‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 84 sur 319 · Crévier, t. VI, p · texte numérisé non relu

Crévier, t. VI, p

3. Les Principaux ne fournissaient que \i local où se faisaient les cours,

TRAITEMENT DES FONCTIONNAIRES DE L UNIVERSITE 13:i

Grand et Petit Lendit, que se payait la plus grosse part de cette rétribution scolaire. Elle variait entre quatre et six écus d'or. Les écoliers, au son des fifres et des tambours, apportaient à leurs maîtres un verre de cristal dans lequel était un citron renfermant leur redevance.

En retour d'un procédé si gracieux , les maîtres offraient en juin à leurs élèves un grand dîner préparé par eux-mêmes. Plusieurs jours à l'avance, ils allaient au marché, se partageaient les fonctions de cuisinier, sommelier, boulanger, et pour que le régal fût complet, des joueurs de harpe et de flûte exécutaient des symphonies [)endant le repas ".

Au mois d'août, les mêmes réjouissances se reproduisaient, mais c'étaient les élèves qui en faisaient les frais.

Il y avait des lendemains et des surlendemains à ces fêtes ai)pelées Minervalio . Mais, la déesse de la sagesse et de la tempérance y présidait si peu (iircllcs furent formellcnicnl interdites par les statuts de Henri IV.

Les compléments de ces statuts lixèrcnt (léiinitivcment et jusfiu'en 1719, époque où la gratuité de l'enseignement fut établie-, la rétribution mensuelle remise par les élèves à leurs maîtres; elle était, dit l'article o, pour les élèves de Rhétorique, de Seconde ou de Troisième, d'un demi écu d'or ^, et du tiers d'un ('rw pour les élèves des classes inférieures. Les externes payaient chaciiii le quart d'un écu d'or s'ils pouvaient supporter cette d(!pense; on n'exigeait rien des élèves pauvres ou gênés, etcette dernière clause, dont on abusait troj) souvent, portait aux maîtres un préjudice iTanlant plus grand (|u aucune action ne [)0uvait être intentée contre les dt'biteurs.

L'enseignement était considéré comme une |)idfession Iim|i

sans y mcllro aucuii iiioliilipr. Il n'y avait ni liani's, ni vitres aux fiMiilro> : les ri'tiiînls se cliaivcaienl de ces accessoires indispensahles moyennant nno faillie rétribution, et, ijuand le soir venait, ils fournissaient aussi les chandelles et les toiles roiuplaeanl les vitres. Les statiUs de Henri IV al»olireut cetli! redevance.

I. (loujel, Mi'inoiifs fiixtovùjues sur le Colti'';/e df Fniiicr, \k IIS.

"2. 'l'iiéi'y, llisloim (If Véducnlion en Fr(inci\ t. Il, p. il('>.

3. (les écus d'or étaient de, ceux qu'on appelait écus au soleil. Ils «levaient |)eser, d'après les édits de l.iUG et de K'iOI, 2 deniers l."> crains, et valaient (lO sous tournois, ce c|ui représente aujourd'hui, en tenant complet de ladiirérence du prix du marc d'or, lil fr. :17 c. iC.liéruel, hictiontiotiiiaire dt-s Instilittioiis, I. I. j). M'd.)

noble pour qu'on l'assimilât à iiu travail salarié. Ce que recevait le maître était moins le i)rix de ses leçons qu'un témoignage spontané de la reconnaissance de ses élèves.

Néanmoins, dit Crévier, ces ressources suffisaient presque à tous les maîtres, surtout aux régents immatriculés qui, nourris et logés par le Principal gratuitement dans le collège, participaient, une fois leur Biennium accompli, aux revenus des messageries de l'Université '. Leur situation parut même aux Principaux tellement avantageuse qu'ils supprimèrent la nourriture en 16'il. Cette mesure excita, comme on peut le penser, de vives réclamations^; elles étaient fondées; la rétribution scolaire était loin d'être payée régulièrement, et pour l'obtenir chaque maître était obligé, à la fin du mois, de faire la quête dans sa classe et d'accepter ce qu'on voulait bien lui donnera

La cession des messageries de l'Université à l'État mit heureusement fin à une situation aussi précaire. En vertu de cet acte important dont nous avons indiqué les principales conditions, le-traitement fixe des régents appartenant aux dix collèges de plein exercice de Paris fut de 1 000 livres pour les régents de Philosophie et de Rhétorique, de 800 livres pour ceux de Seconde et de Troisième, et de 600 livres pour ceux de Quatrième, Cinquième et Sixième \ Ce prélèvement opéré, et toutes les autres charges acquittées, l'excédent devait être distribué en parties égales entre les régents et les Principaux.

On se basa pour fixer ces traitements sur ce qui se pratiquait au collège des Quatre-Nations, fondé par Mazarin, où, grâce à la riche dotation qu'avait laissée le Cardinal, l'instruction était gratuite depuis 1688 ^ Les traitements au collège des Quatre-

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