‹ RomanceiroChapitre 18 sur 96 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

gue allégorique A Corte impérial et d'autrès ouvrages qui faisaient partie de la bibliothèque de son fils Dont Duarte.

Joan avait épousé une fille du duc de Lancastre, et ce mariage rapprocha le Portugal de l'Angleterre. Camoens a rappelé comment alors deux chevaliers portugais se rendirent dans la Grande-Bretagne pour y venger Vhonneur de dames outragées " . Les exploits de ces paladins furent dignes des romans de chevalerie dont la vogue parait alors avoir été grande. On importa d'Angleterre le Saint Graal,, Joseph d'Arimathie et d'autres livres du même genre. On commença aussi, vers cette époque, à s'occuper de V antiquité.

Ce fut alors que Pedro de Berchense introduisit , dans sa traduction de Tite Live, beaucoup de mots empruntés au latin; plusieurs d'entre eux faisaient déjà partie de la langue portugaise, mais ils s'y étaient introduits simplement formés par les procédés de dégénérescence phoné»

tiqne, ils y reparaissaient ayant à peine perdu leur aspect originel 2 . A peu près

i. Canto VI, st. 43 et suiv. — 2. Braga, Manual da hist. da litt. portugue\a, p. 109 et suiv.

XXVI ROMANCEIRO PORTUGAIS

dans le même temps, un travail analogue se produisit dans la langue française. Elle renferme aussi deux couches de mots empruntés au latin, mais les uns par les illettrés, les autres par les érudits '. Les trois fis de Dom Joan furent au nombre des hommes les plus remarquables de leur temps. Le chroniqueur Ruy de Pina a dit de l'un d'eux, Dom Pedro :

« // fut bon latiniste et versé dans les sciences et les lettres et très adonné à Vétude, il traduisit du latin le Gouverne-* ment des princes (O regimento de principes), composé par Gil Correado, et les Offices de Tullius et Végèce : De re militari, et, en outre, écrivit un ouvrage qui se nomme La vertueuse bienfaisance (A virtuosa benefeituria). » Dom Pedro fit poète aussi, non-seulement dans sa langue, mais encore en espagnol, subissant .comme beaucoup de ses contemporains, l'éclat de la cour si littéraire de Don Juan II, roi de Castille. L'infant échangeait des vers avec le célèbre Juan de Mena, et ce fut dans l'idiome de ce dernier qu'il composa

i . Bràchet, Grammaire historique, p. 70 et suiv.

Page 1