‹ RomanceiroChapitre 81 sur 96 · LA FILLE DU ROI DE FRANCK · texte numérisé non relu

LA FILLE DU ROI DE FRANCK

Une jolie variante de ce romance existe en Kspagne :

De Francia partiô la uifia.

Almeida Garrett croyait ce chant d'origine française et pensait qu'il avait pu passer Ici Pyiénécs à la suite de Henri de Bourgogne. A propos do la même pièce, Wolf dit : a La version portugaise est vraisemblablement plus près de l'original français que la version castillane. Toutes deux roulent sur le même sujet, le lieu de la scène, dans toutes deux, est voisin de Paris; la légèreté des fabliaux, un ton rapide et la croyance aux fées sont plus marqués dans le premier de ces romances. »

{Proben portugiesischen und catalanischen Volksroman^eriy p. 54). Nous osons ne pas être de l'avis de l'illustre critique, il nous semble que la leçon e spagnole a mieux conservé le caractère des fabliaux. De los Rios a aussi recueilli un chant

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analogue dans les Asturies (Hisioria critica, t. VU, p. 44*\ mais voulant toujours reserver la priorité à sa patrie, et ne semblant pas connaître les similaires français, il le prétend original. Dans les versions portugaises, il y a, comme nous le disions dans la note précédente, un mélange des deux romances, et la conclusion du second est, en général, empruntée à d'autres romances finissant par une reconnaissance imprévue de frère et de sœur comme Don Bueso. On a plusieurs leçons de ce morceau, nous avons choisi un texte de l'île Saint- Jorge, donné par Braga, Cant.pop. do arch., p. i83, parce qu'il s'éloigne un peu plus que les autres du chant espagnol.

On peut rapprocher ce romance d'un grand nombres d'autres chants populaires, voyez Chants pop. du pays messin, p. 112; Vaux de vires, d'Olivier Basselin, p. 2** 5; Romancero de Champagne, t. II, p. 137; Chants pop. des prov. de VOuest, t. I!, p. 90; Chants pop. de la Franche-Comté, p. 96; Chants pop. du Canada, p. 88; Canti Monferrini, n° 55; Chants pop. de la Provence, t. II, p. 90; Études sur la poésie pop. en Normandie, p. 33 ;

M. Bladé (Poésies populaires de l'Armagnac et de VAgénais, pages 76 et 114) a donné deux variantes de cette chanson. La première est fort jolie, Margueridette s'y fait passer pour la fille d'un bourreau ;

Je suis la fille du bourreau, Du bourreau de la ville.

Quand ils ont eu passé le bois, Elle s'est mise à rire.

— Belle, peut-on vous demander Ce qui vous fait tant rire ?

— Je ris de moi, je ris de toi, Je ris de ta sottise.

Je suis la fille du seigneur, Du seigneur de la ville

Un chant grec offre quelque chose de cette situation; comme il est court ei peu connu, nous en donnons la traduction.

La perdrix.

a Une perdrix, matin et soir.se vantait qu'il ne se rencontrerait pas de chasseur qui la prendrait. Le chasseur, quand il l'entendit, trouva la chose bien piquante. 11 tend lacets sur la plage, il plante gluaux dans les champs, il jette des filets de soie dans la fontaine neigeuse. La perdrix vient pour y boire, elle est prise par le cou. — Chasseur, relâche un peu ton filet ou mon âme va s'en voler. — Et quand il relâche le filet, elle joue des ailes et s'échappe. — Bonne chance, chasseur, pauvre chasseur débonnaire, tu as laissé partir la perdrix pour qu'un autre te l'enlève. »

(Passovv, Popularia carmina Gr&cicc p 377.)

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