‹ Romancero de Champagne (volume 2)Chapitre 122 sur 129 · DE ROBERT DE LA MARK · texte numérisé non relu

DE ROBERT DE LA MARK

Nansot, à grand' puissance De Guy se est parti, Par grand resjouissance Chevauchant jour et nuict Pour retourner en France :

Mais pas ne l'avoient dict Dampmartin et Florenge.

Quand Nansot vit Péronne, Demanda à ses gens :

— Vray Dieu ! quelz capitaines Trouverons nous dedans ?

Ne m'en chault pas d'un blanc D'homme qui soit en France ; Mais que ne soient dedans Dampmartin et Florenge I

Péronne la jolye, Ville de grand renom, Las ! tu es bien gardée De gentilz compagnons :

Tes capitaines y sont, Qui font honneur en France, Lercus et Sainseval, Dampmartin et Florenge.

0 nobles capitaines, Nous vous remercions De nous avoir gardés De ces faulx Bourguignons, De leur gendarmerie , Des maulditz Allemands, Tous violeurs d'église !

S'ils eussent prins Péronne, Comme avoient entrepris, Ils eussent fait merveille Pour venir à Paris, Pour faire les vendanges :

Mais pas ne l'avoient dit Dampmartin et Florenge.

Où est l'artillerie Qui fut prinse à Cambray, Qui a battu Péronne Par si grand desarroy ?

Péronne la jolye Rompit son bastillon De son artillerie.

— Qui fest la chansonnette ?

— Un noble aventurier Qu'au partir de Péronne, N'avoit pas ung denier Pour revenir en France, Mais avoit bon crédit Parmy la noble France (1).

(I) Collection de M. Dksnoyers. — Cette patriotique chanson est l'œuvre d'un homme d'armes de l'Ile-de-France ; elle a trait au siège mis devant Péronne par le comte de Nassau, dont le nom est ridiculisé. — Florenge n'est autre que notre héros ardennais, le maréchal Robert de la Mark, IIIr du nom.

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