Jourdain, p
5. Mazarin avait légué deux millions à prendre sur le plus clair de ses biens. A cette libéralité,' il ajouta 43 000 livres sur l'Hôtel de Ville de Paris, et il demanda au roi d'y joindre encore les revenus de l'abbaye de Saint- Michel dont il était possesseur. Pour couronner ses largesses il ht don au collège de la riche bibliothèque qui porte son nom. (Jourdain, p. 209.)
TRAITEMENT IJES FU.XCTIll.XXAlRES DE L'UXIVEUSITE 133
Nations' étaient relativement élevés, si on les compare à ceux des autres collèges et si 1 on tient compte de la valeur correspondante de l'argent à la fin du xvii'= siècle et de nos jours-.
Le traitement du Grnnd-Maitre était de 1 oOO livres, celui du Sous-Principal de (500 livres, des \ Sous-Maîtres de 400 livres, des 2 régents de Philosophie 1000 livres, des 2 régents de Rhétorique 1 000 livres ; 800 livres étaient allouées aux régents de Seconde et de Troisième; (iOO livras aux professeurs des classes inférieures, 000 livres au professeur de Mathématiques; 1 100 livres au bihliothécaire ; 500 livres au sous-bibliothécaire; 1 100 livres au i^rocureiir; 300 livres au commis du Procureur; 600 livres au Chapelain; l.'iO livres aux deux garçons de salle ^
Tout le personnel était loge dans le collège et y était nourri à la table commune.
D'autres revenus venaient encore s'ajouter à ceux que nous avons indi(|ués. C'étaient les brné/iccs '*. Seuleniciil la r'acullé des arts n'était pas seule à en jouir. Tout gi'adué dans l'I'niversité pouvait prétendre aux bénéfices ecclésiastitpies. On distinguait toutefois les gradués nommés et les gradués simples.
Les premiers étaient ceux qui étaient [)Ourvus d'un diplôme de professeur; ils avaient un ilroit exclusif sur les deux tiers des bénéfices. Les seconds, pourvus simplement d'un grade universitaire sans avoir exercé dans les collèges, concouraient avec les professeurs pour l'autre tiers. Un collnleur était choisi [tar l'autorité ecclésiastique pour conférer les l)énélices. et les compétitions étaient nombreuses, ardentes ".
Quant aux bénéfices de l'Université, ils comi)renaii'iit onze
1. Le rollrpc des Qiialre-Nalioiis avait tUé ainsi nonimt' pour porpi-tiior le souvenir (les (puilre itroviiices ([ue Ma/.arin avait (irtiiiilivenicnl rennies à la France par les Iraili's de Wc^liiliaiic (ICIS) et des i'yrénées ^Ido'J). (Jourdain, p. 20S.)
2. Suivant M. Pierre Clément, de l'insliliit. pour avoir la valeur approximative en francs actuels de l'argent a la lin dn xvn" siècle, il faut multiplier par ."i. Ainsi iOO livres de cetli' épocpie valaient déjà, il y a quarante ans, 2 000 francs; elles vaU-nt au moins un tiers de jibis aujourd'hui, tlcvue de l'Ins/n/r/iiiii /iit/ilii/iti', aniii'e iSlil, p. 2S2.)
:i. .loiirdain. l'iri-rs jit.il i/ic/i/ ires, p. 117.
l. Nous avons (Icj.i dii i|n'i| y avait dmix sortes di- hénélices, les uns ecclcsiastiiiiii'- ou apost<dii|ues coiu'édés par Ir Saint-Siège, les autres aitparlen.iiii rn propre ii j'iliiiver-^ili-.
y. Iiihliutlir(pir Ma/arinr. jtfni.'il \. p. TA.
chapellenies, et les trois cures de Saint-Germain-Ie-Vieiix, des Saints Côme et Damicn, et de Saint-Aiidré-des-Arcs. S'il s'ag-issait de donner une chapellenie, l'Université avait le droit de la conférer à qui lui semblait digne de cette faveur, mais, pour les trois cures, elle présentait des candidats à l'archevêque de Paris (jui nommait définitivement. Cluujuc Faculté avait son tour pour l'obtention des bénéfices vacants : le premier appartenait à la Faculté de Théologie, le deuxième à la Faculté de Décret, le troisième à la Faculté de Médecine, et le quatrième successivement à chacune des Quatre Nations de la Faculté des arts, de sorte que dans le revenu commun cette Faculté percevait quatre fois plus que les autres '.
La position des régents dans les grands collèges n'était donc pas trop défavorable à partir de 1719; elle devint encore meilleure lorsqu'en 1783 le revenu des Messageries fut porté de 128 000 livres à 300 000 livres. En réunissant le traitement fixe et les suppléments éventuels, les régents de Philosophie et de Rhétorique touchaient alors 2 400 livres par an ; ceux de Seconde et de Troisième 2 200 livres; ceux de Quatrième, de Cinquième et de Sixième 2 000 livres.
La pension d'éméritat, qui s'acquérait par vingt ans de services, restait fixée à 1 400 livres, ainsi qu'il avait été réglé par les lettres patentes de 1766; néanmoins les vingt plus anciens émérites recevaient encore un supplément de 300 livres, ce qui portait le taux de leur retraite à 1 700 livres -.
A Louis-le-Grand, en 1768, le traitement du Principal était de 3000 livres; celui des quatre Sous-Principaux de 1 700 livres ^ Si l'on n'oublie pas que l'argent à cette époque valait près de quatre fois plus qu'aujourd'hui, on voit que les choses n'ont guère changé, et que les o ou 6 000 francs alloués aux professeurs de nos lycées sont à peine équivalents aux 2 000 francs qu'ils percevaient avant la Révolution française.
Dans les collèges de province, les traitements étaient beau
1. Défense des droits de l'Université de Paris, de son Recteur, de ses Quatre Nations et de ses quatre Procureurs, (Bibliothèque Mazarine, Reg. 18 408, A, p. 229.)