‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 77 sur 319 · Tliunil, ixissini · texte numérisé non relu

Tliunil, ixissini

124 ORGANISATION DE L LNIVEUSITE

Le Principal tirait profit de tout ce qui ne servait pas aux boursiers. Restait-il quelques chambres, quelques pièces inoccupées du rez-de-chaussée, il les louait à des maîtres de pension ou pédagogues, à des précepteurs d'enfants riches, à des ecclésiastiques et môme à des artisans.

Lors de sa visite, en 1688, au collège de Boncour, le Recteur trouva le rez-de-chaussée occupé par un magasin de futailles. C'était peu digne en vérité, et l'Université s'opposa plus d'une fois à ce que cet abus continuât, mais il n'en subsista pas moins jusqu'en 1762, et les petits collèges conservèrent aux xvn« et xvni'^ siècles l'organisation qu'ils avaient antérieurement.

Dans les rues étroites où ils s'élevaient, ils avaient tous, grands ou petits, un aspect triste et sombre comme les couvents et les monastères qui avaient servi de modèles à leur construction. Naguère encore, avant le bouleversement de l'antique quartier latin, on pouvait voir dans la rue de La Harpe les collèges de Bayeux et de Séez, dont l'intérieur et l'extérieur n'étaient rien moins que séduisants.

Le collège Louis-le-Grand, bâti par les Jésuites et dont on ne saurait vanter le grand style architectural et l'aspect agréable, était en comparaison de Sainte-Barbe, du collège d'Harcourt, et de tant d'autres, une véritable maison de plaisance.

Coffin, du reste, le rappelle dans un de ses discours de distribution des prix (OEuvres de Coffin, t. I, p. 161) :

Ihilce est non includi in obscuns parietibux scholarum.

La gaieté si naturelle à la jeunesse ne devait pas s'épandre aussi librement entre ces hautes murailles que dans nos lycées modernes où l'air et l'espace ne sont pas épargnés.

Mais cet état de choses était conforme au but que l'on se proposait. Il ne faut pas oublier qu'au temps même de Louis XIV les collèges étaient autant de séminaires fournissant des sujets à l'Eglise. L'esprit de mortification, l'absence de tout plaisir, l'habitude de la méditation favorisée par la tristesse des lieux étaient autant de conditions jugées utiles pour former de jeunes lévites.

Ce déplorable système resta toujours en vigueur, et ce ne fut qu'en 1762, après l'expulsion des Jésuites, alors qu'un remaniement eut lieu dans la direction des collèges, que le Président

Rolland, Guyton do Morveau et Caradeuc de la Chalotais eurent le courage de dévoiler, dans leurs comptes rendus, combien ces usages et cette triste discipliné étaient contraires au bon sens et aux intérêts de la jeunesse.

Il y avait tlans les collèges deux éléments bien distincts qui les constituaient : Vexercicc et la comvninautc.

L'exercice comprenait le nombre des classes du collège, des matières qui y étaient enseignées et des maîtres chargés de cet enseignement.

La communauld se composait des boursiers et des officiers (lu collège, Principal ou (iraud-maître ou Proviseur, Sous- Principal, Procureur et (chapelains.'

La réunion de ces officiers et des boursiers constituait le conseil du collège, ((ui se prononçait sur l'administration des revenus de l'établissement et sur toutes les affaires civiles qui pouvaient survenir.

Dans les petits collèges, l'Exenuce se réduisait à un ou deux régents de philosophie et la Communauté au Principal et aux boursiers, 11 s'y trouvait (luelquefois des Chapelains, sortes de boursiers-prêtres ([ui célébraient l'office divin pour la Communauté et disaient des messes pour le repos de l'àme des fondateurs ou des bienfaiteurs de la maison.

Dans les grands collèges, l'Exercice! était complet; il comprenait ordinairement sept classes, savoir : la Sixième, la (]in- (|ui('me, la Quatrième, la Troisième, la Seconde, la Rhétoriijue t;t la JMiilosophie. On appelait ces collèges : collèges de plein exercice; le nom est resté. Quelques uns avaient un plus grand nombre d(^ classes et le collège de Xavni-re en coni|ilail jus- (pi'à I \.

.Vu collège (les Quali'e Nalions,' on cr(''a au Win'' sii-cle une chaire de Pliysi(|ue, (4 nous verrons (pi'à Louis le (îrand. devenu centre (le rrniversil('' api('s l'expulsiiui des .h'suites. la composition (In personnel resseinlil.iil beaucoup à celle de noslxci'cs.

Les classes éh'uieulaires n'i'taient pas professées dans le col l(ge; elles ('laienl faites le plus souvent dans des j)ensi(Mis ou |ie(lagogies, dans des ('coles inixies ci dans de peliles ('colcs primaires (pu (lonnaieni ccl enseignenieni maigre la d(''fcn>e do ri'niversil('.

COMMUxNAUTÉ ET PERSONNEL DES COLLÈGES

Administration des collèges : Principal, Grand-Maitre ou Proviseur, Sous- Principal, Procureur ou Économe, Chapelain. — Par qui ils étaient nommés. — Leurs fonctions distinctes. — Influence parfois mauvaise des Chapelains. — Grand nombre des collèges de province. — Même organisation qu'à Paris. — Importance de quelques-uns. — Collèges de Guyenne à Bordeaux, de l'Esquille à Toulouse.

La Communauté dans les grands collèges comprenait, comme dans les petits, des boursiers, un chef portant le nom de Principal, ou de Grand-Maître, ou de Proviseur; venaient ensuite le Sous-Principal, le Procureur ou Économe et les Chapelains ',

Toutefois, le cadre de cette administration variait suivant l'importance du collège. A Navarre il y avait un Grand-Maître, des Principaux et plusieurs Sous-Principaux; dans tel autre, pas de Procureur.

En principe, la nomination des chefs de collège appartenait à la nation dont le collège faisait partie ; cependant, il était fait à cette mesure générale d'assez nombreuses exceptions, motivées pas les actes de fondation et certains privilèges dont jouissaient quelques collèges.

A Navarre-, de fondation royale, le Grand-Maître et les Principaux étaient nommés par le roi^

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