‹ Roman incohérentChapitre 74 sur 93 · LE SALONNIER FANTAISISTE · texte numérisé non relu

LE SALONNIER FANTAISISTE

Je n’entends absolument rien à la peinture, et je ne voudrais pas décourager des artistes de talent par des critiques inutiles. J’ai, il est vrai, entendu parler de différentes écoles, école italienne, espagnole, flamande, française, etc. ; mais je dirais volontiers comme le peintre d’Ornans, ( Bonjour , monsieur Courbft) : « Rophoel , j e ponse que c’est un galopin. » Je ne vous parierai donc pas des innombrables Sous-Bois, Fleurs et Fruits, Automne, Départ et retour de la pêche, Environs de..., Bords de... le Soir et le Matin , Une Rue à.,.,

ni des Rêveries et des Confidences, des] Intérieurs des Lavoirs et des Abreuvoirs, du Fumeur traditionnel et du Liseur indispensable, des Cléopâtre , des Madeleine et des Ophèlie, à peupler des sérails, des déserts et des étangs sans nombre. Une Exposition ne serait pas complète sans ces éléments obligatoires. Par exemple, je trouve qu’il y a trop de femmes nues. Je les aime assez, mais on en abuse.

Je me suis demandé bien souvent ce qu’il adviendrait des artistes, si l’art était soumis au suffrage universel.

Allez à une Exposition de peinture et approchez-vous des tableaux où la foule se presse. Il ne faut cependant pas trop s’étonner de son absence de goût, quand on considère que les critiques, les experts et les hommes du métier eux-mêmes ne s’accordent jamais sur la valeur d’une chose d’art.

Je me suis amusé parfois à écouter les dialogues des groupes, et j’ai recueilli des appréciations désopilantes.

Le Livret lui-même n'est quelquefois pas exempt d’une douce gaieté., Il me souvient d’un tableau représentant une fille d’Ève, dans le costume primitif de sa mère et vue de dos, inscrite avec cette mention : « Mutinerie. D

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