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Romancero de Champagne

Après la chanson de Vannée, la chanson de la vie. Apre* la chanson de la vie, celle de l'histoire. La Champagne avait ses légendes de famille, ses chroniques rimées, ses chants historiques, comme elle avait sa nationalité. Le nombre en fut grand, mais presque tous sont tombés dans l'abîme des âges. La révolution s'est fait un plaisir d'accélérer leur chute. Au milieu des raines, çà et là, nous avons récolté quelques souvenirs encore debout. Çur le champ de bataille, nous avons trouvé trépassés et mourants, meurtris et mutilés. Nous avons rencontré bien des chants postérieurs aux événements dont ils parlent : nous leur avons donné l'hospitalité. A qui garde la mémoire de ses pères, estime et sympathie. De tous ces échos des anciens jours, nous avons fait notre livre : ils sont rangés, non pas à la date de leur composition, mais à celle des faits qu'ils racontent. De leurs auteurs nous ne nous soucions. Point ne s'agit ici de poésie, mais de l'histoire et dosa chanson.

Comme le Petit-Jean de Racine, nous pourrions vous dire sur les temps antérieurs au déluge quelques paroles bien senties : mais hâtons-nous d'arriver au grand cataclysme qui a semé des mâchoires à Abbcville, et peut-être ailleurs. Il y a des races, comme celle des enfants disraël. dont les bulletins remontent plus loin. Les bonnes gens de Champagne avouent humblement qu'avant cette époque, ils ignorent l'histoire de leurs ancêtres; mais, à partir 4e ce moment, le voile du passé 6e lève pour nous, et nos aïeux sont acteurs sur la sc< ne du monde.

Or faites paix, por Dieu le roi id» >U Encore orrez chanson et bone et belle.

Cil jongléor, sachiez, n'en scevent gui res. De la chanson ont corrumpu le geste.

Mais j' la dirai : bien en sais la matcre (1).

Janus ou Noé fut père de Japhet, qui engendra Samolhès : ce fut ce dernier, si nous eri croyons le savant Bergier, qui fonda Durocort, c'est-à-dire Reims. La maison d'Estherazy possède sa généalogie jusqu'au premier homme. La Champagne avait été plus modeste : mais comment faire taire t'envie? Il fallut capituler et offrir une transaction.

Samothès fut institué par son grand-père Noé simplement premier roi des Gaules, 2493 ans avant Jésus Christ, ni plus ni moins : il engendra Magus , qui bâtit Rouen ( Rotho- Magus, première concession),— etf ut père de Sarron.— Sarron fut l'auteur de Drius, fondateur de Dreux (deuxième concession), et inventeur du druidisme, qui a retenu son nom.— Sur la biographie de ces princes, pas de question, s'il vous plait : — « Et à tant souffisè de savoir de tous nos premiers roys, que tous furent bons princes et sans vices , dont nous devons rendre grâce et louange au bon père Noé, qui telz nous les bailla : et en ce appert qu'il avoit grand désir que le monde fust bon, quand il leur baillent de tels princes (2). »

Après le roi Drius, régna son fils Bardus,— lequel fut inventeur de rimes, c'est à-dire de rhétorique et de musique : « Et pour ce il fut fort renommé entre les siens, et introduisit une secte de poètes et de rhétoriciens, lesquels furent nommés bardes, lesquels chantoient mélodieusement leurs rymes avec instrumens, en louant les ungs et blasmant les autres (3) .»

Voici donc trouvé le père du gai savoir, le capitaine de nos trouvères, le patriarche de la chanson française.— Nous n'avons pu recueillir aucune de ses ballades. — Constatons seulement qu'il engendra Longho, lequel fonda Langres, en Champagne (Lingonum civitas, troisième concession).

(1) Roman d'Ogier i'^rdenot*.— Raimbcrt de Paris, XI* chant.— Barrois.

(2) Illustrations des Gaules, J. Lemâire, chapitre X.

(3) Ibid.

Après Longho, Bardas le jeune; après celui-ci, Lucas, puis son petit-fils, Jupiter Celtes, qui donna son nom à ses sujets. A cette époque, la loi salique n'existait pas, et nos rois n'étaient pas rigoureusement obligés d'avoir des fils : le nouveau prince n'eut qu'une fille ; mais quelle fille ! C'était une géante. Quel Celte pouvait prétendre à partager son lit et sa couronne? — Heureusement, Hercules de.Lybie vint dans nos contrées. —Comme on ne pouvait trouver mieux, Galathée dut s'en contenter.— Nos ancêtres profitèrent de l'occasion pour, du no/m de leur reine, taire celui de Galls, Gaëls, Galathes, Gaulois, qu'ils adoptèrent.— Ils ont toujours aimé les choses nouvelles.— Hercules voulut leur payer sa bien- venue : — « 11 se mit à fonder une grosse et puissante cité sur une haulte montaigne, en une partie de Gaule celtique, qu'on dit maintenant le duché de Bourgogne, entre Authun et Langres, qui ^st l'un des bons pays du monde : laquelle cité il nomma Alexia, qui signifie conjunctiveou copulative, parce que le très-noble sang de deux diverses nations y fut conjoinct, et peupla icelle grandement. Si fut depuis en grant florissance, mesmement du temps de Jules César, devant laquelle planta un merveilleux siège et fit des bastillons en forme de fleurs de lys... Maintenant Alexia n'est qu'une petite bourgade au pays de l'Auxois, non pasloing de Flaviguy (1). »

