‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 53 sur 319 · luiiiil.iiii, lli.s/oin- dr rUnivvsilé, p. 'M · texte numérisé non relu

luiiiil.iiii, lli.s/oin- dr rUnivvsilé, p. 'M

2. Qii('l(iucs jours avant son élection, on (il cimilor dans Paris nn l)illi't ainsi c.onrn : » Monsieur, vous <}tes prie d'assister au eonvoi et enler- • rcment de très liante et très puissante daine l'Université de Paris. Hlle - aînée du roi, décédée en son liAtel des Sciences, le 2 mars ['.V.K Son « corps sera déposé dans l'église des H. P. .lésiiiles pour y allendre la « résurrection du hon sens en France. Ilfi/iiicscat in fuice. Son élo>:e fiinèhre « sera iirononce le inèine Jour dans l'IiAtel de Souliise par .M. l'ahlié " lie Veiitailour. son uiiicpie lu rilicr par conliscalion. - (.\rcliives. M, registre .\L1V, folio li'.i.)

;i. Note.i inédites.

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s'esl mis (311 place ((iic pour la destruction de l'Cniversité ? Je ne condamne pas ceux (pii agissent autrement (jiie moi; je prétends seulement me justifier. »

(( Il se proposa donc d'exprimer son opinion dans t(niles les occasions, avec le respect dû à la naissance de M. de Ventadour et à l'estime qu'on ne pouvait refuser, sans injustice, à son mérite naissant; mais il ne le vit point. Il se passa un intervalle de six semaines entre la nomination du jeune Recteur et l'exécution du plan dont il s'était chargé. Le succès était infaillible, vu le grand nombre de partisans de la bulle qui étaient entrés dans le camp. Il ne restait plus à ceux qui y étaient opposés que l'honneur d'une généreuse résistance. Pendant la trêve, ils se concertèrent pour convenir d'un acte d'opposition à la décision qu'ils prévoyaient. Tous sentaient la nécessité de l'union : mais j'ose dire qu'ils n'auraient pu y parvenir sans la médiation de M. Rollin. Il était survenu entre les appelants une semence de division qui partageait les esprits et altérait la bonne intelligence. Cette division ne roulait pas sur le fond même de la Constitution, que tous étaient également résolus à combattre; mais il en résultait une différence dans la manière de procéder. Les uns ne connaissaient pas de ménagements; les autres, plus modérés, plus doux, croyaient devoir joindre la prudence au zèle. Ils admettaient tous les tempéraments qui n'apportaient point de préjudice à la défense de la vérité; ils pensaient même servir utilement la cause en n'y mêlant rien, sans nécessité, qui pût aigrir les personnes puissantes, et donner prise sur ceux qui soutenaient l'appel; M. Rollin, respecté des uns et des autres, conciliateur par caractère, et toujours ami de la paix, fut le lien qui les unit et les fit marcher de concert. Un projet d'acte d'opposition lui ayant été remis, il consulta les plus habiles docteurs en théologie, MM. d'Asfeld, Besoigne, Boutin et les plus célèbres avocats, MM. Peschanel, Guillet de Blanc, Cochin, Aubin. Ces graves autorités jointes à la sienne eurent encore assez de peine à opérer l'union qu'il souhaitait. Il écoutait avec une douceur parfaite tous ceux qui venaient lui proposer leurs difficultés; il répondait aux objections; il accordait les dissonances; enfin il parvint à avoir plus de quatre-vingts membres de la Faculté des Arts disposés à mettre leur nom au bas de

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l'acte projeté. — Je l'ai vu, ajoute Crévier dans ses notes inédites, fatigué des contrariétés dans lesquelles il se trouvait placé. Pour ce ffui est du danger personnel qu'il pouvait courir, il n'en était nullement touché. La conviction intime de la bonté de la cause qu'il défendait, ses sentiments chrétiens sur le bonheur de soufîrir pour la vilrilr, répandaient dans son âme une paix et une sérénité admirables. »

Le 11 mai, l'assemblée de la Faculté des Arts se tint pour délibérer sur la révocation de l'appel et l'acceptation delà Constitution. « M. Rollin y montra, raconte toujours Crévier dans ses notes inédiles, la même , générosil('' qui avait jusque là animé sa conduite, il était doyen de la Tribu d(; Paris, dans la Nation de France. En cette ([ualité, c'était à lui à mettre en délib(''r;iti(Mi dans la Tribu ce qui venait d'être proposé i)ar le Recteur. 11 ])rit sa place, mais i>our déclarer qu'il ne se croyait pas permis en conscience de mettn» en délibération la révocation de rap|)el cl l'acceptation de la bulle; qu'au contraire il s'opposait à toute délibération (|ui pourrait être i>rise tendant à ces fins. Il demanda acte d(ï son opposition, qui lui fut refusé. Il se retira et rédigea un nouvel acte d'opposition pour conserver ses droits et ceux de ses partisans '.

