PARIS CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS
3, RUE ÂUB£R, 3
Je veux refaire à votre intention le chemin romanesque, le chemin que j'ai fait sans savoir où j'allais, quand je venais vers vous. J'ai à peine osé vous dire, hier, la parole qui vous a laissée souriante et troublée. J'ai mis si longtemps à vous connaître et vous me connaissez si peu.
Ces pages seront ma confession. Je vais essayer de décrire la route que j'ai suivie pour vous rejoindre. J'ai peur de ne pas réussir. Ce qui vient de m'arriver est si imprévu, si difucile à exprimer. J'ai fait de singuliers détours avant de toucher au but que je ne soupçonnais pas. Et tout cela, très vite, au train d'aujourd'hui. Mais, du point élevé où je suis parvenu, le chemin qui m'a conduit vers vous m'est si cher, à
présent, qu'il m'est doux de revenir, d'un trait, sur mes pas pour tout revivre et ne rien oublier. Je veux recommencer 1 étape en vous la racontant.
Si je dis sans art les choses que j'ai senties, vous les verrez, j'espère, à travers notre amour et,grâceàlui, elles vous intéresseront.
Pardonnez-moi de dire la vérité, toute la vérité, rien^que la vérité. Je vous la dois, désormais, absolue, et je vous la devrai tout au long de ma vie.