Canto III, st. 96 et suiv
XIV ROMANCEIRO PORTUGAIS
Dès cette époque, le portugais était singulièrement formé. Il fut une langue littéraire comme la langue d'oc. Comme elle, il était entendu dans des pays d'où il n'était pas originel. Nous avons déjà dit un mot des cantiques qu'Alfonso X> roi de Castille, composa dans cet idiome, en l'honneur de la Vierge.
Revenons un instant à ces poésies, le monument bien authentique le plus ancien que possède la langue galicienne. Les pièces qui le composent sont de deux espèces :
les unes lyriques, pleines de sentiment, et qui ne manquent pas d'un certain souffle ; les autres offrant le récit de miracles racontés avec une charmante simplicité l .
Quant à la forme rythmique, contrairement à l'opinion de Ticknor 2 , M. Milày Fontanals ne peut y voir, à l'exception d'un très petit nombre de morceaux, ni une dérivation de la poésie artistique provenqale, ni l'emploi de mètres exclusivement nationaux. Il y trouve plutôt un
i. Milà y Fontanals, De los Trovadores en Espafta