Cette légende, qui fait honneur à la Bourgogne et à la Champagne, prouve que nos provinces n'ont pas, comme on l'a dit, oublié leur glorieux passé.

Hercules et Galathée eurent deux fils : Galatheus, roi des Gaules, et Tuscus, roi d'Italie et aïeul de Dardanus, fondateur de Troie. — Attention, Bonnes Gens, notre histoire, |K)urètreun instant compliquée, n'en est pas moins vraie. — Belgius, arrière-petit-fils de Galatheus, roi des Gaëls, eut l'idée de proposer à ses sujets un changement de nom : ce qu'ils acceptèrent avec la reconnaissance due, sous notre ciel, à toute innovation. De Gallo-Celtes, ils devinrent Gallo- Bfclgeéj et n'en furent, sans aucun doute, que plus heureux. Maison ne peut tout faire, et Belgius n'eut pas d'enfants.

Les légitimistes, car il y en avait beaucoup dans ces temps

(I) Illustrations des Gaules J LeMAIRE, de Bclgis , chapitres IX et X.

primitifs, cherchèrent par tout le momie du sang tic loir roi quelque goutte échappée : ils retrouvèrent la branche cadette, issue de Dardanus, florissante dans la Troade. Comme la branche aînée s'était éteinte naturellement, la délicatesse de ces princes permit à l'un d'eux d'accepter la couronne. Un de*ses descendants, Namnès, eut un fils nommé Hemus, — • lequel édifia la cité de Reims, en Champagne, en nostre Gaule-Belgique, où les très-chrestiens roys de France sont consacrés et prennent leur couronne. Si commença à régner iceluy roy Rcmus, l'an après la fondation du royaume des Gaules IX cens LUI ans,— et après la fondation de Troie , 267 ans, et devant la destruction de Troie , 30 ans. et régna encore VIII ans après icelle : ainsi appert que la cité de Reims fut fondée environ lo temps que Troie commença à prendre sa destruction, comme si Dieu voulustque les nobles Troyens laissassent Asie pour venir habiter en Europe (1).»

Cestce qui arriva : Remus était cousin de Priam; aussi, Francusou Francion, fils d'Hector, vint-il chercher un asile à Reims, à la tête des Phrygiens fugitifs. Remus lui octroya l'hospitalité la plus large et lui donna même sa fille en mariage. Nos frères auraient saisi cette nouvelle occasion de commuer leur nom de Belges ; ils seraient devenus Francs, et de Francus seraient issues nos trois dynasties.

Telle est l'histoire de la Gaule-Belgique proposée par Annîus de Viterbe, d'après certains manuscrits de Bérose et de Manéthon, que lui seul aurait vus. Tel est le récit adopté par Jehan Lemaire, dans ses Illustrations de Vhistoire des Gaules. Il eut crédit en France pendant le XVr et le XVI» sièole , et pendant la première moitié du XVII». Le discuter! nous ne le pouvons ici. Ce qu'il avait de ▼rai, c'est que les Gaulois venaient d Orient : ils ont bien

(1) Illustrations des Gaules, J. Lemaire, livre II, chapitre il. — Est-ce précis? — Ne voilà-t-il pas des dates nettement posées ? — Quelle belle occasion pour donner la solution de mille problèmes historiques! J. Lemaire s'en permet plus d'une, notamment celle-ci : — « Du premier ravissement de la belle Hélène par Théséus, roy d'Athènes, tt comment elle fut recouvrée, sa virginité saulve, suivant la commune opinion. »

pu se laisser séduire par des légendes analogues à celles que les esprits fins d'Athènes et les esprits forts de Rome avaient adoptées et chantées en vers immortels.

