LA CHANSON DU SIÈGE DE MOUZON
Cheval fauveau, au pied blanc, demy mort, Fut à Mouzon aveugle, sans voir goutte : Honte le suyt, qui le pique et le mord Comme vieillard efféminé par goutte (2).
Bayard hanist et demande la joutte (3). Bourgogne fuyt: boutefeux ont eu cours.
Lorrayne dort: Escosse est en escoute.
Allemands ont peur ; Metz les assauts redoute.
(1) Chansons historiques. L. de Lincy. —L'armée impériale envahit les Ardennes, et ravagea par le fer et le feu tous les villages sans défense. Elle se présenta devant Mouzon. Le sire de Montmor, gouverneur de la place, ne résista pas longtemps. Il fut accusé de trahison pour avoir rendu la place trop tôt, mais, depuis, il se justifia complètement. C'est de Mouzon que les Impériaux marchèrent sur Mézières. Bayard n'eut que le temps de s'y jeter avec quelques troupes.
(2) Le cheval fauveau doit être le sire de Montmor.
(3) Allusion au cheval des quatre fils Aymon, princes des Ardennes.