‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 59 sur 319 · Micliaud, Ih.'iluirr iiiiiirrsclli\ l. XX.WI, p. Ti't · texte numérisé non relu

Micliaud, Ih.'iluirr iiiiiirrsclli\ l. XX.WI, p. Ti't

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m';i manqué (Frire coïKlnil dans la carrirro dos belles-lettres par lin ^■iiid(; d'un ^oûl si sûr, si délié, (|ni joint à ses préceptes la justesse el réléf,^ance du style. »

(( Vous parlez, lui écrivait-il, le français comme si c'était votre lanj4'ue naturelle, et vous faites voir, ce que j'ai souvent pensé, (ju'il y a un(^ beauté de style qui est pour ainsi dire de toutes les lang-ues, et à laquelle elles ne fournissent ((iie des mots : parce que le tour, l'arrangement et les yràces du discours sont dans l'esprit d(> celui qui écrit beaucoup plus que dans la langue qu'il met en œuvre. Mais ce que j'estime encore le plus en vous, c'est que vous formez les mœurs plus que le goût et la critique de vos lecteurs. Vous surpassez Quintilicn sur ce point, et vous obligez les auteurs profanes à devenir entre vos mains des instruments utiles à la religion '. »

Montesquieu joint son éloge à celui de tous ceux qui appré ciaient le rare mérite do RoUin. « Un honnête homme, dit-il, a par ses ouvrages d'histoire enchanté le public; c'est le cœur qui parle au cœur ; on sent une secrète satisfaction d'entendre parler do la vertu. C'eut rabeille de la France. ))

Après la Révolution, et dès la réorganisation de l'Université, Fontanes, qui on était le Grand-Maître et qui remit en honneur les ouvrages de RoUin, lui rendit hommage dans les vers suivants, dont l'esprit est meilleur que la forme :

Sage RoUin, dans ces prairies,

Sur ces bords que tu vins fouler.

Jusqu'à moi de tes mœurs chéries

Le parfum semble s'exhaler.

Je goûte aussi la solitude,

La paix du cœur, la douce étude

Des vieux auteurs grecs et romains 2.

Louis XVI, grand admirateur de RoUin, avait fait placer à la Sorbonne sa statue parmi celles des grands hommes. Elle figure de nos jours dans le grand amphithéâtre de cette même

\. Opu-fcules, t. I, p. 164-165.

2. Sainte-Beuve, Causeries du lundi. — Fontanes fait, dans ces vers, allusion à la propriété de Colombes où Roliin, dans ses vingt dernières années, passa des mois entiers en compagnie de l'abbé d'Asfeld, son ami de cœur, et du maréchal d'Asfeld, avec qui il s'entretenait de batailles et de tactique militaire.

Sorbonne, ainsi que dans le parloir du lycée Louis-le-Grand en face du buste du monarque dont il n'a pas moins que tout autre illustré le règne. Un des meilleurs collèges de Paris porte encore son nom. Enfin, pour perpétuer son souvenir, ce même nom a été donné à la petite rue qui a conservé la pbysionomie de l'ancien temps et où se trouve au n" 8, presque telle qu'autrefois, la modeste habitation où il a terminé ses jours.

En 1818, l'Acadf'mie Française proposa son éloge pour un de ses prix. MM. de Saint Al bin-Berville et Auguste Trognon présentèrent chacun un discours qui fut récompensé. Celui de M. de Saint-Alijin-Berville se recommande par la pureté et l'élégance du style, mais il ne nous fait pas pénétrer dans la vie intime de Rollin, et ne donne sur sa vie et ses onivros (pie dos appréciations incomplètes. Il en est de même des éloges présentés par MM. Trognon, Maillet, Lacoste et par Ilivarol : ils n'offrent à ceux qui veulent faire de Rollin une étude approfondie qu'un médiocre intérêt.

l'endant plus de dix ans le silence se fit autour du nom de Hollin. Ce n'est qu'en iH29 que Villomain. dans son Cours de lAlLérature française au XVIII' siècle, fit un éloge magnifique du chef vénéré de l'ancienne Université, « véritable saint de l'enseignement, dit-il, écrivain inimitable sans être écrivain de g(''nie, qui subordonnait tout à la vertu et savait la faire aimer ' ».

V'illemain n'est pas le seid parmi les auteurs moilernes ((ui ait aussi favorablement jugé Uojlin; Nisard, dont le Cours de. Lillrmlurr fait autorité pour qurl(|ues-uns, n'hésite pas à proclamer (|ue le Traili' des h'Iiidrs est le livre par excellence, une sorte de Bible de l'enseignement, et qu'en fait de science pédagogi(pi(> aucune (fuvre n'est supi'ricui'c à celle là '.

1. Lci p.ijïc 011 X'illi'iiiain rclr.icc. avec lanl ilc lalriil cl do vérili', la vio, les snnliiiuMils cl la vcriii di' linlliii iM l'ail rcssorlii' son miTitc, imiis parait si imi>oilatile (|iie nous la rr|ii'(iiliiisons dans l'Aiipcndice, a la siiili; de l'oiofcc conipos(' par ("rrviiM'.

i. Nniis adniellons rexci'llcnci' du Trnilé des Jitudpx, sa valeur reronnne Mièrnc par Voltaii'c, qui rappelle un livre à Jamais itlilf, mais nous liesilons il le proclamer lu livre unique, surtout il notre éitoiiue, où de remarquaides travaux on! mar(]ué lUie riMiovalinn ctimplètc de la pcdai;ogie, piai l'i' au noinjin' des seipuces ayani Iciii' iliain' a la Sorbonne, dans les l'acnlli'^ de pinsince, e,l comptant [inur eu a^-urer les progrès, des inaiircs ciuiiiculs.

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