Mais, à cet édifice si savamment charpenté grand malheur arriva. Dès la fin du XIVe siècle, les Armâtes du Haynault furent écrites par Jacques de Guise, chroniqueur non moins riche d'imagination qu'Annius de Viterbeet Jean Lemaire. Il découvrit, c'est lui qui l'assure, une assez jolie pléiade d'historiens, dont les œuvres (voyez la misère!) ne se sont jamais retrouvées ; et avec ces matériaux authentiques, à son tour il bâtit une histoire de la Gaule-Belgique non moins vénérable par son antiquité, non moins précise dans ses dates que celle d'Annius, mais, hélàs! n'ayant pas le moindre rapport avec elle. — Voici son thème :

Cinq ans après la chute de Troie ( le monde avait alors 2788ans),un prince phrygien, nommé Bavon, s'établit dans la Gaule Belgique , qui comprenait toute là Champagne, et s'y fit reconnaître pour roi.— Bavon le Belge, son fils et son successeur, fonda l'ordre des druides, dont il fut le chef. — Bavon le Lion,— Bavon le Loup,— Bavon le Brun,— Brunehulde,— Bruno,— Aganippe, — Audangier, — Hérisbrand, furent ses successeurs, et, comme lui, furent archidruides. Les habitants de Belgis profitèrent de ce que ce dernier n'avait pas de fils pour se donner le plaisir d'élire un roi. Fantaisie bien permise, vu les circonstances. On choisit donc un monarque vigoureux, mais laid et velu. Ursus était son nom. Cet élu du peuple tuait ours et sangliers d'une chiquenaude, et possédait plusieurs épouses légitimes (la polygamie n'était pas encore un cas pendablej. La famille royale 6e composa bientôt de trente-quatre princes, pères, à leur tour, de soixante-quatorze fils. Grand était l'orgueil de la majorité populaire, quand elle voyait passer le potentat de son choix et sa vaste lignée. Mais, dans ce monde, tout lasse, tout passe, tout casse. Les principes de souveraineté nationale mis en mouvement lors de l'élection d'Ursus avaient laissé dans les esprits une agitation qui ne s'était pas calmée.Les Belges aspirèrent au progrès, et déclarèrent que l'unité, la centralisation du pouvoir étaient des obstacles à leur bonheur : chaque peuplade réclama son autonomie et s'insurgea. Grand politique, précurseur des révolutions de 1789 en France, de 1860 en Italie, Ursus déclara qu'il entendait que ses sujets fussent heureux tous ensemble et de la même manière. Et pour comprimer plus facilement la

révolte, il transporta de Belgis, la capitale traditionnelle, k Trêves, le siège du gouvernement unitaire. Grande fut la stupéfaction dans la vieille métropole. Les hommes M taient indécis, mais les dames leur déclarèrent qu'il fallait défendre leurs antiques principes. Leurs instances, leurs allocutions étaient vaines. Alors, pour couvrir les Belges de honte etleschasser du forum, où des lâches n'étaient pas dignes de rester, elles eurent recours à un moyen un peu vif, mais nouveau (1) :

nais nouveau (1) :

Ce que c'était, je pourrais vous le dire Mais je me tais, par respect pour les m<

mœurs (2).

L'effet fut prompt et foudroyant. Les citoyens de Belgis cédèrent la place à leurs vives et chastes moitiés : elles se mettent à l'instant à la tète de l'insurrection, massacrent la postérité d'Ursus, prononcent sa déchéance, absolument comme si la chose eût eu lieu de notre temps, proclament leur souveraineté, puis donnent la couronne de la Gaule- Belgique à la fille du dernier archidruide, la vaillante Ursa. Cette intrépide princesse déclare la guerre au champion de l'unité- Les unitaires et les séparatistes se livrent, à Murmal, une terrible bataille. Les amazones sont victorieuses, mais laissent sur le champ de bataille 40,000 d entre elles pour le moins, sans compter les femmes de chambre, les coiffeurs, les hommes et les valets. Depuis ce temps, les dames de Flandre et de Champagne ont joui de la plus haute considération, sans avoir eu jamais besoin de recourir à des moyens traditionnels pour rétablir leur autorité.

Quoi qu'il en soit, Ursus fut tué, et l'unité belge anéantie pour toujours. Après son triomphe, Ursa prit à mari Gurgunsius, prince breton qui était venu à son secours. A la même époque, deux enfants de l'amour et du hasard, allaités par une louve, élevés par le berger Faustulus et sa femme Laurentia, Komulus et Remus, à la tête d'une bande de brigands italiens, fondaient une ville dont peut-être vous avez entendu parler, Rome. A la suite d'une querelle un peu trop accentuée, Romulus tuait Remus. Les partisans de ce

(1) Viros , posterioribus denudatis et ipsis demonslratis (secretis tamen parlibus coopertis) , effugarunl. — J ou Guise, livre II, page 68.

