‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 87 sur 319 · Bibliothèque Mazarine, Collège Louis-le-Grand, p · texte numérisé non relu

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TRAITEMENT DES FUNCTIOXNAIUES DE LL'.NIVEUSITE 137

coup moins élevés*. Au Havre, en particulier, où il n'y avait que deux régents, le premier recevait loO livres et le second 100 livres par an, outre la table et le logement. A Caen, à Toulouse, à Bordeaux, les traitements se rapprochaient île ceux de Paris, mais alors, comme aujourd'hui, la vie dans les petites villes était beaucoup moins coûteuse que dans les grands centres de population.

Les ordres religieux donnaient du reste l'exemple, car les traitements de leur personnel étaient minimes. Nous lisons dans les documents conservés aux Archives Nationales, sur les collèges de l'Oratoire, que les règlements fixaient le traitement des Supérieurs et des régents à 80 livres et ceux des Frères à 60 livres par an. Chez les Jésuites, les dépenses du personnel étaient encore plus réduites, alors que leurs revenus, provenant de donations et des recettes de leurs pensionnats, étaient élevés. C'est ce qui explique, en dehors de plusieurs autres causes que nous aurons à examiner, l'avantage que les établissements religieux ont toujours eu sur les collèges de l'Université; comme ils dépensaient peu et gagnaient plus que Irtirs rivaux, ils ont pu avant ces derniers donner chez eux 1 instruction gratuite et avoir une grande iniluence.

1. Piganiol de la Force, Description de la France, t. IX, p. o"2.

PENSIONS OU PÉDAGOGIES

Deux sortes de Pensions ou Pédagogies, les unes primaires, les autres secondaires. — Réclamations et droits du Grand-Chantre de Notre-Dame sur les Pédagogies de l'enseignement primaire. — Revendication de Claude Jolly. — Importance du Graml-Cliantre de Notre-Dame. — Ses attributions. — Bénéfices importants qu'il en retirait. — Chaque autorisation donnait droit à une rétribution. — Nombreuses autorisations données à des gens sans mérite. — Écoles de latinité faisant concurrence illégale aux collèges. — Charlatanisme des Pédagogies. — Écoles buissonnières. — Classes élémentaires établies dans les collèges pour remplacer le mauvais enseignement donné dans les écoles de latinité.

On distinguait detix sortes de Pédagogies ou Pensions, les unes donnant l'instruction primaire, les autres l'enseig-nement des lang-ues anciennes. L'Université prétendait avoir des droits sur les deux, mais le Grand-Chantre de Notre-Dame revendiqua pour lui cette prérogative. Claude Jolly, homiTie d'énergie et de talent, insista surtout en 1625 pour faire prévaloir ses droits sur toutes les Pédagogies établies à Paris.

Il faudrait plusieurs volumes pour raconter les mille incidents de ce procès où la passion et surtout l'intérêt jouèrent un grand rôle. Il nous suffira de dire que le Parlemenf mit lin aux débats en décidant que les écoles de latinité dépendraient de l'Université, et que les petites écoles se bornant à l'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul resteraient sous la dépendance de l'archevêque de Paris dont le Grand-Chantre était le mandataire.

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C'était un personnage important que le Grand Chantre de Notre-Dame : il dirigeait le chœur, portait le bâton aux fêtes solennelles majeures, était revêtu de la soutane rouge dans les cérémonies pu]jli(iues; il installait et mettait en possession tous les dignitaires de l'Eglise, excepté le doyen; il recevait le serment de tous les abbés et de toutes les abbesses du diocèse; il présidait le chapitre en l'absence du doyen et était directeur, juge et coUateur de toutes les écoles de Paris et de la banlieue '.

Ces dernières attributions lui étaient d'autant plus chères qu'elles lui doimaient, outre l'honneur d'être à la tête de l'instruction primaire, l'avantage d'en retirer d'assez gros revenus-. Les adversaires de Claude JoUy ne les estimaient pas à moins de 4000 livres par an; ils provenaient du droit perçu par le Grand Chantre pour chaque autorisation de petite écdle^ Ce gros chifTre indicjue combien étaient nombreuses ces autorisations; le (îrand-Chantre, en effet, ne s'en montrait pas avare, et le mérite des postulants n'était pas, si nous en croyons les mémoires du temps, le motif (pii le déterminait. Tandis que l'Université exigeait des maîtres de pension ({u'elle autorisait le grade de maître es arts, le Grand-C-hanlre ne demandait aux siens aucune [)reuve de capacité. 11 suffisait de payer le droit de licence et l'on enseignait même le lalin sans être nullement inquiété.

Les écoles de latinit('', à leiu' tour, faisaient concurriMice aux collèges en .idnicdaul, conlrairement aux règlements, des élèves de grammaire, d'immanités, et même de rhélori(iue alors ([u'clles devaient se borner aux classes élémentaires.

Pour obvier à ces alius, le Parlement, jiar un airèt de Kidl, enjoignit aux maîtres de pension de n'avoir aucun sous maître enseignant le lalin (|ui ii(> présentât le diplùmede maître èsarls ' ; mais cel ari'èi ne l'ut pas observé. Les chefs de Pédagogies con linuèfcnl à pirndce, à \ il |iii\. les premiers sons maîtres venus,

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