LE CHASSEUR
Quoique ce romance figure dans les romance ros castillans Primavera y flor % t. II, p. 74), Almeida Garrett ne le croit pas d'origine espagnole. Le merveilleux qui y règne lui semble indiquer une autre source. Le romance suivant, avec lequel celui-ci se confond dans certaines leçons, se retrouve aussi en Espagne et sous une forme beaucoup meilleure. Nous avons suivi le texte d'Almeida Garrett.
Dans un romance asturien, la Pèlerine, recueilli par De los Rios {Jahrbuch, t. III, p. 279), la fille d'un roi, emmenée par la sainte Vierge du palais de son père, est conduite dans une forêt où elle doit rester sept ans moins un jour, sans manger, sans boire et sans parler à personne. Une petite colombe blanche viendra la voir chaque jour, tenant dans son bec une fleur jaune, et à l'odeur de la fleur on saura bien qui envoie la colombe.
Un ouvrage célèbre de l'ancienne littérature castillane, La Gran Conquista de Ultramar, con-
tient une version de l'histoire du Chevalier au cygne*, on y raconte qu'Isonberte prit la fuite pour échapper à un mariage. Elle rencontra une barque que personne n'occupait. Elle se plaça dans cet esquif et le laissa aller au hasard. Au bout de quelques jours, la barque aborda. Isonberte sauta à terre et se trouva dans un pays sauvage. Le comte Eu s tache, qui en était seigneur, se livrait justement au plaisir de la chasse. Sa meute, flairant les traces de l'infante, se mit à la poursuivre, Isonberte, effrayée, grimpa sur un arbre, au milieu des branches duquel elle s'offrit aux regards charmés du jeune seigneur. — Cette situation pourrait avoir eu quelque influence sur le début de notre romance. (Voir Vieux auteurs castillans, t. I, p. 401.)
Dans la Chaine traditionnelle (p. m), M. Husson, sans grands motifs, ce nous semble, rattache notre romance à un conte indien.