NOTRE-DAME DES MARTYRS
Opure Vierge des Martyrs, belle Vierge sainte Marie , étoile brillante du ciel , lumière éclatante du jour, tous vos miraclçs compter, qui le pourrait faire jamais. Le plus merveilleux entre tous, s'est accompli dans cette ville que l'on nomme Castro-Marim, et ce miracle fut si grand qu'en Portugal et en Castille, et même jusqu'en Barbarie il cause, à qui l'entend conter, admiration et stupeur.
Il était un chrétien qui menait une triste vie, dans le plus pénible esclavage. Là-bas, sur la rive d'Alger, plus cruelle captivité, nul chrétien jamais n'endura. Le chien de More qui l'avait acheté à Almcria, nourrissait tou-
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jours cette peur que le chrétien ne s'échappa 1. Et, sans cesse, ce chien maudit, qui vivait d ^ uS l'inquiétude, d'une façon impitoyable moX ^ $m tait le pauvre captif. Il ne savait qu'imagi:*^ er pour le garder plus sûrement. Il avait co> *&mandé qu'on fit un coffre excessivement ^°" lide, et dans le coffre sans retard il mit le nm mineure ux chrétien. Il n'était pas encore contint de ce qu'il avait fait ainsi, et toujours son nichant esprit était troublé de mille craintes, mais l'idée d'un autre tourment vint bientôt réjouir son âme. Il lia d'une grosse chaîne l es pieds et les mains de l'esclave, et outre cel a i sur le coffre ce chien d'infidèle dormait. I^ e chrétien avait seulement de l'eau trout>l e avec du pain noir, mais une invincible espérance qu'il mettait dans la sainte Vier^ e faisait poindre une vie nouvelle sur cel^ e qu'il passait ainsi, et nuit et jour il invoque* 1 * la bonne Vierge souveraine pour que se* ** âme eût vigueur et pour qu'elle le délivra* 1 de si dure captivité. La sainte Vierge d^ s Martyrs entendant toute sa prière, pour cet ^ e âme dans la douleur ne resta pas impitoy^*-^ ble. Le coffre qui était sur terre, tout à coût f fut entouré d'eau; emportant le chien d'ir* - " fidèle qui sur le couvercle dormait, sur 1&
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surface des eaux trois jours durant il navigua. De'jà paraissait le matin, le matin d'une belle journée. De nouvelles plages se montrent, d'autres cieux, quelle alle'gresse ! D'une tour, le coq par trois fois a le grand miracle annoncé. Les cloches des clochers sonnèrent sans que personne les touchât, car tout le monde dormait encore. Les aboiements de plusieurs chiens retentirent jusqu'à la mer.
Quand le More entendit les cloches il fut désolé de se voir, de se voir avec son esclave, dans une contrée étrangère, dans un pays inconnu.
Echouant sur un sable fin, le coffre s'ouvrit de lui-même, avec un visage bouleversé, le More dit à son esclave : — Chrétien, quel est ce pays ci qui paraît être un grand royaume? Est-ce que dans ton pays, chrétien, les coqs chantent, les cloches sonnent, les chiens aboient avant le jour?
— Je sais que ce pays est mien, quand je ne le reconnaîtrais pas. Dans cette contréec^i, seigneur, les coqs chantent, les chiens aboient à l'envi, avant que paraisse le jour. Le Sarrazin épouvanté de ce qu'il apprenait de l'esclave, sans lui demander rien de plus, de sa chaîne le délivra : — Lève-toi^
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et pardonne-moi, chrétien, le mal c t'ai fait. Jusqu'ici tu fus mon esclave et tenant je suis le tien.
Tout le peuple était accouru afin d un tel miracle. Avec leurs pourpoints nats les gens de justice étaient là. En d'un saint ermitage tous ils ont pris 1 min. Le More avec une foi vive dei alors qu'on le baptise. Et voilà qu'au p la Vierge jaillit une source si pure, si c line, qu'elle causait à tous admiration, cette eau bénite, cette eau de si grande ' fut incontinent baptisé le More de Bar le fils d'Agar. Au-dessous de la fraîche foi et de l'eau qu'elle répandait, il se forn beau lac, et pour combler tant de pro au bout de sept jours,'un vert frêne s'éli du milieu des eaux. Il était merveille voir comme il croissait rapidement. Et c ce temps à la Vierge on fit là un pèleri et tout le monde s'y rendait, de Portu de Castille.
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JÉSUS M ENDIANT
Un laboureur allait par les champs, il rencontra un mendiant, et le mendiant *Ui dit : prends-moi dans ton chariot.
Le laboureur s'empressa de mettre le pauvre dans son chariot, il le conduisit dans sa Maison, dans la meilleure pièce qu'il y avait. U ordonna de lui pre'parer à souper, ce qu'il y avait de meilleur à manger. Et quand la table fut dresse'e, le pauvre ne mangea rien. Le laboureur ordonna de lui faire un lit, avec les meilleurs draps qu'il y avait : dessous du damas rouge, par dessus de la fine toile.
Au milieu de la nuit, le pauvre gémissait.
Le laboureur se leva, pour voir ce qu'avait
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le mendiant. Il le trouva crucifié sur u croix de fin argent.
— Mon Seigneur, si j'avais su que vous f siez dans ma maison, j'aurais fait des pré| ratifs, car chez moi rien n'était prêt. — T; toi, ô laboureur, ne te trouble pas Pesp Dans le ciel je te garderai un trône de argent, un autre pour ta femme qui le mér bien aussi.