LA BALLADE DE CÉSAR AU PAYS DE REIMS
Quant Julius César, dus des Romains, Vint en Gaule la terre conquérir, Un jour logea entre Soissons et Rains Sur un hault mont : mais, pour luy requérir,
De Senlis et de Nevers, D'Arras, de Noyon et des pays divers, Vont les princes pour luy contrarier.
Lors à ses gens dist : —Soyez appers : François perdent leur temps à conseiller.
Car les Galois venoient par les plains A grant desroy, et puis quand virent yssir Les gens César entr'eulx restrains Et au conseil vussiez chascun fuir.
Lors dist : -~Ceuls seront nos sers.
A conseillier sont ces Galois expers , Mais ne scevent leurs consaulx exploiter. Ferez en eulx. Soyez vistes et vers.
François perdent leur temps à conseillier.
Ainsi fut il, — et est, si com je tiens. Leurs longs consaulx en a fait maint périr ; Encor fera, si, com je suis certains, Exécuteur fault en armes quérir.
siècles de l'ère chrétienne. — Rancienne : le poète veut-il dire très-ancienne, deux fois ancienne, ou bien joue-t-il sur la vieille orthographe du nom de la ville de Reims, qui s'écrivit, au Moyen-Age : nains ?
Ce n'est pas mestier de clers.
S'on n'y pourvoit, royaumes, tu te pers : Un cuer vaillant peut ton fait redrecier. Sinon partout sera cilz mos dispers.
— François perdent leur temps à conseiller (1).
(1) Eustache Deschamps —Crapelet, p. 44.— Voir la préface.—Cette ballade et la précédente prouvent que les Champenois connaissaient bien leur histoire.— Deschamps fait allusion à la grande ligue formée par presque toutes les tribus gauloises contre César, après son alliance avec les villes de Reims, de Laugres, de Metz tt de Trêves. Faute de loyale entente, elle s'évanouit, et le général romain continua le cours de ses conquêtes en s' emparant de Soissons.
ORAISON A DIEU pour l'élection de saint didier,