‹ RomanceiroChapitre 19 sur 96 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

une œuvre de cent vingt-cinq octaves : El menosprecio del Mundo. Dom Pedro fut encore un grand voyageur : a Son insatiable désir d'apprendre l'avait éloigné de sa patrie dans sa jeunesse, dit De los Rios, le poussant à visiter les cours les plus brillantes de V Europe, où il fit amitié avec les hommes les plus instruits. Ses voyages s'étendirent même à quelques partiçs de l'Afrique et de l'Asie, donnant origine à la croyance populaire qu'il avait parcouru les sept parties du monde et lui valant d'être désigné ainsi : Dom Pedro, celui des sept parties '. » Ce prince ', doué de grandes qualités politiques , joua un K rôle important dans le royaume; il fut le tuteur de son neveu, Dom Affonso V, mais d^horribles calomnies ne l'épargnèrent pas et sa mort fut bien tragique. Le fils de cet illustre infant fut le connétable de Portugal, lui-même très lettré, à qui Santillana adressa une lettre que nous avons souvent rappelée, et qui est un résumé de l'histoire poétique de la pénin-

i. De los Rios, Historia critica de la literatura espanola, t VII, p. 71.

XXVIII ROM ANC El RO PORTUGAIS

suie ibérique. Dom Henri que, frère de Dom Pedro, fut également un prince très remarquable. lift faire de grands pas à la science géographique ; voyageur intrépide, il accompagna Bartholomeo Ferestrello, dont Christophe Colomb devint le gendre, et découvrit avec lui Vile de Madère.

Le roi Dom Duarte (i433-i438) ne fut pas moins savant que ses deux frères.

On a imprimé de lui un gros traité : El leal Conselhciro, ouvrage doctrinal, tour à tour théologique, philosophique, moral, qui rappelle un peu El libro de Castigos du roi de Castille, Don Sancho-el bravo.

Dans ce Leal conselheiro, on retrouve neuf opuscules qui avaient été publiés isolément et quatorze autres qui étaient restés inédits. Aux premiers appartiennent des observations sur l'art de bien traduire : De manera para bem tornar algua leytura em nossa linguagem (Cap. L.

R, vin, p. 4y 6). Joignant l'exemple aux préceptes, Dom Duarte mit en vers portugais un hymne latin du x e siècle. C'est la seule poésie que nous connaissions de lui. Il composa toutefois bien d'autres

Page 1