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penser lorsque le texte qu'il expliquait énonçait une vérité. Il fallut doue cesser i)ar ordre, et h la prière de M. de Noailles. Cet incident, et bien d'autres qui troublèrent sa vie à cette époque, ne l'empêchèrent cependant pas de continuer ses leçons au Collège de France.
Son modique traitement comme Lecteur royal, joint h la pension qu'il avait eu la prudence de se faire allouer en qualité de professeur émérite peu de temps avant sa disgrâce', étaient, avec ses économies, les seules ressources qu'il possédât; mais elles lui suffisaient, tant sa vie était simple et frugale.
Ses relations avec les plus hauts personnages l'obligeaient cependant à ne pas refuser quelquefois les nombreuses invitations qui lui étaient faites. Il s'y rendait pendant les jours de la semaine, mais il se réservait le dimanche, afin de pouvoir aller à vêpres. « Certains de ces dîners, dit Crévier, étaient un délassement nécessaire pour le tirer de son cabinet; mais il n'en était pas content s'il n'y trouvait quelque bien à faire, et si, après le repas, quelque jeune enfant de l'un ou l'autre sexe ne lui donnait lieu de remplir son œuvre, en lui rendant compte de quelque partie de l'histoire sainte ou profane, ou ne récitait quelque pièce de poésie ^ Mais si, par déférence pour des personnes du plus haut rang, il assistait à des repas qui n'avaient d'autre mérite que la magnificence du service et les grands noms des convives, il en revenait mal satisfait. Il préférait de beaucoup les tables des bourgeois honnêtes qui, zélés pour la bonne éducation de leurs enfants, lui demandaient des conseils. Ce sont là, disait-il, mes ducs et pairs '\ » Cette société était du reste en rapport avec son origine plébéienne, ses sentiments démocratiques et son dédain des honneurs et des richesses.
L'opposition à la bulle Unigenitus fut la préoccupation constante de la seconde moitié de sa vie et la cause de toutes ses disgrâces. On sait que cette fameuse bulle, appelée aussi Consliluiion Unigenitus, condamnait 101 propositions extraites des Réflexions morales sur V Ancien et le Nouveau Testament par
1. Le texte de la délibération en vertu de laquelle il obtint cette pension est trop intéressant pour que nous ne le reproduisions pas en entier dans l'Appendice.