LEUR ORIGINE. — LEUR BUT. — LEUR CONSTITUTION
Triste situation des premiers étudiants avant la fondation des collèges. — Premiers collèges ou asiles, fondés par des évêques ou des hommes puissants pour assurer le recrutement du clergé et combattre les ordres religieux. — Bourses de quelques sous par semaine. — Multiplicité des collèges au xv' siècle. — Collège Louis-le-Grand construit par les Jésuites. — Réformes après l'expulsion des Jésuites — Exercice et Communauté. — Exercice des grands collèges.
A l'origine de l'Université et pendant assez longtemps, il n'y eut pas de collèges. Les écoliers, livrés à eux-mêmes et vivant comme ils pouvaient, suivaient les cours de la rue du Fouarre. Beaucoup de ces écoliers étaient tellement pauvres qu'ils recouraient à la charité publique. Des rois, des princes, des cardinaux, des magistrats s'émurent d'autant plus de cette triste situation qu'après le retour des Croisades, un enthousiasme extraordinaire se manifesta pour les études philosophiques, les seules dont on fit cas au moyen âge. Une multitude de collèges destinés à recueillir les pauvres écoliers d'un diocèse ou d'une ville se fondèrent alors non seulement à Paris, mais encore dans les provinces.
Les pieux fondateurs de ces asiles se proposaient un triple but : favoriser le mouvement philosophique qui entraînait alors les esprits; assurer le recrutement de l'Église en lui fournissant des sujets capables ; et combattre l'influence des ordres religieux
tels que les Dominicains et les Franciscains qui allait toujours en augmentant et faisait concurrence au clergé régulier.
11 est à remarquer on effet f|u'à partir du xnV siècle, le clergé régulier et l'I'nivcrsilé ont toujours eu à se prémunir contre l'envahissement des ordres religieux. Pendant le moyen âge les Franciscains et les Dominicains visaient à s'emparer de tout l'enseignement; au xvf et au xviic siècle les Jésuites devinrent des rivaux bien autrement redoutables. L'histoire de leur lutte avec l'Université, de leurs succès et de leur suppression remplit tout le règne de Louis XIV et celui de Louis XV. Nous aurons à y revenir souvent, car on ne saurait parler de la Pédagogie dans les temps modernes sans donner une grande place à cette puissante société.
La fondation des premiers collèges n'exigea pas des sacrifices considérables : ils ne ressemblaient en rien à ceux que nous voyons aujourd'hui; une petite maison (l'iiiie valeur de cin- (|uante à soixante livres suffisait au moyen ;~ige pour établir un collège'. Aucune appropriation particulière n'était nécessaire. Là vivaient sous la surveillance très débonnaire d'un Piincipal 12 ou II) boursiers étudiant en théologie, en décret ou en médecine; ils recevaient à la fin de clia((ue semaine (|ualre ou cin(| sous montant de leur bourse et ils les (l(''[)eiisaieiil à leur ^uise.
Au(;un cours n'avait lieu à Torigine dans ces sortes de maisons de charité (|ui n'étaient à pi'oprement parlcM- que îles IkMoIleries abi'ilanl (Ir^^ éludianls de vingt cinq ;i trenle ans sui\ant les leçons de la l'iiedu Fouai-re. (Juand, plus lard, au commencement (]i\ W siècle, les Principaux ne se bornant plus à recevoir des boursiers admirent des |iensionnaircs et des externes, plnsiein-s collèges prii-ent un grand (l('\ floppement.
Dans (|uel(|nes uns, tels cpie ceux de .\a\arre, du Cardinal- Lemoine, de licauNais. lonles les classes de grammaire.de l'iu'-tori(|iie el de philosophie y ('iaienl professées. Ce fni'enl les grands collèges; leiu's eonsirnclions s'agrandirent en jiroporli(tn de lenr pi'osj)('iih''. Les autres collèges, les p(>tils, se cou tentèrent de loL;er leni's boursiers de fondation et de leur donner, comme snpph'ineni de l'enseignenienl de la rue du l'"onari"e, qnelipies l(M;ons de |)liiloso|ihie scolasli(pie.