(î) J.-P. de Béranger.

dernier, contrariés dans leurs sympathies politiques, notifièrent à leur patrie qu'elle n'aurait pas leurs os, et partirent pour la Champagne. La reine Ursa s'empressa d'accueillir ces nobles étrangers et de leur donner un territoire sur les confins du Vermandois. Les amis de Remus, amici Rémi, devinrent les Rémi, les Remenses, les Rémois, et fondèrent la cité de Remus, civitatem Rémi, que les Celtes nommèrent Durocort, sous prétexte que son enceinte renfermait un cours d'eau. La ville de Reims, car, nous vous l'avouons, il s'agit de cette illustre cité, s'accrut et s'embellit avec une rapidité prodigieuse, au point qu'elle tenta la curiosité, j'oserai même dire la cupidité de ses voisins les Sénonais. Mais la reine Ursa(#eer, en thyois et en flamand) vint à leur secours et passa l'Aisne sur un point qu'on nomma dès lors Berry (quia transivit regina Béer hic), bâtit près de Reims, sur une moutagne, un château qu'on appela Berru (quia adventavit regina Béer hue), vainquit les Sénonais et couvrit Reims de temples et de palais, où les marbres les plus précieux étaient prodigués. Elle y creusa le lit d'une rivière, qu'elle baptisa d'abord du nom dUrsa, puis de Vitula, quand elle devint vieille, de Vedula ou Vezula, quand elle fut veuve, et qui maintenant coule sous le nom de Vesle. Bien plus, elle dit aux enfants de Remus : — « Rémois, je vous aime ; et pour vous le prouver, je vous donne pour duc Frichembault, mon second fils. » Un jour, que ce jeune prince revenait du pays des Allobroges, qu'il avait domptés, la reine sa mère, allant à sa rencontre^, se noya dans une rivière de Champagne, qu'on nomma dès lors Materne , Matrona, et plus tard Marne. Frichembault eut pour successeur son fils Frichembault II : et sous ces deux princes, les Rémois goûtèrent une félicité sans bornes. L'histoire ne dit pas combien ils usèrent de constitutions.

Celte légende n'est pas moins curieuse que celle d'Annius; elle repose sur des bases non moins certaines que celles qui servent d'assises aux récits de Jean Lemaire. Les villages de Berry et de Berru, les rivières de la Vesle et de la Marne sont toujours à leur place. Une des portes de la ville de Reims porte encore le nom du duc de Frichembault, devenu par corruption Fléchambault. Jusqu'à nos jours, dames et demoiselles de Flandre et de Champagne profitent encore du coup d'Etat exécuté par leurs aïeules : elles n'ont cessé de voir à leurs pieds l'amour, l'estime et l'amitié.

La chronique brodée par Jacques de Guise, pendant plu-

sieurs siècles, ne fut pas moins populaire que sa soeur : toutes deux s'accordaient pour donner à Reims, ta ville du sacre, une origine perdue dans la nuit des âges : tes nuages de la légende la rendaient vénérable : tanta moles erat Rcmensem condere gcnlem. Les uns tenaient pour la descendance de la géante Galathée, les autres pour la lignée de l'intrépide Ursa. Ces vieux partis curent leurs ménestrels, et leurs œuvres, naturellement, ouvrent notre recueil.

De fait, la Champagne, peuplée par des tribus parties des plateaux de l'Asie, renfermait plusieurs peuplades, quand l'histoire positive daigne jeter les yeux sur elle : les Soissonnais, les Rémois, les Véromanduens, les Meldes, les Sénonais, les Lingons, les Tricasses, les gens de l'Arduenne et de t'Hannonie se partagent son territoire. Us adorent des dieux barbares : les druides essaient de les civiliser; les bardes leur récitent des chants de guerre, et des fées bonnes et puissantes errent dans leurs forêts, dans leurs plaines désertes, et veillent sur eux.

De cette lointaine époque restent deux chants que nous n'avons pu nous procurer. Indiquons- les à des gens plus heureux que nous. L'un est une chanson d'invocation adressée aux fées et récitée naguère encore dans les villages de la Haute-Marne ; l'autre est une chanson que les enfants des Ardennes d'outre Meuse disaient on allant quêter des gâteaux le Mardi-Gras; le premie: vers rappelle le nom du dieu gaulois Abellion.

Un regret à ces chants qui s'en vont, et passons outre. — Dès que l'histoire rencontre les Gaulois, elle les voit ohanter et se battre. — Brennus, à la tête des Sommais, passe les Alpes, envahit l'Italie, prend Rome. La Ville éternelle va périr à son berceau, quand nos ancêtres sont battus, par qui? par des oies. — De là bien des chansons. Les seules que nous puissions citer sont trop modernes pour obtenir place ici.

Les Gaulois battus, mais toujours chantant étaient rentrai dans les Gaules et rapportaient dans nos contrées les vignes de l'Italie. Elles y prospérèrent comme vous savez, et dé» lors commencèrent une suite d'invasions, qui, les auteurs les plus graves l'assurent, n'avaient d'autre but que de goûter les vins de France la Jolie. La question fut, dès lors, de savoir qui pourrait dire :

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