(( En effet, après (|iie toutes les Nations eurent th'lilK'rt'- el que les chefs eureiil lappoile au Kecteur le résultat de la délibéraration, qui se lroii\a Ici (|u'on l'avait prévu, c'est-à dire lacceplalion (le la liiillc. le iiecleur se pn-parait à prononcer des conclusions au nom de la Faculti- des Arts, lorscpie M. Uollin se présenta de noiiveaii, et demanda à être entendu. L'assenibli'c comprenait plus de trois cents personnes, et le jinfii. (pii a\ail prévalu par le uombi'e, ('lail en majorili'' composé d'une jeuness(! turbulente (pii, in' coii iiai<-aiil ni règle ni mesure, n'avait app(»rl('' à la di'lliicrai ion ipriin zèle aveuulc on une (locilih" inliTcssi'c. Lors dotic que M. Uollin eut coiiuuenct' de parler, il lui interrompu par des clameurs lumultueuses. l'ue voix m»' me s'(''|c\ a qui o-.a demander qu'on le clia<-àl . I.e jeune Hecteur, (pii nel'aNail jamais \n. lui imposa silence. Il [irolesta depuis (|ue, s'il l'cril CdMnn, il ainail oliservt" tous les t''gards de politesse cl lie ci MisiiliTa I ion dus à un homme de ce mérite.

I. Voir ;i rA|ii)ciulicc. lo fac-similo ilc cet acie (•cril par Uulliii.

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Mais enfin, de ces diiïéroiits olj.stacle.s il résulta que M. liollin ne put parvenir à se faire entendre. II soutint cette nouvelle épreuve toujours avec le même courage, sans rien rabattre de sa l'ermoté. 11 se réserva pour un moment plus tranquille, bien résolu non seulement à ne point abandonner son opposition, mais à en laisser un monument qui subsistât dans la postérité. Ainsi, après que l'assemblée générale fut finie et séparée, il resta sur le lieu avec le plus grand nombre de ceux qui avaient opiné pour le maintien de l'appel. Là fut lu l'acte d'opposition dont il avait tracé le projet; tous l'approuvèrent, le signèrent au nombre de plus de quatre-vingts, et dans la journée même il fut signifié suivant les formes juridiques au greffier de l'Université. Dans ce jour de trouble et d'agitation, ce fut une grande consolation pour M. Rollin de voir cjue le collège de Beauvais se déclara pour la vérité opprimée, sans que la crainte du péril arrêtât aucun de ceux qui le composaient. La Cour fut irritée de la hardiesse des opposants; néanmoins elle ne sévit pas avec vigueur.

« La Providence avait arrangé les choses de manière que les rigueurs ne furent pas poussées à l'excès. Le cardinal de Rohan, qui avait conduit toute l'affaire, chérissait son neveu; il ne voulut pas flétrir l'entrée de l'abbé de Ventadour dans le monde par des procédés violents qui l'auraient rendu odieux. Le seul Syndic (Gibert) fut exilé et destitué de sa charge. M. Rollin et ceux qui avaient signé l'acte d'opposition après lui en furent quittes pour être exclus des assemblées générales et particulières de l'Université, et pour être privés des voix actives et passives. Le collège de Beauvais subsista sans changement et M. Rollin eut la joie de le voir jusqu'à la fin de sa vie continuer de fleurir par le goût de la piété et des lettres '. »

Tel est le récit inédit de Crévier sur la dernière épreuve que subit Rollin; nous l'avons reproduit sans rien changer au manuscrit. Le style en est souvent peu correct, lourd et diffus; néanmoins, il y a des élans de cœur qui révèlent chez Crévier, naturellement froid et peu sensible, un tendre attachement et une reconnaissance profonde pour Rollin, son maître et son bienfaiteur. •

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