RÉPONSE DU BERGER A LA BERGÈRE
Monsieur,
Celui qui règne à l’Académie et qui gouverne tous les Dictionnaires, àquiseul appartient la calvitie, la palme verte et la taquinerie politique, est aussi le seul qui se glorifie de taire la loi à la littérature et de lui donner, quand il lui plaît, de grandes et terribles leçons... ( Trois colonnes.
...... Et maintenant, venez, écrivains, venez poètes,
philosophes, historiens, vous qui tenez le sceptre de la plume, vous qui faites vibrer les cordes d’or de la lyre, vous qui enseignez la science aux mortels, vous qui burinez sur l’airain et le marbre les grandes figures du passé, venez contempler la grande Académie ! Des vieillards taciturnes, des hommes politiques entrant par la porte littéraire, des hommes littéraires entrant par la porte politique, des colonnes grattées à neuf qui pleurent autour d’une coupole, et des casse-noisettes gémissant surleurs cheveux qui tombent et leur ardeur qui s’éteint. »