévier, qui nous a laissé ce récit'. Je n'ai jamais rien vu de si triste, et aujourd'hui encore je ne puis y penser sans en être attendri. M, Mesenguy, dans un mémoire de sa main, tient le même langage et exprime les mêmes sentiments m.

(( M. RoUin n'abandonna pas les chers enfants dont il avait été forcé de se séparer. Il continua de leur être utile, autant qu'il lui était possible, par les conseils qu'il donnait à M. Coffin et que celui-ci se faisait un devoir de suivre avec fidélité. »

Les boursiers, qui avaient été de la part de Rollin l'objet de soins paternels, ne furent pas moins affligés que les pensionnaires. On s'était servi de leur nom pour accuser Rollin de les avoir négligés : afin de réparer cette calomnie, ils écrivirent une lettre à Rollin et signèrent un acte attestant les bontés de RoHin à leur égard, leur respect et leur reconnaissance la plus tendre pour le meilleur des maîtres. Ces deux pièces, retrouvées dans les papiers de Rollin, sont le témoignage le plus honorable de l'estime et de l'affection de ceux qu'on prétendait ses ennemis. Nous les reproduisons à l'Appendice tels qu'ils ont été rédigés.

La situation de Coffin comme Principal du collège de Reauvais n'était que provisoire; le chef officiel était toujours le vieux Routeillier, dont Rollin n'était que le Coadjuteur; mais Bouteillier mourut en cette année 1712. Rollin, devenu alors Principal titulaire, donna sa démission en faveur de Coffin, et le P. Le Tellier, ne faisant aucune opposition à sa nomination, —

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