ROMA.IN ROLLAND
xMais, ni la tristesse d'une âme noble que la vie brutale a froissée, ni la claire vision des vilenies humaines, ni même le généreux pardon des offense^, ne sont le dernier mot de Romain Rolland. Pour lui, comme pour Beethoven, la douleur n'est que la route ardue qui doit conduire à la joie.
En'proie aux pires détresses qui puissent étreindre le cœur d'un homme, un ami très cher que nous avons perdu, récrivain genevois Philippe Monnier, rép>était souvent, même dans ses jours les plus sombres : « C'est la joie qui est la vérité, c'est la joie qui doit être le dernier mot. » Monnier aimait Romain Rolland, sans le connaître personnellement. Il le mettait près de cet autre idéaliste au cœur tendre et vaillant, Fogazzaro. Voilà bien ceux auxquels nous donnons notre confiance.
Notre génération est. Dieu merci, guérie de la crise de neurasthénie collective,
qui, comme un souffle pestilentiel, passa sur l'Europe, vers i885. Ce que nous voulons, ce n'est plus cette « Course à la mort » dont nous parla Edouard Rod, mais bien la Course à la vie. Nos guides ne sont pas les faibles, tremblants d'avance, à la pensée des coups du destin et ne sachant avoir devant ses menaces qu'une attitude courbée. Nous voyons, comme l'a dit Romain Rolland, que « la nuit du monde est éclairée de lueurs divines ». Ces lueurs lointaines suffisent à nous montrer la route. Et quand l'ombre croît, nous cherchons la main de ceux qui nous apprennent à vivre et à mourir debout.